Le député Pierre Breton a craché du lait américain pour démontrer sa solidarité avec les producteurs laitiers.

Geste d’éclat de Pierre Breton

Interpellé par les producteurs laitiers en colère, le député fédéral de Shefford, Pierre Breton, s’est engagé à les soutenir et à trouver des solutions pour limiter les ravages du nouvel accord de libre-échange, qu’il qualifiait pourtant de « bon pour le Canada » il y a une dizaine de jours.

À leur arrivée devant ses bureaux, l’élu est sorti et les a accompagnés jusqu’au parc Miner, où il a écouté leurs doléances avec un air sévère.

Invité à imiter le président des Producteurs de lait de la Montérégie-Est Yvon Boucher qui souhaitait démontrer que le lait canadien avait bien meilleur goût, M. Breton s’est prêté au jeu en prenant une gorgée de lait américain (après s’être assuré préalablement qu’il s’agissait vraiment de lait), qu’il a vivement recrachée par terre.

Pas convaincus

Ce geste d’éclat n’a toutefois pas convaincu les producteurs, sceptiques du bon vouloir du député, qui a ensuite pris la parole, malgré quelques huées.

« Je suis solidaire avec vous », a-t-il dit aux agriculteurs mécontents, dont il a salué le « leadership ». « Je comprends vos inquiétudes. Je vais travailler avec vous, avec votre industrie, pour vous et je vais m’assurer que votre message soit entendu et que des solutions concrètes soient trouvées, à court terme. »

Une table de travail sera mise sur place pour établir des mesures assurant la pérennité de l’industrie laitière canadienne, a rappelé l’élu, qui a réitéré être « de tout cœur » avec eux.

« T’en as pas, de cœur ! » a crié un manifestant alors qu’on épinglait au veston du député un carré de feutre blanc, symbole de solidarité envers les producteurs laitiers.

Rappelons que la fédération de l’UPA Montérégie a récemment dénoncé l’inaction des dix députés libéraux fédéraux de la région face au nouvel accord.

Sur Facebook, le 1er octobre dernier, M. Breton a publié une photo du premier ministre Justin Trudeau en compagnie de la ministre Chrystia Freeland, sous laquelle il indiquait être « très fier de tous [ses] collègues ayant travaillé d’arrache-pied afin de protéger les travailleurs et les entreprises canadiennes lors des négociations de l’ALENA. Après des mois de dur labeur, nous avons finalement conclu un bon accord pour le Canada ».