Jérémy Lloubes (au micro) a déposé lundi dernier une pétition demandant une modernisation du règlement sur les nuisances à Sutton.

Gazon trop long à Sutton : une pétition déposée

Jamais une pelouse n’aura fait autant jaser. Depuis que l’histoire de Jérémy Lloubes a été publiée dans les pages de La Voix de l’Est, le 30 septembre, le Suttonnais se retrouve dans un tourbillon de mobilisation sur les réseaux sociaux. Espérant faire changer la règlementation sur les nuisances, le père de famille ayant à cœur la survie des abeilles, des bourdons et des monarques a déposé une pétition aux élus, lundi soir, à l’hôtel de ville de Sutton.

La pétition diffusée en ligne pendant quelques jours a recueilli 120 signatures. Parmi celles-ci, 54 signataires proviennent de Sutton. « Dans le contexte d’urgence climatique reconnu plus tôt cette année par la Ville, soutenus par les signataires de la pétition, nous demandons la modernisation du règlement d’urbanisme de façon à permettre une gestion écologique de nos terrains », a affirmé M. Lloubes lors de la première période de questions.

Lorsqu’il s’est identifié, plusieurs citoyens se sont exclamés, heureux de mettre un visage sur le nom qui circulait depuis plus d’une semaine. Le document a été remis entre les mains du greffier, Me Jonathan Fortin.

« On a pris connaissance de votre préoccupation concernant la pollinisation et puis le fait que vous voulez être proactif à ce niveau-là, a répondu le maire Michel Lafrance. On va en discuter en conseil et on va vous revenir avec nos recommandations ou nos actions. On n’est pas fermé à votre préoccupation. »

Rappelons que M. Lloubes a reçu un ultimatum de la Ville de Sutton, à la suite d’une plainte d’un voisin, pour passer la tondeuse sur son terrain. Jérémy Lloubes avait décidé de laisser son terrassement à l’état sauvage afin de favoriser la pollinisation et les espèces mellifères. Son histoire a fait jaser partout au Québec et même en dehors des frontières de la province.

Cependant, M. Lloubes n’a pas eu que des appuis. Durant la même période de questions, deux voisins du Domaine Gagné, où demeure Jérémy Lloubes, se sont prononcés contre ce qu’il demande.

Tous deux ont déploré que personne n’ait cogné à leur porte pour leur parler de la pétition. À la lumière de ces commentaires, le principal intéressé avoue qu’il aurait dû faire le tour du quartier en personne, plutôt que de diffuser la pétition seulement en ligne. Il assure en avoir pris bonne note.

Mécontents

« Nous, dans le Domaine Gagné, ça fait des années qu’on demeure là, a évoqué Claude Perreault. Quand on a voulu s’installer à Sutton, on a fait le tour des projets et on s’est dit que ça, ça nous plaisait. On a vu ce que l’entourage donnait, on s’est renseigné sur le zonage... Et là, du jour au lendemain, à cause d’une demande, on se demande si la Ville va changer son règlement. Nous autres, ça ne nous intéresse pas. On a investi beaucoup là-dedans, on ne veut pas que ça change. Il y a des rangs de campagne, c’est parfait pour eux. En plus, la façon qu’il fait son terrain, il y a de l’herbe à poux qui pousse. Je suis allergique à l’herbe à poux depuis 70 ans. Pensez-vous que ça me plait ? »

M. Lloubes a réussi à discuter avec M. Perreault et sa conjointe, même si la discussion n’a pas été facile, de son propre aveu. Quant à Réjean Forget, le deuxième voisin qui a pris la parole, il lui a été impossible de lui parler.

« Les fleurs, ça fait la job, a laissé tomber M. Forget. Mais couper le gazon, ça serait une bonne affaire aussi. Vous connaissez le programme de fleurons ? Je suis sûr qu’il a de bonnes intentions pour ses abeilles, mais si les gens des fleurons viennent dans le Domaine Gagné, on va en manger toute une sur le kisser. Ça ne passera pas. Ça ne fait pas partie des normes d’une ville qui se tient. »

Les conseillers et le maire ont aussi été à l’écoute de ces deux citoyens. M. Lafrance souhaite trouver un terrain d’entente pour que tout le monde y trouve son compte.

Jérémy Lloubes espère quant à lui pouvoir avoir une discussion constructive avec ses voisins de la rue Cartier dans un avenir rapproché.