Les policiers de Granby mettent en garde les parents et les consommateurs de la circulation de faux bonbons. Sur la photo, les agents Guy Rousseau et Caroline Garand.
Les policiers de Granby mettent en garde les parents et les consommateurs de la circulation de faux bonbons. Sur la photo, les agents Guy Rousseau et Caroline Garand.

Gare aux faux bonbons contenant de la cocaïne

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
De faux bonbons contenant de la cocaïne et du benzodiazépine circulent au Québec. Attrayants, ces comprimés qui s’apparentent au bonbon Pez sont tout sauf des sucreries inoffensives. Les policiers et la Santé publique mettent d’ailleurs les parents et les consommateurs en garde.

«Malgré qu’ils soient attrayants et qu’ils ont l’air inoffensifs, c’est difficile de savoir la quantité de substance qu’il y a à l’intérieur. D’un bonbon à l’autre, qu’est-ce que ça renferme? Impossible de le savoir. Une fois ingéré, c’est là qu’on a l’action de la fameuse drogue», explique Caroline Garand, porte-parole du Service de police de Granby.

Plus de 300 bonbons ont été saisis à Granby en juin lors de perquisitions menées à deux adresses par les enquêteurs de l’escouade spécialisée ACCES Cannabis. Une petite quantité a aussi été retrouvée en avril sur un individu arrêté lors d’une interception routière.

Ces saisies confirment que ces bonbons, qui ont déjà défrayé la manchette ailleurs au Québec pour les graves conséquences que sa consommation entraîne, sont maintenant aussi en circulation à Granby.

Les substances ont été analysées dans les laboratoires de Santé Canada. Les bonbons sont composés de cocaïne et de benzodiazépine, un ativan dans la catégorie des dépresseurs. «La quantité est différente dans chacun des bonbons», précise Guy Rousseau, également porte-parole du corps policier.

Les policiers ignorent si les bonbons sont vendus comme étant de la cocaïne ou du speed. «Et la personne qui le consomme, est-ce qu’elle sait ce qu’il y a à l’intérieur? C’est dur à dire», indique la policière Garand.

Les bonbons qui s’apparentent à des Pez ressemblent à ceux vendus en magasin. Et pourtant, ceux qui ont été saisis à Granby contenaient de la cocaïne et du benzodiazépine.

Dangerosité

Le danger, exposent les policiers qui travaillent en collaboration avec la Santé publique dans ce dossier, est qu’une personne puisse en consommer en croyant qu’il s’agit réellement d’un bonbon et non d’une substance illicite, d’où leur sortie publique.

«Si les bonbons sont dans un même pot, ce serait difficile de détecter lequel est le vrai et lequel est le faux, ce qui fait que ça peut être potentiellement dangereux pour des gens. Si ça traîne, les jeunes peuvent mettre la main sur ces bonbons-là et ils se trompent. C’est à ce moment-là que ça peut être très dangereux, prévient le policier Rousseau. C’est ce qu’on veut éviter, qu’un jeune tombe malade ou meurt.»

Aucun cas de surdose en lien avec la consommation de ces bonbons n’a été rapporté au Service de police de Granby jusqu’ici. Les agents s’adressent néanmoins à la fois aux parents et aux consommateurs en leur demandant d’être vigilants.

«Il ne faut pas confondre les fameux bonbons avec les faux qu’on a trouvés lors des perquisitions. C’est à s’y méprendre, indique l’agente Garand. Les couleurs sont les mêmes, le format est le même. Si on l’a acheté en magasin dans un format emballé, on sait que c’est un vrai bonbon.»

Les policiers veulent également sensibiliser les consommateurs de ce type de substance illicite. «Si on choisit de consommer une substance comme ça, de notre plein gré, il ne faut pas consommer seul. On doit informer les gens autour de nous qu’on va consommer une substance dont on ignore ce qu’il y a l’intérieur et il faut consommer de petites doses et attendre de voir l’effet», expose la policière.

Une personne qui ne réagit pas aux bruits ou encore si on la touche et que sa respiration est problématique peut être en surdose. En pareilles circonstances, du Naloxone devra lui être administré pour renverser les effets d’une détresse respiratoire, une conséquence directe de la surdose, explique l’agente Garand.