Le capitaine Michel Ouellette

Gare à la combustion spontanée

La combustion spontanée, vous connaissez ? Deux citoyens de Cowansville l’ont appris à leurs dépens, la semaine dernière. La propriété de l’un d’eux a été la proie des flammes tandis que l’autre était à quelques minutes d’être victime du même sort. Le responsable : un linge imbibé d’huile d’abrasin chiffonné qui s’est enflammé.

Des essuie-tout chiffonnés qui étaient imbibés de cette huile d’abrasin, après avoir été utilisés pour teindre une porte, sont responsables de l’incendie qui a endommagé une maison de la rue du Nénuphar, vendredi dernier. Les dommages sont évalués entre 30 000 $ et 40 000 $. 

Un autre citoyen de Cowansville­ est passé à un cheveu de vivre la même catastrophe, quelques jours plus tôt. Une odeur suspecte l’a amené à alerter les pompiers. En fouillant la propriété, ils ont découvert la source de l’odeur dans l’établi. 

« On a trouvé une guenille qui fumait sur l’établi. La guenille était sur le point de s’enflammer. Le processus de combustion spontanée s’était enclenché. Lorsque les pompiers l’ont prise, elle s’est enflammée et ils l’ont sortie à l’extérieur. C’était une question de minutes », explique Michel Ouellette­, capitaine à la prévention au Service de sécurité incendie de Cowansville. 

Dans les deux cas, le processus de combustion spontanée est pointé du doigt. 

Aux deux adresses, les citoyens ont utilisé le même produit, c’est-à-dire l’huile d’abrasin, pour teindre du bois. Ce produit est inflammable tel qu’indiqué sur la fiche signalétique apposée sur le contenant. Il est même indiqué de quelle façon disposer des linges huileux, précise M. Ouellette, qui a effectué des vérifications auprès du fabricant­ du produit de teinture. 

Les citoyens doivent donc lire attentivement les indications relatives à l’utilisation du produit. Ce que plusieurs ignorent, c’est que le linge utilisé pour appliquer le produit pourrait lui-même prendre feu si la personne n’en dispose pas de la bonne façon. En fait, il peut prendre feu jusqu’à 12 à 20 heures après son utilisation.

Un chiffon imbibé d’huile a failli provoquer un incendie.

Mieux vaut prévenir

« Que ce soit du varsol, de l’essence, de l’huile de lin... Tous les liquides inflammables peuvent faire ça. Si tu prends le linge, tu le chiffonnes et tu le laisses comme ça quelque part à l’intérieur de la maison, éventuellement ça va s’enflammer. La chaleur du produit dans la guenille génère une chaleur qui va provoquer un feu. Pas besoin d’une autre source d’ignition, pas besoin d’allumette. Ça prend feu tout seul », explique le capitaine à la prévention des incendies. 

Plusieurs utilisateurs ignorent qu’un tel incident peut se produire. Afin d’éviter que le linge ne prenne feu, il faut le suspendre plutôt que le laisser chiffonner, ce qui permet au produit de s’évaporer. Il est également conseillé de placer le linge dans un contenant métallique fermé, une chaudière d’eau ou le laisser­ à l’extérieur de la maison. 

Des incendies provoqués par la combustion spontanée surviennent chaque année, même s’ils ne sont pas fréquents, affirme le capitaine Ouellette. Une maison en construction à Bromont a été victime d’un incendie, l’été dernier, lorsque des chiffons imbibés d’huile d’abrasin se sont enflammés­ dans les escaliers. 

Pour éviter de telles catastrophes, le pompier rappelle aux citoyens l’importance de lire la fiche signalétique avant d’utiliser des produits inflammables. « C’est tellement facile à prévenir », dit-il.