Garde en milieu familial:un service à valoriser

Nous sommes nombreuses à regretter de ne pas avoir embarqué dans les autobus de l'Adim pour manifester avec nos consoeurs. Car il est important de reconnaître qu'aujourd'hui, étant davantage formées, les éducatrices en milieu familial appliquent avec professionnalisme le programme du ministère ainsi que les contraintes législatives qui en découlent. Non seulement ces femmes contribuent au développement harmonieux des enfants, mais les détournent volontairement des écrans et de la malbouffe, du manque d'encadrement et de stimulation, car on observe de plus en plus d'enfants carencés, bien que les familles font ce qu'elles peuvent dans le contexte de la société actuelle.
On est en droit d'estimer que le service rendu à la famille se prolonge bien au-delà d'un environnement immédiat. Nos petites PME sont des investissements rentables pour une société à tous les points de vue; considérant que la responsable d'un service de garde en milieu familial (RSG) assume les frais de démarrage de l'entreprise. La formule étant peu coûteuse, il est dans l'intérêt du gouvernement d'encourager la longévité de nos milieux de garde et, grâce à l'expérience que nous acquérons, d'en assurer du même coup sa qualité.
Nous revendiquons le besoin d'autonomie des RSG. Car en reconnaissant leurs compétences, on sait d'emblée que leurs actions iront dans le sens de la sécurité et de l'intérêt des enfants. Les exigences qu'on retrouve dans les nouveaux règlements tentent de contrôler les RSG à travers des mesures protocolaires qui dépassent leur réalité quotidienne. Cette ingérence va jusqu'à mettre sous clef le savon à vaisselle ou prévoir à quel moment la RSG devra laver la barboteuse.
Nous revendiquons la reconnaissance des heures réelles. Les enfants sont accueillis dans un environnement stimulant, sécuritaire et organisé. Ils bénéficient du travail dont la gestionnaire s'est chargée en dehors des heures rémunérées, car pour assumer ses fonctions, elle doit préalablement faire des achats et planifier l'horaire des activités en l'absence des enfants. Il en va de même pour l'organisation des repas, du matériel ou de l'entretien. Si on admet que l'éducatrice fait des heures supplémentaires pour être disponible dans un rapport de qualité auprès des enfants durant la journée, il est évident que sa rémunération est nettement insuffisante par rapport au nombre d'heures qu'elle assume en réalité. La somme des heures peut aller jusqu'à 20heures de plus qu'un commis de bureau.
Je crois sincèrement que le rôle de la RSG est méconnu dans notre société et très peu valorisé. Cependant, je continue de penser que ces travailleuses sont de précieuses partenaires pour la famille. En collaboration avec nos CPE, nous travaillons comme de petites fourmis, chacune à sa tâche, à promouvoir patiemment, et tous les jours, des valeurs de respect, de confiance et d'autonomie.
Mieux que tous les grands discours et les belles promesses, ces petites fourmis apportent réellement au quotidien une terre plus riche, car elles sont des laboureurs de premières lignes.
Reconnaissons donc l'importance de leurs actions dans notre société. Je me joins à toutes celles qui participent aujourd'hui à cette manifestation avec mon coeur, ma passion pour ce métier et mon enthousiasme.
Linda Brunelle, RSG
Granby