Jocelyn Beaudoin déplore que la haute direction d’Option nationale n’ait pas consulté ses membres.

Fusion ON-QS: «Antidémocratique», dénonce Beaudoin

Confirmée dimanche, la fusion d’Option nationale (ON) avec Québec solidaire (QS) ne fait pas l’affaire de tous. Ancien candidat et ex-président d’ON, le Granbyen Jocelyn Beaudoin est de ceux qui dénoncent un « processus antidémocratique ».

Réunis à l’Université Laval dans le cadre d’un congrès extraordinaire, 209 membres d’ON ont appuyé la fusion dans une proportion de 90,7 %. En vertu de l’entente conclue entre les deux partis, Option nationale deviendra donc un collectif évoluant au sein de Québec solidaire. 

Beaudoin préfère toutefois parler d’un « vote illégitime ». 

« La semaine dernière, on a eu accès à la liste des personnes invitées au congrès. Sur ces 303 personnes­-là, 85 n’avaient jamais été membres d’Option nationale avant l’annonce de la conclusion de l’entente de principe. On partait avec 25 % des congressistes présents qui étaient soit des membres de Québec solidaire, du PQ ou d’autres partis. Mais clairement, ce n’étaient pas des gens qui militent pour Option nationale. C’est très louche », estime l’avocat de formation, qui a quitté la salle avec une quarantaine de collègues avant la tenue du scrutin.

« On estimait que de mettre un vote dans une urne à ce moment-là, c’était participer à un processus qui est antidémocratique. Et donc de l’avaliser. »

Président d’Option nationale pendant près de deux ans et candidat de la formation dans Granby aux élections de 2012 et de 2014, M. Beaudoin déplore également que la haute direction du parti n’ait pas consulté ses membres avant de négocier avec QS. « Déjà là, c’était vicié comme décision », plaide l’homme originaire­ de Sainte-Cécile-de-Milton. 

Le groupe opposé à la fusion a toutefois écarté le recours à une contestation judiciaire. 

« Manque d’éthique »

Jocelyn Beaudoin soutient également que les camps du « Oui » et du « Non » n’ont pas bénéficié de la même visibilité. « Sol Zanetti a refusé de débattre au seul débat organisé (dans ce dossier). Quand un chef n’est pas capable de venir défendre sa position... », ajoute-t-il.

Au terme du vote de dimanche, Zanetti a salué un « résultat clair », ajoutant plus tard les qualificatifs « affirmé, positif, enthousiaste ». 

Un comité de transition mixte sera formé en vue des prochaines élections provinciales, qui se tiendront à l’automne 2018. Comme convenu, les porte-paroles de QS devront appuyer trois candidatures issues d’ON, dont celle de Zanetti. 

« Mardi passé, dans une vidéo publiée par [la députée et porte-parole] Manon Massé sur sa page Facebook, Sol Zanetti ne parle pas, mais on le voit tellement qu’il est clair que le sous-entendu est qu’il est déjà un député de Québec solidaire­ », affirme M. Beaudoin.

« C’est comme si Philippe Couillard­ allait faire une vidéo pour la CAQ. Ça ne se fait pas. C’est un manque d’éthique flagrant. »

Orphelin politique 

Président de la commission politique d’ON jusqu’à tout récemment, Denis Monière souhaite maintenant la création d’un nouveau parti indépendantiste.Jocelyn Beaudoin n’est toutefois pas prêt à embarquer dans une telle aventure. « Personnellement, je ne peux pas dire que ma décision est prise. Je ne suis pas entièrement convaincu. Mais je laisse M. Monière travailler avec les membres qui veulent le suivre. C’est une décision personnelle », précise-t-il. 

Le vingtenaire n’entrevoit pas son avenir sur la scène politique québécoise à court ou à moyen terme. « Je redeviens un orphelin politique, comme je l’étais avant la création d’Option nationale. Je reste un peu impliqué auprès du Bloc québécois. (...) J’ai des amis dans à peu près tous les partis, donc il y a des gens qui continuent de m’appeler, de me poser des questions et de me solliciter un peu comme conseiller stratégique. Mais je reste un simple citoyen, ni plus ni moins. »

Rappelons que M. Beaudoin a tenté de se faire élire sous la bannière du Bloc québécois aux élections­ fédérales de 2015.