Les hôteliers de Granby ont décidé de faire front commun afin de s’opposer aux démarches en cours pour modifier le zonage et permettre la venue d’un nouvel établissement hôtelier.

Front commun des hôteliers de Granby

En désaccord avec l’arrivée possible d’une nouvelle chaîne hôtelière à Granby, six hôteliers déjà en place ont décidé de faire front commun afin de s’opposer aux démarches en cours pour modifier le zonage et permettre ainsi à un nouveau joueur de s’implanter.

Les propriétaires de l’Hôtel Castel, du Saint-Christophe Hôtel Boutique & Spa, de l’EconoLodge, du Motel Granby, du Motel Bon Soir et du Motel Les Pins sont ainsi engagés dans cette démarche.

Ils se sont lancés dans une course contre la montre afin de récolter d’ici jeudi le nombre suffisant de signatures afin de déposer une requête pour qu’un registre, et ultimement un référendum, soit tenu.

Parce qu’ils jugent que les besoins sont insuffisants, alors que 335 unités d’hébergement sont déjà disponibles. Les hôteliers ont fait connaître leur opposition à la venue d’un nouvel hôtel lors de l’assemblée publique de consultation qui a été tenue à la mi-septembre dans la foulée des modifications apportées à la réglementation afin de permettre les hôtels d’une hauteur maximale de six étages dans deux zones commerciales. Celles-ci sont situées grosso modo au sud de la rue Principale, entre le boulevard David-Bouchard et la rue Martin.

Les six hôteliers ont également fait parvenir une lettre commune aux élus municipaux.

« À la suite de l’utilisation de ces deux moyens officiels de communication, la coalition souhaitait une action de la part de la Ville. Les élus pouvaient modifier le règlement de zonage, annuler le règlement de zonage ou encore communiquer avec eux pour débuter un dialogue et des échanges », font valoir les hôteliers dans un communiqué émis vendredi.

Mais leurs démarches sont restées lettre morte. Le second projet a en fait été adopté lors de la dernière séance du conseil. « Ce qui nous blesse le plus, c’est de ne pas être considérés, surtout après les efforts qu’on a faits », laisse tomber Patrick Saad, propriétaire du Saint-Christophe Hôtel Boutique & Spa.

Études

La « réalité du marché » granbyen, selon M. Saad, est que le taux d’occupation moyen annuel est de 40 % et le taux de rentabilité de 55 % à 60 %.

Dans les circonstances, les hôteliers estiment avoir « soulevé des points » et croient que la Ville devrait faire ses devoirs. D’où la volonté de déposer une requête.

Pour ce faire, quelque 87 signatures récoltées dans les zones visées et contiguës au changement de zonage sont nécessaires, selon eux. Ce qui est loin d’être une mince tâche, affirment les hôteliers. « Ce sont surtout des secteurs commerciaux et les propriétaires ou locataires doivent signer. Mais les propriétaires ne sont pas toujours de Granby. C’est vraiment un défi, dans un délai très serré », lance la directrice des ventes et marketing à l’Hôtel Castel, Marie-Joëlle Bourdeau.

Plusieurs d’entre eux dénoncent du même souffle le programme qui prévoit l’octroi d’un crédit de taxes de cinq ans aux projets qui entraîneront la construction d’un hôtel de trois étages et plus et d’un centre des congrès. Réservé aux projets qui verront le jour dans le secteur Saint-Jude, il est injuste pour les autres hôteliers, disent-ils. Le Castel a toutefois pu en profiter pour son projet de rénovation.

Le maire de Granby, Pascal Bonin, a fait valoir vendredi qu’une étude réalisée par le précédent directeur de Commerce Tourisme Granby région, Sylvain Gervais, a démontré « noir sur blanc » qu’il y a de l’espace pour des chambres supplémentaires. La clientèle industrielle est particulièrement visée, selon lui.

« S’il y a un hôtelier intéressé, c’est sûr qu’il va étudier le marché. Et s’il décide de s’implanter, c’est parce qu’il y a de la place pour lui », dit-il, tout en disant toutefois comprendre les craintes des hôteliers.