Luc Brodeur, le propriétaire de l’ancienne fromagerie Délices & Fromages, abandonne le projet de relocaliser son commerce.

Fromagerie Délices & Fromages: le propriétaire lance la serviette

Après s’être entretenu avec le conseil municipal d’Acton Vale, le 4 février dernier, le propriétaire de l’ancienne fromagerie Délices & Fromages, Luc Brodeur, abandonne le projet de relancer son commerce sous une autre forme.

La fromagerie, qui était située dans les Galeries d’Acton depuis 30 ans, a fermé ses portes il y a deux semaines. La famille Joly, propriétaire du centre commercial et de l’épicerie IGA situés près de la route 116, avait exigé son expulsion en décembre en vue de l’agrandissement de l’épicerie.

M. Brodeur dit avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour relancer la fromagerie. Il a même tenté de s’associer avec d’autres gens d’affaires, dont l’UPA et la fromagerie Lemaire, mais en vain. Tous les plans font du surplace.

« Moi, ma décision est prise. C’est terminé. J’ai perdu assez d’énergie là-dessus », se résigne celui qui a aussi cogné à la porte d’André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et député de Johnson. Une pétition pour la survie de l’entreprise — recensant plus de 2200 noms — n’a pas eu l’effet escompté auprès de M. Lamontagne, remarque M. Brodeur.

Deux locaux, situés au centre-ville, avaient aussi été envisagés, mais selon le fromager, cet emplacement signerait l’arrêt de mort des activités du commerce, faute de visibilité.

« M. Brodeur perd à peu près le meilleur endroit qu’il avait [dans les Galeries d’Acton]. S’il veut trouver une affaire qui ressemble à ça, il n’y en a pas », relate Éric Charbonneau, le maire d’Acton Vale.

Marché public

Parmi les projets imaginés par M. Brodeur, il y avait celui de la mise sur pied d’un marché public où on retrouverait, entre autres, un boucher et des maraîchers.

« Tout le monde aurait ses spécialités et tout le monde aurait payé moins cher de local », relève M. Brodeur.

Un projet de ce genre avait déjà été amené sur la table du conseil il y a quelques années. Il semblerait qu’il avait semé la chicane entre des producteurs.

Par ailleurs, les coûts reliés à ce projet sont faramineux et la Ville refuse d’investir. Le maire explique que si un marché public devait voir le jour, il devrait être l’initiative de promoteurs privés.

Il ajoute également qu’en ce moment, il n’y a pas vraiment de terrains disponibles pour ériger un nouveau bâtiment.

« Moi, je ne peux pas investir des millions pour sauver mon commerce. Les terrains sont trop chers et les investissements trop dispendieux », plaide M. Brodeur.

« On ne peut pas subventionner des commerces. La loi sur les municipalités nous permet de subventionner des industries, mais pas au niveau commercial », relève le maire.

« Saint-Hyacinthe est en train d’investir 12 millions dans leur marché public. Granby et Drummondville ont aussi leur marché. Comment ça se fait qu’à Acton il ne se passe rien ? », se questionne pour sa part M. Brodeur.