Un peu plus de 200 victimes des prêtres du Collège Saint-Césaire (notre photo), du Collège Notre-Dame de Montréal et de l'école Notre-Dame de Pohénégamook, dans le Bas-Saint-Laurent, avaient été indemnisées entre 2011 et 2013.

Frères de Sainte-Croix: un deuxième recours collectif autorisé

La Cour d'appel du Québec a autorisé mardi un second recours collectif contre la Congrégation de Sainte-Croix pour les abus sexuels perpétrés par des frères de la communauté entre les années 1950 et 1990, notamment à Saint-Césaire.
La première action collective, intentée en 2008, s'était soldée trois ans plus tard par une entente hors cour de 18 millions de dollars - la plus importante jamais conclue à l'époque pour ce type d'offense au Québec.
Un peu plus de 200 victimes des prêtres du Collège Saint-Césaire, du Collège Notre-Dame de Montréal et de l'école Notre-Dame de Pohénégamook, dans le Bas-Saint-Laurent, avaient été indemnisées au cours des deux années suivantes.
À Saint-Césaire, au moins un clerc avait été accusé d'avoir agressé sexuellement d'anciens élèves. Le frère François Héroux, qui avait dirigé l'école Notre-Dame de Pohénégamook sous le nom de Paul-Henri Héroux, est décédé en 1993 à l'âge de 73 ans.
Nouveaux établissements visés, dont l'oratoire
Une quarantaine d'autres victimes se sont manifestées après l'annonce du règlement à l'amiable, d'où cette seconde action collective qui s'étend à d'autres établissements, dont les ancêtres des cégeps Marie-Victorin et Saint-Laurent, à Montréal. 
En donnant son feu vert, la Cour d'appel a infirmé le jugement rendu en août 2015 par la Cour supérieure, qui, selon le porte-parole des victimes, Sébastien Richard, aurait pu avoir « une portée catastrophique » pour les autres actions collectives de ce genre.
M. Richard a également tenu à souligner que l'oratoire Saint-Joseph est cette fois inclus dans la liste d'institutions mises en cause - selon lui une première pour un sanctuaire catholique de cette envergure.
Il souligne que l'oratoire Saint-Joseph, qui figure au jugement aux côtés de la Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix, relève directement du Vatican. « Ce serait d'autant plus gênant que le pape Benoît XVI a canonisé le frère André, fondateur de l'oratoire Saint-Joseph ! », a-t-il lancé.
Âge avancé des victimes
Il signale par ailleurs que le temps presse, alors que la plupart des victimes ont un âge plutôt avancé. « Ce sont aussi des gens qui ont gardé le silence très longtemps, trop longtemps », a-t-il déploré.
Certaines sont même décédées depuis le début de cette seconde procédure en 2013, s'est désolé le porte-parole, accusant la congrégation d'avoir « tout fait pour faire traîner la sauce ».
Il dit espérer que l'attention médiatique incitera encore d'autres victimes à aller de l'avant.
La Congrégation de Sainte-Croix a pour sa part déclaré que ses avocats prenaient connaissance du jugement et qu'elle ne se prononcerait pas sur ce dossier pour le moment « par respect pour le processus judiciaire ».
- Avec La Presse canadienne