«On naît tous égaux, on devrait pouvoir avoir accès aux mêmes choses», dit Anne-Sophie Legault, candidate dans Granby. «L’État doit s’assurer que la production de richesse profite à tout le monde», ajoute Alexandre Legault, son frère, qui se présente dans Brome-Missisquoi.

Frère et sœur en politique

Ils sont frère et sœur, se présentent chacun aux prochaines élections et leur père se nomme François Legault. Mais Alexandre et Anne-Sophie Legault feront la promotion d’idées bien différentes de celles de la Coalition avenir Québec, étant respectivement candidats de Québec solidaire dans les circonscriptions de Brome-Missisquoi et de Granby.

Environnement, éducation, mais surtout équité et justice sociale font partie des enjeux qui leur tiennent à cœur. Tous deux natifs de Granby, éloquents et allumés, ils veulent faire bouger les choses et n’hésitent pas à débattre de leurs convictions.

« L’État doit s’assurer que la production de richesse profite à tout le monde », indique Alexandre qui, à 23 ans, vient de terminer des études universitaires en sciences politiques et en philosophie. « Pas juste à une clique, une élite économique, parce que c’est ça le problème­ présentement. »

« On naît tous égaux, on devrait pouvoir avoir accès aux mêmes choses, dit Anne-Sophie, 21 ans et étudiante en enseignement à l’Université de Sherbrooke. Ce n’est pas problématique de vouloir rendre le plus de gens heureux possible. »

C’est son aîné qui l’a inspirée à se lancer, elle aussi, en politique. Et comme Alexandre, Anne-Sophie a déjà présidé l’association étudiante du Cégep de Granby et participé au Forum étudiant. Elle s’est aussi beaucoup impliquée dans les domaines communautaires et culturels, en plus de faire de l’improvisation de façon régulière.

Alexandre n’est pas en reste : récipiendaire d’une médaille du lieutenant-gouverneur du Québec en 2012 pour son implication sociale, il a fondé l’association Québec solidaire-campus de l’Université de Montréal et est présentement coordonnateur au Marché public de Cowansville, un organisme à but non lucratif où il fait le lien avec les producteurs. 

Il souhaite une transition vers des modèles agroécologiques et « mettre fin à l’agriculture conventionnelle et industrielle, qui rendent les fermiers dépendants des grosses compagnies, des pesticides et des Monsanto de ce monde ». 

« Il y a énormément d’alternatives et Brome-Missisquoi a été une pionnière là-dedans, dit-il. On a des microfermes très productives et hyper rentables. »

Bonification

De son côté, Anne-Sophie estime que la formation des enseignants doit à tout prix être bonifiée. « J’ai vu énormément de lacunes, dit-elle. On n’est pas assez préparés pour le terrain et pour faire face aux élèves en difficulté. Et je trouve que la profession, qui emploie une majorité de femmes, n’est pas assez valorisée. » Elle ajoute que les coupes en éducation, à quelque niveau que ce soit, sont à proscrire.

« Il faut remanier l’éducation, et ce n’est pas en restant passif que les choses vont changer ! Je suis le genre de fille qui a le goût de changer­ le monde. »

Tous deux reconnaissent que Québec solidaire a obtenu, jusqu’à présent, un appui marginal et n’a jamais fait élire de député hors de Montréal. Ce qui ne les décourage pas du tout.

« Je suis ici pour gagner et je crois en mes chances, souligne Alexandre Legault. Très peu de travail a été fait en région jusqu’ici. Je veux donner un coup de barre pour que ça s’organise pour vrai. »

« François Bonnardel est bien installé à Granby, admet Anne-Sophie Legault. Mais il ne faut pas juste penser au score final : je veux faire connaître mes idées et représenter les jeunes, que je connais bien. Si je peux faire changer l’avis de quelques personnes, leur faire entrevoir un avenir meilleur, ça sera déjà ça de fait. »

LEUR RÉACTION AU SUJET...

...de la nationalisation des banques, des mines et des forêts :

« On ne parle pas nécessairement de sortir du capitalisme, mais de mettre des mécanismes en place pour nous assurer que les profits sont pour tout le monde et pas juste pour une élite, dit Alexandre. C’est s’assurer que la production- de richesse profite à tout le monde. »

« Le capitalisme a creusé le fossé entre riches et pauvres et détruit l’environnement, ajoute Anne-Sophie. Il faut être équitable. Québec solidaire, c’est le parti du peuple. Celui qui veut le plus donner à la population. »

...des promesses du parti souvent qualifiées d’«irréalistes»:

«Ce ne sont pas des paroles en l’air, dit Anne-Sophie. Nous, on regarde pour le long terme. L’argent est là, il doit juste être mieux investi. Si les gens croient que nos promesses sont irréalisables, qu’ils nous essaient pour voir!»

«C’est facile de nous taxer d’irréalistes, souligne Alexandre. Nos idées peuvent paraître différentes, mais on a un plan économique qui se tient, et de l’argent, il y en a. Il faut juste avoir le courage d’aller le chercher, par exemple en révisant les impôts et en luttant intelligemment contre l’évasion fiscale. On est capables de financer nos projets.»

...de l’indépendance du Québec prônée par le parti :

« La séparation, c’est un avantage, dit Anne-Sophie. On a besoin d’être indépendant pour mieux gérer notre économie, avoir notre mot à dire. C’est une nécessité, et on veut la faire le plus rapidement possible. »

« Les anglophones peuvent se retrouver dans Québec- solidaire, poursuit Alexandre. On est un parti très inclusif. Je suis convaincu que tout le monde, ici, est rejoint par notre message. »