Le maire de Frelighsburg, Jean Lévesque
Le maire de Frelighsburg, Jean Lévesque

Frelighsburg met la main sur un joyau

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
L’église Bishop Stewart Memorial sera bientôt la propriété de la municipalité de Frelighsburg. Une entente est intervenue entre le diocèse et l’administration municipale afin que le titre de propriété soit transféré au coût symbolique de 1 $, plus 20 000 $ pour quelques compensations.

Cette église anglicane est l’un des joyaux de la région. Construite entre les années 1880 et 1884, l’endroit conçu par l’architecte William Tutin Thomas est catégorisé « incontournable », selon l’Inventaire des lieux de culte du Québec. Ses vitraux et son orgue d’origine, ainsi que son architecture et son toit d’ardoises en font un endroit unique.

Certains vitraux proviendraient de Toronto et l’orgue a été construit en 1867 par S.R. Warren & Company of Montreal. Il est toujours fonctionnel. « François Dompierre est venu l’essayer, raconte le maire de Frelighsburg, Jean Lévesque, visiblement heureux de la tournure des événements. En plus d’être un pianiste excellent, il est l’un des meilleurs organistes. Il est venu essayer l’orgue d’ici et celui de l’église catholique, qui est maintenant une résidence. Il paraît qu’il n’y a pas beaucoup d’orgues comme ça. »

Très bon état

L’extérieur est fait de brique. Quelques travaux de maçonnerie seront nécessaires, de même qu’une restauration du toit d’ardoises, afin de colmater les quelques fuites existantes. Un montant de 25 000 $ est prévu dans le budget de 2020 de la municipalité pour ces travaux. Globalement, l’église est en très bon état.

« Un architecte est venu la semaine dernière et il est étonné de l’état de l’église », commente le maire, qui a offert une visite guidée des lieux aux représentantes de La Voix de l’Est.

La voûte de l’église a la forme de la coque renversée d’un navire. Les poutres offrent un coup d’œil hors de l’ordinaire. « Une chose particulière, c’est qu’il n’y a pas de bancs dans la nef, fait remarquer l’élu. À l’époque, quand tu allais à l’église, les familles achetaient un banc. C’était toujours les familles les plus aisées qui étaient en avant. La dame qui a financé la construction de cette église ne voulait pas ça. Elle a voulu des chaises partout, donc pas de privilège. »

Cette disposition des lieux facilite la tenue d’événements, comme le Marché de Noël de Frelighsburg, qui a eu lieu ce week-end.


Les vitraux et l'orgue de l'église anglicane Bishop Stewart Memorial sont d'origine.

Deux vocations

Le diocèse et la municipalité se sont entendus pour que la vocation religieuse des lieux demeure pour certains événements. Les messes continueront à avoir lieu les dimanches dans la petite chapelle aménagée à cet effet — et facile à chauffer —, au sous-sol. Les couples qui veulent se marier de façon religieuse pourront louer l’église, par exemple.

« On a aussi des restrictions pour l’utilisation du chœur. On peut aller dessus, mais sans boisson. Dans la nef, on a le droit par contre. »

La cuisine construite au sous-sol et rénovée grâce à des bénévoles, ainsi que la salle à manger adjacente, servira également à différentes occasions, comme pour des soupers-bénéfice. 

« On ne veut pas non plus que la cuisine soit utilisée de façon permanente. On veut que ce soit une utilisation communautaire. »

Protéger

Le conseil municipal ne voulait pas rater une nouvelle occasion de protéger ce joyau architectural. La municipalité avait déjà été approchée par le diocèse par le passé, mais n’avait pas démontré d’intérêt. Cette fois-ci, des discussions avec le révérant Marc-Philippe Vincent ont évolué vers cette transaction, qui sera notariée après les Fêtes.

« On a une très bonne relation avec M. Weldon Hadlock, qui était le responsable de l’église. M. Hadlock a 82 ans et vient toutes les semaines jeter un œil. Ça commençait à être pesant pour lui, ajoute M. Lévesque en soulignant le dévouement de l’homme. Puis, on voulait s’assurer que ce bâtiment-là ne devienne pas une maison. »

Un comité sera formé pour gérer l’occupation de l’église et pour lui redonner un peu d’amour. Différents événements publics pourront s’y tenir dans la continuité de ce qui se fait déjà.

L’exposition La nature nous habite, montée par Laure Waridel à partir des œuvres de la Collection Loto-Québec, sera de retour en 2020 alors qu’elle avait pris place dans l’église l’été dernier. L’équipe est tombée amoureuse des lieux, confie le maire. 

Une clause dans l’entente prévoit également le rachat de l’église par le diocèse, advenant sa mise en vente par la municipalité.