Des dizaines de citoyens de la région ont été la cible de fraudeurs au cours des derniers jours.

Fraudes téléphoniques dans Brome-Missisquoi

Des dizaines de citoyens de la région ont été la cible de fraude téléphonique dans les derniers jours. Menaces, demandes de renseignements et de transfert bancaire : les fraudeurs ont usé de différents stratagèmes pour tenter de les extorquer.

Christine Lawrence a reçu un étrange appel il y a une dizaine de jours. Un agent disant travailler pour l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a laissé un message dans sa boite vocale. En rappelant, ses interlocuteurs l’ont menacée d’emprisonnement.

« Une personne qui se faisait passer pour un agent m’a dit que j’allais aller en prison. Que j’avais fait du trafic de drogue et du blanchiment d’argent au Nunavut », lance Christine Lawrence.

Or, la Cowansvilloise n’a jamais mis les pieds au Nunavut et elle a encore moins baigné dans le trafic de stupéfiants.

« Ils se sont mis à me dire que mon identité avait été volée. Je me suis rendu compte que la personne au bout du fil n’était pas ce qu’elle prétendait être. Je me suis fâchée et j’ai raccroché. »

Heureusement pour Mme Lawrence, les fraudeurs n’ont pas eu le temps de lui demander ses informations personnelles ou un transfert d’argent.

Stratagème 

Plusieurs internautes de la région ont reconnu sur les médias sociaux avoir été la cible de fraudeurs se faisant passer pour agents de différents organismes gouvernementaux, dont Service Canada et l’Agence du revenu du Canada.

Certaines personnes ont été contactées jusqu’à cinq fois. Les appels provenaient toujours de différents numéros liés à des entreprises ou des organismes officiels.

« Les fraudeurs ont une méthode pour utiliser de véritables numéros de téléphone pour appeler les gens. L’appel ne passe pas véritablement par ces lignes téléphoniques, mais c’est ce numéro qui apparaît sur l’afficheur », explique Jeffrey Thomson, analyste des renseignements criminels au Centre antifraude du Canada.

Selon celui-ci, des agences gouvernementales et des entreprises se sont déjà fait subtiliser leur numéro le temps d’un appel.

Une stratégie qui rend le stratagème encore plus dangereux selon Christine Lawrence.

« Même en prenant le temps de faire une recherche, on tombe sur une entreprise ou un organisme légitime. Il faut que les gens sachent que ce type de fraude existe et qu’ils s’en méfient davantage », prévient-elle.

Des internautes ajoutent que les agents s’identifient également par un faux numéro de référence.

Les agences gouvernementales fédérales peuvent demander des numéros d’identification personnels pour s’assurer de l’identité de leur interlocuteur, mais jamais leurs employés ne profèrent de menaces et d’insultes ou ne demandent d’être payés en Bitcoins ou en carte prépayées, rappelle Jeffrey Thomson.

Arrestations en Inde

Le Centre antifraude du Canada confirme que la police indienne a procédé à l’arrestation d’une trentaine de personnes et la fermeture d’un centre d’appel à New Delhi, en Inde.

« Ce type d’appel frauduleux est un crime au Canada, mais ce qui est particulier dans cette arrestation, c’est que la police s’est servie des lois indiennes pour arrêter ces gens », souligne l’analyste des renseignements criminels au Centre antifraude du Canada.

Ce dernier estime que la collaboration entre les différents corps de police pour ce genre de crime est « excellente » et que plusieurs outils s’offrent aux pays pour combattre ce type de fraude internationale.

Selon Radio-Canada, au moins un Canadien aurait été extorqué à la hauteur de 13 500 $.