Selon le célèbre Youtubeur Nabil « Aiekillu » Lahrech, plusieurs options s’offrent aux parents pour se protéger contre les fraudes comme celle dont a été victime Lise Ferland.

Fraude et jeux vidéo: plusieurs façons de se protéger

La mésaventure, dont ont été victime Lise Ferland et son fils Mathis, a fait réagir partout au Québec. Récemment, la Joachimienne a eu la mauvaise surprise de constater qu’un montant de 7270 $ avait été débité sur sa carte VISA sans qu’elle ne fasse la moindre transaction. Un « ami » virtuel de son fils avait pris le contrôle de sa session Fortnite avant d’y faire des achats en ligne. Le célèbre Youtubeur Nabil « Aiekillu » Lahrech souhaite que les parents se protègent mieux contre de telles fraudes.

« Je pense que c’est quelque chose qui arrive depuis quelques années avec tous les jeux en général ou les transactions en ligne, évoque en entrevue le Youtubeur québécois spécialisé dans les jeux vidéo. Ce n’est pas très répandu, mais on dirait que puisque les jeux vidéo sont de plus en plus populaires, il faut commencer à faire de plus en plus attention. »

Le premier conseil de l’influenceur est de connaître les habitudes des enfants et de comprendre ce qu’ils font, « surtout quand on leur donne accès à une carte de crédit. Il faut vraiment superviser les transactions. Je pense aussi que, quand on fait une transaction, il faut s’assurer que ce n’est pas un abonnement et supprimer l’enregistrement de la carte de crédit après l’avoir utilisée. Laisser une carte de crédit attachée au compte de l’enfant lui laisserait l’accès à la carte et lui permettrait de faire d’autres achats potentiels. Des fois, ça passe inaperçu parce que les enfants peuvent acheter pour un petit montant que les parents ne remarquent jamais, mais ça reste quand même des transactions non autorisées. »

Dans le cas de Mme Ferland, Mathis avait enregistré le numéro de carte de crédit de sa mère sur la console PlayStation 4, mais lui demandait toujours la permission avant de l’utiliser. Elle ne savait pas qu’un autre joueur pouvait prendre le contrôle de la manette de son fils.

À LIRE AUSSI: Un enfant fraudé de 7000$ à Fortnite

L’option de contrôle parental est une solution qui aurait pu être utile, car un mot de passe est nécessaire lorsque vient le temps de faire une transaction. Le contrôle parental existe sur plusieurs consoles, mais pas sur certains appareils mobiles, comme les téléphones intelligents, ajoute Nabil Lahrech.

Un « ami » virtuel de Mathis a profité de la naïveté de l’enfant de huit ans pour prendre le contrôle de sa console Playstation 4, pendant une séance du jeu Fortnite, avant de multiplier les achats en ligne.

Le professeur en génie logiciel et technologie de l’information à l’École de technologie supérieure (ÉTS), François Coallier, est aussi d’avis que le numéro de carte de crédit ne devrait jamais être enregistré sur les consoles et les ordinateurs.

M. Coallier croit également que les compagnies comme Epic Games, l’éditeur du populaire jeu Fortnite, devraient offrir l’option de limiter le montant maximal d’une transaction dans un jeu, surtout lorsqu’il s’adresse aux enfants. 

De plus, les adultes peuvent demander à recevoir une alerte par courriel après une transaction d’un certain montant minimal. Chaque fournisseur a des façons de faire différentes, certains offrant moins d’options que d’autres.

Il propose enfin d’avoir une carte de crédit avec une faible limite, comme 500 $, spécifiquement pour les jeux vidéo ou transactions en ligne. La carte de crédit prépayée est une autre option.

Epic Games

Nabil Larech a souhaité discuter avec Mme Ferland jeudi pour l’aider à annuler les transactions auprès d’Epic Games et Sony, qui conçoit la PS4. « La plupart du temps, ces compagnies-là comprennent que des paiements non autorisés puissent arriver, puis des fois ils acceptent de rembourser sans poser de question. La première chose que je ferais, si je voyais qu’il y a des transactions non autorisées sur ma carte par rapport à un jeu vidéo, c’est que j’appellerais la compagnie en question pour leur expliquer la situation et leur dire que ces transactions n’avaient pas lieu d’être », dit-il. 

À 20 h 30, la conversation avec la mère de famille et l’influenceur n’avait pas encore eu lieu. Cependant, Mme Ferland avait déjà trouvé les coordonnées d’Epic Games pour leur faire un portrait de la situation. Non seulement elle espère être remboursée, mais elle veut que le malfaiteur soit retracé et que la lumière soit faite sur cette fraude afin qu’elle puisse être évitée à l’avenir.

Remboursement

Mme Ferland a par ailleurs été contactée par Desjardins, jeudi en fin de journée. Elle avait accordé plusieurs entrevues dans des émissions de radio à travers le Québec et on parlait de cette histoire aux quatre coins de la province. 

Selon la conseillère aux relations publiques de l’institution bancaire, Annie-Josiane Bujold, Desjardins est sensible à sa situation et désire trouver une solution rapidement. 

Jusqu’à présent, une somme de 1000 $ a été remboursée à la mère de famille. Rappelons que la limite de la carte de crédit de Mme Ferland était en deçà du montant débité, mais que les transactions ont été autorisées en raison du bon crédit de la cliente.

« Mme Ferland est présentement en discussion avec le marchand, soit l’entreprise derrière le jeu vidéo en question, pour trouver une solution et prévenir qu’une situation semblable ne se reproduise, écrit Mme Bujold dans un échange de courriels. Elle préfère explorer cette avenue d’abord. Nous sommes donc en attente d’un retour de sa part. »

La mère de Mathis croit qu’une conclusion heureuse pourrait être signée vendredi. En racontant son histoire, Lise Ferland réalise qu’elle a réussi à sensibiliser de nombreux parents qui, comme elle, se sentent dépassés par l’évolution à vitesse grand V des jeux vidéo.