La vigilance du service de sécurité informatique du Zoo de Granby a permis de mettre la main au collet des deux jeunes hommes de Brossard qui ont tenté d’acheter des cartes-cadeaux du Zoo avec des cartes de crédit qui ne leur appartenaient pas.

Fraude déjouée au Zoo

Deux frères ont tenté de se procurer des billets et des cartes-cadeaux du Zoo de Granby à l’aide de cartes de crédit ne leur appartenant pas, et ce, à plusieurs reprises pendant l’été 2017. Ils ont été reconnus coupables de fraude par le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, plus tôt ce mois-ci.

La vigilance du service de sécurité informatique du Zoo de Granby a permis de mettre la main au collet des deux jeunes hommes de Brossard, Arsalan Ali et Karmran Ali.

Il a été démontré devant le Tribunal qu’à 45 reprises, entre le 26 juin et le 16 juillet 2017, les deux frères ont tenté de se procurer pour plusieurs centaines de dollars de laissez-passer et de cartes-cadeaux en ligne via le site Web du Zoo.

Les commandes doivent être payées avec une carte de crédit après quoi un reçu de vente est envoyé par courriel à l’adresse entrée par l’acheteur.

Sur les 45 transactions jugées frauduleuses, 25 sont liées au nom d’Arsalan Ali et 15 à Kamran Ali. Quatre adresses courriel distinctes ont été utilisées, lesquelles sont gérées par les deux frères, qui ont aussi fourni leurs numéros de téléphone personnels. De plus, en retraçant les adresses IP où ont été effectuées les transactions, les policiers ayant mené l’enquête ont déterminé que celles-ci avaient été faites au domicile des deux accusés, à Brossard, ou tout près. Il a aussi été révélé que 27 cartes de crédit différentes ont été utilisées, dont une seule est émise au nom d’un des deux accusés. La plupart des détenteurs de ces cartes demeuraient en dehors de la région, au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique et dans l’État de New York.

Arrestation
La quantité de billets achetés, la province d’origine des détenteurs des cartes de crédit utilisées et le nombre de tentatives d’achats ont mis la puce à l’oreille de Nathalie Métayer, responsable de la sécurité informatique au jardin zoologique.

Celle-ci a remarqué qu’à une occasion, les accusés avaient acheté des billets de stationnement en date du 16 juillet 2017, lui laissant croire que les acheteurs se présenteraient à l’établissement ce jour-là.

En conséquence, les employés de la billetterie ont été avisés de rediriger les clients qui souhaitent récupérer une carte-cadeau de se présenter à la réception du zoo, où les attendaient des employés et des policiers.

Bouc-Émissaire
Lors de leur procès, les frères Ali ont attribué la responsabilité des événements à un « énigmatique individu » prénommé Mike, qui leur aurait fait miroiter la possibilité de lui acheter des billets au rabais. Ils prétendent qu’après leur arrestation, « Mike » se serait évanoui dans le décor, signe qu’ils avaient été victimes de son stratagème.

Le juge Champoux n’a pas cru cette version des faits, qu’il a jugée « abracadabrante ». Selon lui, « la logique du récit était défaillante ».

Le magistrat souligne que les deux accusés prenaient bien soin d’effacer tous leurs courriels et l’historique des appels dans leur téléphone cellulaire pour n’y laisser aucune trace ; ce faisant, ils n’avaient aucune preuve pour prouver l’existence de « Mike ».

« La preuve dans son ensemble est d’une clarté éclatante et incontestable », a-t-il affirmé avant de conclure à la culpabilité des deux accusés.