Le ministre des Transports, député de Granby et responsable de l’Estrie, François Bonnardel, a dressé le portrait de sa vision pour l’avenir du vélo au Québec.

François Bonnardel voit grand pour le vélo au Québec

Le gouvernement Legault multipliera, au cours des années à venir, le financement d’initiatives pour que le plus grand nombre de Québécois utilisent le vélo au quotidien. C’est ce qu’a évoqué vendredi à Granby le ministre des Transports, François Bonnardel, lors de l’ouverture de la dernière journée du congrès de l’Association des réseaux cyclables du Québec.

« Depuis presque 10 ans, je vais souvent à vélo. C’est ma pilule anticancer et je souhaite la promouvoir partout au Québec », a indiqué le député de Granby et responsable de l’Estrie dès les premiers instants de son allocution.

François Bonnardel se dit toutefois conscient de l’important virage que doit faire la province pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, émanant entre autres de l’imposant parc automobile qui ne cesse de croître. « Je fais partie du problème au transport, alors je dois être une partie de la solution en amenant les gens à changer leurs comportements en adoptant des véhicules plus verts, a-t-il dit à la foule. [...] Je serai en quelque sorte le cheerleader pour convaincre mes collègues, surtout aux finances, d’augmenter les sommes année après année pour supporter le réseau [cyclable]. »

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Le ministre des Transports garde en tête la capitale du Danemark, que plusieurs décrivent comme la Mecque du vélo, comme modèle. « Le Québec doit devenir le Copenhague du Canada. [...] Le vélo est un mode de transport que nous ne pouvons plus ignorer quand nous concevons nos infrastructures. »

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, faisait partie d’un groupe de panellistes qui a clôturé le colloque, vendredi. Les conférenciers ont alors abordé le thème « Le défi du positionnement stratégique des réseaux cyclables : comment faire l’unanimité dans la diversité ? » Pour Bromont, se définir comme « ville vélo » amène d’innombrables retombées, notamment au plan économique. « On a au moins 65 % des gens qui viennent rester chez nous pour le plein air et le vélo », a fait valoir Louis Villeneuve.

Changement de culture

Dès qu’il est question du vélo, le sujet du partage de la route avec les automobilistes revient immanquablement. Selon François Bonnardel, les visions divergentes tendent à disparaître. « Je vois un changement de comportement, a-t-il dit, de culture entre les automobilistes, les camionneurs et les cyclistes. »

La sécurité du réseau routier pour tous ses usagers fait d’ailleurs partie de ses priorités. Parmi les gestes concrets à mettre de l’avant, François Bonnardel souhaite l’aménagement d’accotements « sur chaque route ». Il dit avoir donné des directives en ce sens à toutes les équipes dans son ministère.

Les jeunes sont indissociables de la réussite de ce « virage vélo », croit François Bonnardel. « On doit avoir un réseau qui permet aux jeunes de partir de façon sécuritaire à vélo, peu importe où ils habitent. Je veux voir, au cours des prochaines années, un débordement de stationnements de vélos dans les écoles primaires. »

Il cite d’ailleurs en exemple les nombreuses initiatives de Granby pour créer un « buzz vélo », entre autres par la bonification des pistes cyclables sur son territoire.

Vélos en libre-service

On entend sur toutes les tribunes l’importance d’accroître la « mobilité active ». À ce chapitre, la population doit avoir accès aisément à un éventail d’options, a mentionné en entrevue le ministre des Transports. « Je veux offrir à 70 % des Québécois quatre moyens de transport autres que la voiture. »

Le vélo et la trottinette en libre-service en font partie. François Bonnardel invite d’ailleurs Granby à emboîter le pas à ce mouvement. « Si la Ville le souhaite, dès l’été prochain, elle pourrait avoir un réseau de bornes de vélos style Bixi ou de trottinettes comme à Montréal. On a les sommes pour supporter le projet. »

Le maire de Granby, Pascal Bonin, a confirmé que ces options sont actuellement envisagées. « On n’écarte rien. On veut des systèmes calqués sur la réalité de notre ville médiane. » L’approche est similaire à Bromont. « C’est évident que l’on veut mettre des vélos en libre-service à la disposition des touristes, a indiqué Louis Villeneuve. Ça fait partie de notre réflexion de l’offre pour le projet de stationnement incitatif à l’entrée de Bromont. »