François Bonnardel a répondu aux questions de plusieurs maires, gestionnaires et entrepreneurs venus l’entendre dans le cadre d’un dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce Haute-Yamaska.

François Bonnardel, un ministre à l’écoute de la région

Même si c’était bien François Bonnardel qui prononçait une allocution, le député de Granby, ministre des Transports et responsable de l’Estrie a cependant prêté une oreille attentive aux préoccupations des élus, des représentants d’organismes et des entrepreneurs venus l’écouter dans le cadre d’un dîner-conférence tenu lundi midi au Centre des congrès de Granby.

La bascule de la Haute-Yamaska vers la région de l’Estrie, ambition de longue date du ministre, a été à l’ordre du jour de l’événement organisé par la Chambre de commerce Haute-Yamaska. « C’est anormal qu’on se demande encore dans quelle région nous sommes », a-t-il martelé, rappelant que la situation causait incohérences et problèmes pour le financement et le suivi des dossiers de certains organismes.

« Les organismes vivent un dédoublement, des organismes qui doivent obtenir du financement dans les deux régions parce que selon les ministères, il y a eu des transferts chaque année. Le fait que pour l’immigration, on relève de l’Estrie et que pour l’emploi, on se trouve en Montérégie, ça complique bien des choses, illustre M. Bonnardel. Il faut en arriver une fois pour toutes pour se dire qu’on est estrien. »

Le ministère des Affaires municipales se penche présentement sur les détails de l’opération, pour laquelle aucun échéancier n’a été avancé. « C’est une théorie du petit pas. Il faut y aller par étapes, de la bonne façon, a précisé l’élu. On amène une population importante en Estrie, mais il faut que les sous suivent pour ne pas que personne ne soit pénalisé dans le transfert. »

Le député s’est toutefois fait rassurant pour la population. « Pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde, demain matin, vos toasts goûteraient la même chose ! », a-t-il lancé dans l’hilarité générale.

Plusieurs producteurs agricoles de la région ont toutefois émis des réserves face au projet. Ceux-ci s’estiment mieux servis en Montérégie parce que c’est dans cette région que se trouve Saint-Hyacinthe, une municipalité très importante pour le secteur agricole en raison de ses nombreux services.

Soutenir les infrastructures

Plusieurs intervenants présents au dîner-conférence ont fait part du fardeau financier des municipalités lié à l’aménagement et à la réparation des infrastructures routières. « Dans certains dossiers, le ministère des Transports refuse d’investir pour modifier une route provinciale sous prétexte que le problème de circulation a été engendré par le développement subséquent de la Ville. Serait-ce possible de faire quelque chose à ce sujet ? », a demandé le directeur général de Granby, Michel Pineault.

À Bromont, la municipalité souhaite élargir le boulevard Bromont pour faciliter la circulation automobile aux alentours de la montagne. « Actuellement, on a des queues de voitures qui se rendent jusqu’au Zoo, a blagué le maire Louis Villeneuve. Peut-on compter sur une aide financière du ministère des Transports ? »

Le ministre s’est engagé à regarder ces dossiers avec les instances concernées et s’est montré intéressé par la suggestion du directeur général de Bromont, Éric Sévigny, d’inclure une aide financière pour l’aménagement d’infrastructures routières dans les enveloppes allouées au développement de projets touristiques, par exemple.

Économie et main-d’œuvre

Lors de son discours, celui qui représente Granby à l’Assemblée nationale depuis 2007 a notamment rappelé les principales mesures visant à alléger le fardeau fiscal de la classe moyenne mises en place par son gouvernement, arrivé au pouvoir en octobre dernier. « C’est inacceptable que le Québec soit bon dernier au Canada en matière de revenu disponible par habitant, souligne le député. Nous l’avons augmenté en bonifiant l’allocation familiale pour les deuxième et troisième enfants, ainsi qu’en uniformisant le taux de taxe scolaire au plus bas dans chaque région. À terme, cela représentera 1,7 milliard de dollars dans les poches des contribuables. »

M. Bonnardel a également rappelé le rôle important que jouera Investissement Québec dans le développement économique de la province sous la gouverne caquiste. « Nous croyons que le développement économique passe par la stimulation de l’innovation et des investissements, allègue le ministre. Nous ferons d’Investissement Québec un vecteur pour stimuler les investissements privés et les capitaux étrangers, notamment à titre d’acteur important en Europe comme guichet unique pour les entreprises. »

« L’innovation est un facteur clé dans notre économie, a renchéri le député de Granby. Nous souhaitons mettre en place des zones d’innovation, dont l’Estrie fera partie, afin de favoriser des collaborations entre les universités et les entreprises. »

L’alignement de la formation avec les besoins en main-d’œuvre, afin de créer de meilleurs emplois pour les Québécois, passera aussi par une meilleure reconnaissance des diplômes émis à l’étranger, a poursuivi François Bonnardel. Il a d’ailleurs réitéré le désir de son gouvernement de « mieux intégrer » les immigrants, justifiant la baisse de près de 25 % du seuil d’immigration dans la province. « Pour un immigrant qui a fait de nombreux sacrifices pour arriver ici, il n’y a rien de plus décourageant que d’apprendre que ses compétences ne sont pas reconnues au Québec. »

La route 139 élargie petit à petit

Si le dossier prioritaire d’un nouveau CHSLD de Granby est en voie de se concrétiser, il faudra encore un peu de patience pour élargir la route 139 jusqu’au Zoo de Granby. « La 139 fait partie de notre quotidien, il y a un problème de congestion à régler. Nos attractions font en sorte que nous sommes sur le point d’accueillir un million de visiteurs, mais c’est compliqué parce que nos infrastructures ne sont pas adaptées pour autant de voitures », constate le ministre.

Néanmoins, ce projet que caresse le député de Granby depuis plusieurs années suivra son cours avec l’élargissement du tronçon du secteur de la rue Brodeur, non loin de la sortie 68 de l’autoroute 10. Le reste se fera par étapes. « Il y aura une suite jusqu’à d’ici quatre ans », a commenté le ministre Bonnardel, sans pouvoir dévoiler davantage de détails pour le moment. Une annonce à ce sujet aura lieu plus tard ce printemps, a-t-on fait savoir.