François Bonnardel a été réélu sans interruption depuis 2007, initialement comme député de la circonscription de Shefford, puis ensuite dans Granby après un redécoupage du territoire. Il est également ministre des Transports et responsable de l’Estrie.

François Bonnardel, personnalité de l'année 2018 de «La Voix de l'Est»

On entend souvent parler de relations qui périclitent avec l’usure du temps. À l’opposé, celle qui unit depuis plus d’une décennie François Bonnardel aux gens d’ici gagne en intensité.

Après des années passées dans l’opposition, il aurait pu abdiquer. Or, au même titre que le livre de Mario Dumont qui l’a convaincu d’amorcer une carrière politique en 2006, il a «le courage de ses convictions». C’est entre autres cette détermination qui lui a permis de marquer tout récemment une page d’histoire, en étant réélu député de Granby puis en devenant ministre des Transports et responsable de l’Estrie au sein du nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec.

Authentique. C’est le mot qui est sur toutes les lèvres dès qu’il est question de François Bonnardel. Marc-André Morency n’avait même pas l’âge de signer la carte de membre d’un parti politique lorsque son chemin a croisé celui du député. Il avait 15 ans lors de cette rencontre déterminante. « François venait d’être élu en 2008. J’étais en quatrième secondaire. Je lui avais demandé s’il voulait venir donner une conférence à l’école. Il a accepté sans hésiter. Son côté humain, vrai, m’avait frappé. À partir de ce moment, j’ai su que je voulais travailler avec lui », a raconté celui qui est aujourd’hui son attaché de presse régional pour l’Estrie.

Le maire de Granby, Pascal Bonin, ne tarit également pas d’éloges à propos du vétéran député. « François ne sera jamais au-dessus de ses affaires. Il est proche des gens. C’est ce qui fait qu’il se démarque. Il donne une grande partie de sa vie à la population, a-t-il souligné. Et avec tout ce qu’il fait, entre autres pour le vélo, le sport et les jeunes, j’ai beaucoup d’admiration pour lui. On doit lui lever notre chapeau. Passer 10 ans dans l’opposition en attendant son tour, ça prend quand même toute une patience et une bonne dose de détermination. »

François Bonnardel a été élu une première fois député de la circonscription de Shefford en 2007 au sein de l’Action démocratique du Québec (ADQ). Il a été réélu en 2008. En 2012, il obtient un autre mandat, cette fois dans la nouvelle circonscription de Granby avec la Coalition avenir Québec (CAQ), à la suite d’une fusion avec l’ADQ. Son parcours sans fautes s’est poursuivi en 2014. On connaît la suite en octobre dernier, alors que la CAQ a rompu avec un demi-siècle de bipartisme à la tête du gouvernement québécois.


«  François ne sera jamais au-dessus de ses affaires. Il est proche des gens. C’est ce qui fait qu’il se démarque. Il donne une grande partie de sa vie à la population.  »
Pascal Bonin, maire de Granby

Modèle

François Bonnardel était bien conscient de la tâche colossale qui l’attendait lorsque son chef lui a confié l’imposant mandat de ministre des Transports. Son expérience l’a toutefois bien servi. « Je n’étais pas fâché d’avoir autant de bagages comme député. Passer 11 ans dans l’opposition pour se mettre les deux mains sur des leviers importants comme ceux du ministère des Transports, c’est un beau défi. J’ai eu un tuyau d’information branché après le cerveau pendant près de six semaines », a-t-il indiqué en entrevue à La Voix de l’Est.

Les aptitudes du député à assimiler les informations impressionnent son conseiller politique, François Lemay. « Ce que l’on ne voit pas, surtout depuis qu’il est ministre, c’est qu’il est un excellent étudiant, a dit l’ancien enseignant. Il lit tout. Il met sa griffe et ses commentaires. Il pose aussi beaucoup de questions. Il veut vraiment maîtriser ses dossiers. En fait, c’est un modèle. Un premier de classe. Le responsable de groupe. Celui qui gagne les concours d’art oratoire. Qui fait partie du club d’aviron et qui fait aussi du bénévolat deux fois par mois. » Une opinion que partage Marc-André Morency. « Il apprend vite parce qu’il est studieux. Il ne tient rien pour acquis. »

Malgré ses tâches de ministre, François Bonnardel n’a pas changé. « Il est capable de rire et de redevenir sérieux quand c’est le temps », a dit son attaché de presse, le qualifiant de « humble et organisé ». « Il est pareil en privé qu’en public. C’est un gars disponible, facile d’approche et affable », a pour sa part affirmé François Lemay.

Une chose qui revient dans les propos des membres de l’équipe du député de Granby est son attachement aux gens d’ici. « Dès qu’il a une chance, il revient à Granby. Les gens d’ici sont fiers de lui et c’est réciproque », a dit son conseiller politique.

Équilibre

En politique, trouver l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle est un défi constant. Défi que relève avec brio François Bonnardel. « Malgré son horaire extrêmement chargé, il trouve le moyen de garder une bonne hygiène de vie », a mentionné François Lemay. « Une des qualités des grands leaders, c’est de savoir bien s’entourer. C’est le cas de François », a-t-il renchéri.

Cette recherche de l’équilibre se reflète également dans plusieurs sphères de ses relations avec les gens qu’il côtoie dans le cadre de ses fonctions. « C’est un gars de consensus. Il évite l’affrontement le plus possible. C’est aussi un homme d’action, de groupe qui cherche avant tout des solutions », a fait valoir Pascal Bonin. « Il est reconnu autant par ses collègues que ses adversaires », a mentionné son attaché de presse.

De son côté, François Lemay a souligné à grands traits « l’apport indéniable » de l’ex-adjointe du député, à ses côtés depuis la première heure, décédée en juin dernier. « Catherine Demers fait partie intégrante du succès de François et du politicien qu’il est aujourd’hui. »