Le condamné devrait être évalué sur son caractère, sa dangerosité et sa santé mentale, a dit Me Sandra Bilodeau, de la Couronne, photographiée ici aux côtés de Me Pierre Goulet, qui l’a assistée lors du procès.

Francis Yergeau pourrait être évalué en psychiatrie

Déclaré coupable d’un double meurtre, Francis Yergeau pourrait être évalué en psychiatrie en vue de déterminer sa sentence.

L’homme de 39 ans d’Acton Vale a reçu son verdict, jeudi dernier, pour les assassinats de Nancy Beaulieu et Martin Bélair, un couple qui gérait un bar de danseuses nues à Saint-Hyacinthe. Le crime avait été commis en janvier 2015.

Comme il s’agit de meurtres au premier degré, la Couronne a demandé à ce qu’il purge deux peines de prison à vie consécutive. M. Yergeau, qui a été arrêté en 2016, pourrait donc ne pas être admissible à une libération conditionnelle avant 2066.

Une éventualité que conteste la défense, qui plaidera l’inconstitutionnalité de cette loi adoptée en 2011. Un représentant du Procureur général du Québec sera aussi appelé à témoigner. Le juge Daniel Royer, de la Cour supérieure, devra trancher.

Débat

D’ici là, les parties se sont entendues, lundi, pour débattre en janvier de la possibilité que l’accusé subisse une évaluation psychiatrique qui permettrait de guider le tribunal au sujet de la sentence.

Francis Yergeau

« Ça m’apparaît intéressant pour évaluer le caractère du délinquant, sa dangerosité et voir s’il souffre d’un trouble de la personnalité », a indiqué Me Sandra Bilodeau, du ministère public. À la défense, Me Mathieu Rondeau-Poissant a plutôt estimé qu’il n’est pas permis au tribunal, à ce stade-ci, d’ordonner une telle évaluation.

Le juge Royer a répondu qu’il allait réfléchir à la question. Il a toutefois rejeté la suggestion d’un rapport avant sentence, considérant entre autres que, puisque Francis Yergeau nie toujours les gestes reprochés, un tel document serait de peu d’utilité.

Les proches des victimes seront aussi invités à témoigner de leur vécu au cours d’une audience dont la date n’est pas encore déterminée.

Plan

De nombreuses personnes ont assisté au procès qui s’est échelonné sur cinq semaines au palais de justice de Saint-Hyacinthe. Il en est ressorti que M. Yergeau a — à l’aide d’un complice allégué qui doit subir son propre procès — mis fin aux jours du couple afin de s’approprier le bar de la rue des Cascades.

Mme Beaulieu et M. Bélair ont été attirés dans une usine de blocs de béton d’Acton Vale pour y être tués à coups de fusil. Les corps ont ensuite été abandonnés dans le coffre d’un camion à Mascouche.

Les avocats de Francis Yergeau ont déjà fait savoir qu’ils en appelleraient du verdict.