Francis Proulx est trisomique et doit subir une opération risquée. Ses parents, Judith Bazinet et Jocelyn Proulx, veulent donc lui offrir la possibilité de réaliser son rêve, soit d’aller à Cuba nager avec les dauphins avant d’aller sur la table d’opération, mais ils ont besoin de l’aide de la communauté.

Francis le battant

Francis est un véritable boute-en-train. Doté d’un cœur débordant de générosité, iI distribue à foison les câlins comme les sourires. Impossible de ne pas tomber sous son charme. Le trisomique de 27 ans cumule les problèmes de santé. Qui plus est, il n’a qu’une chance sur dix de survivre à sa prochaine opération.

Francis Proulx s’apprête à subir une opération chirurgicale très risquée. D’ici là, il rêve de nager avec les dauphins.

En tout, Francis Proulx a subi 32 opérations, étalées sur 23 ans. Il est tombé dans un coma profond à trois reprises. C’est sans compter tous les examens médicaux qui ne nécessitaient pas le scalpel, comme les bronchoscopies.

Les quatre dernières années ont été une période de douce accalmie. Or, celle-ci prendra fin dans les prochains mois.

Le jeune homme de Sainte-Cécile-de-Milton a déjà été opéré pour sa sténose trachéale du haut — une chirurgie qui l’a plongé dans un coma de 17 jours.

L’opération qui l’attend concerne sa deuxième sténose trachéale, celle du bas cette fois. « Celle d’en bas est encore plus dangereuse », souligne son père, Jocelyn Proulx.

Ce souhait peut sembler bien simple à réaliser, mais pour Francis et sa famille, c’est énorme.

« Ils savent les problèmes qu’il a déjà, poursuit la mère de Francis, Judith Bazinet. Qu’on fasse l’opération demain matin ou qu’on attende qu’il soit au pied du mur, ses chances de s’en sortir sont de 10%. Le risque est le même. »

Nager avec les dauphins
Il y a quelques années, les parents et la grande sœur de Francis ont gagné un voyage à Cuba. Depuis qu’il a vu les photos, le jeune homme rêve de nager avec les dauphins.

Ce souhait peut sembler bien simple à réaliser, mais pour lui et sa famille, c’est énorme. Francis n’a jamais voyagé: il n’a donc pas de passeport ni aucune valise. Son bagage devra être assez grand pour contenir l’appareil respiratoire (BiPAP) qu’il utilise pour traiter son apnée du sommeil. Avec tous les problèmes de santé qu’il a, les assurances coûteront aussi très cher — le coût du voyage de Francis est estimé à 5000 $.

Comme l’opération qui l’attend comporte de grands risques et que, même s’il s’agit d’une réussite, il n’aura plus les mêmes capacités physiques qu’avant, il y a urgence d’agir.

« Il va réaliser un rêve, alors c’est sûr qu’il ne veut pas être seul, ajoute Mme Bazinet. Il aimerait ça avoir sa sœur, son neveu et sa nièce. On voudrait y aller en mai pour être hors saison. En pleine saison, il y a trop de monde et il va s’agiter. »

La seule présence de La Voix de l’Est lors de sa pratique de tir à l’arc lui a d’ailleurs causé une chute de pression... avant qu’il vienne se présenter officiellement en nous faisant un câlin.

Un seul revenu
Mme Bazinet a été forcée d’arrêter de travailler à la naissance de Francis afin de pouvoir l’accompagner aux nombreux rendez-vous médicaux liés à sa trisomie.

Avec un seul salaire, la famille n’a pas les moyens de payer le voyage de Francis et de ses proches. C’est pourquoi une campagne de sociofinancement a été lancée sur le site Gofundme. On cherche également des commanditaires pour les aider dans ce grand projet.

Pour le moment, la campagne a été partagée plus de 100 fois, mais seuls quelques dons ont été enregistrés. Mme Bazinet poursuivra ses efforts pour obtenir l’aide financière — un montant de 20 000 $ est indiqué — qu’il lui faut pour son fils.

La page en lien avec la campagne de sociofinancement apparaît sur le site gofundme.com sous le nom « Un rêve pour Francis ».

"C'est un battant!"

Les problèmes de santé de Francis Proulx ont été nombreux au fil des ans. Il est cependant un exemple de résilience.

À l’âge de deux ans, il a perdu la voix. « Chez certains enfants trisomiques, il y a une cardiopathie [malformation du cœur], explique sa mère, Judith Bazinet. Il l’avait. Quand il a été opéré pour son cœur à l’âge de deux ans, ils ont accroché sa corde vocale en l’intubant. »

Sa corde vocale est paralysée depuis et ils ont dû trouver d’autres façons de communiquer. À l’école, on a insisté sur les pictogrammes, mais sa mère voulait qu’il parle, sachant qu’il pouvait produire des sons.

« On a travaillé fort et, tranquillement, on a pu intégrer la gestuelle des mains et les pictogrammes. Les mains animées, c’est un signe, un mot. C’est différent du langage des signes. »

Avec un geste, sa mère pratique avec lui les sons qui sont associés au mot. Il s’agit d’un travail quotidien.

Ça ne s’est pas arrêté là. À la suite de cette opération à cœur ouvert, Francis a attrapé une pneumonie. « Je ne peux pas dire que c’est une erreur médicale, mais il y a eu des problèmes qui y ont été reliés. Une infirmière est intervenue pour faire sortir les sécrétions, dit-elle en indiquant qu’il s’agissait de donner de petites claques dans le dos. Je lui ai dit qu’elle ne pouvait pas faire ça après une opération à cœur ouvert... Le sternum a ouvert. Ils l’ont ramené en salle d’opération et il a maintenant des agrafes pour tenir tout ça. »

Parmi ses 32 opérations, il en a subi quelques-unes aux doigts, aux yeux, à ses amygdales et à sa trachée pour sa première sténose trachéale. Sa mère a même dû assister le personnel médical durant la grève des anesthésistes. 

Son père laisse tomber que Francis a servi de cobaye plus d’une fois. Sa femme acquiesce. « À un moment donné, un médecin nous l’a dit : le médicament qu’il avait, jamais personne ne l’avait pris avant, il était le premier à l’essayer. C’est frustrant, mais vient qu’à un moment donné, sur certaines choses, on n’a pas le choix. Ça a fonctionné pour Francis, mais c’est certain qu’il y a eu des choses difficiles. »

Malgré tout, ses parents relèvent l’optimisme débordant de leur fils et ses médecins le qualifient de boite à surprises. « Il veut vivre, c’est un battant ! Pour lui, il n’y en a pas de problème, il va passer au travers. »

Tir à l'arc

Francis Proulx a été le premier handicapé à entrer dans la Jeune relève apprenti chasseur trappeur de Granby et région. Depuis trois ans, il y pratique le tir à l’arc, ce que son type de trisomie 21 lui permet de faire.

Le frère de Judith Bazinet, aujourd’hui décédé, avait lancé l’idée à l’époque puisque Francis aime le sport, mais ne peut pas exercer d’activité trop difficile pour le cœur. 

Après en avoir parlé avec le président, l’organisme a accepté d’essayer. Depuis, il a ouvert la voie et d’autres personnes handicapées peuvent viser les cibles dans un milieu sécuritaire.

Francis habite à Sainte--Cécile-de-Milton avec ses parents et ils se déplacent régulièrement à la salle communautaire de Saint-Alphonse-de-Granby pour qu’il puisse pratiquer son sport.

« Ça développe la dextérité, la concentration, ça leur montre à se calmer, ça leur apprend la prudence, énumère Mme Bazinet.