France Arbour s'est éteinte à l'âge de 83 ans. 
France Arbour s'est éteinte à l'âge de 83 ans. 

France Arbour n’est plus

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Granby vient de perdre son ambassadrice par excellence des arts et de la culture. France Arbour s’est éteinte au petit matin mardi à l’hôpital de Granby au son de La Quête de Jacques Brel. Elle avait 83 ans.

Celle qui a laissé une empreinte indélébile dans sa ville natale, et bien au-delà, n’était jamais à court de ressources pour faire rayonner la culture dans ce qu’elle avait de plus beau.

Sa fougue et sa créativité lui ont d’ailleurs valu d’être maintes fois honorée de son vivant. Le centre culturel de la rue Principale à Granby porte notamment son nom depuis 2013. Lors de l’inauguration de «son» centre, en présence de dizaines d’invités, France Arbour avait eu droit à une pluie d’hommages.

Ce jour-là, son ami de longue date, le regretté comédien Gilles Latulippe, l’avait qualifiée de grande dame du théâtre, saluant au passage sa passion et le don qu’elle avait «d’aller chercher le meilleur en toi pour t’amener plus haut».

«La culture, c’est ce qui la nourrit, c’est toute sa vie», avait-il déclaré alors.

Granby vient de perdre son ambassadrice par excellence des arts et de la culture. France Arbour s’est éteinte au petit matin mardi à l’hôpital de Granby.

Très proche d’elle, le comédien Luc Senay avait pour sa part rappelé à quel point France Arbour possédait une grande culture personnelle, qu’elle se plaisait à partager. «Elle fait partie de ces personnes qui se démarquent. Et à Granby, elle se retrouve en haut de la liste, toutes disciplines confondues, avait-il confié au sujet de cette femme éloquente, à la forte personnalité.

Lors de cette même cérémonie, le maire de l’époque, Richard Goulet, l’avait quant à lui décrit de «véritable dynamo pour le monde culturel à Granby.»

Femme de réalisations 

Les réalisations de Mme Arbour sont innombrables. Formée en interprétation et en enseignement, la comédienne a joué dans 32 films, 29 séries télévisées, 48 pièces de théâtre et plusieurs émissions de radio et de télévision. Elle a également transmis son amour des mots et du bien-parler durant de nombreuses années à titre de professeure de phonétique et de diction au Collège Lionel-Groulx, à l’Université de Montréal et au Conservatoire Lassalle.

Mais ce que les Granbyens retiendront d’elle, c’est surtout son inlassable engagement bénévole pour donner à la culture la place qui lui revenait. Elle a entre autres fondé le trio des Conteuses et créé le Printemps culturel à Granby. France Arbour, c’est aussi les concerts au parc Victoria, les spectacles des À-côtés du Palace et l’organisation de plusieurs Journées de la culture. On lui devrait même la boîte à chansons Le Baratin, qui fit le bonheur des mélomanes de Granby il y a près d’un demi-siècle.

Cruciverbiste redoutable, grande voyageuse et polyglotte, elle pouvait jouer en français, en anglais, en russe, en serbo-croate, en italien et en portugais. Son écriture a été féconde également, que ce soit à travers des livres, des articles ou du matériel pédagogique.

Elle a notamment tenu un billet d’opinion dans La Voix de l’Est et une chronique dans l’hebdomadaire Le Plus, dans laquelle elle faisait la chasse aux anglicismes, en prônant toujours l’utilisation du mot juste.

France Arbour devant l'ancienne Ruche de Granby qui a été rebaptisée le Centre culturel France-Arbour en 2012.

Fonds d’archives

De cette vie riche, France Arbour souhaitait laisser une trace. En 2019, ralentie par la maladie, elle avait entrepris un grand ménage dans ses archives personnelles. Cette documentation foisonnante avait été confiée à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska en vue de constituer un fonds d’archives à son nom.

En entrevue pour l’occasion, Mme Arbour avait confié que cet exercice de mémoire remuait de beaux souvenirs et de grandes émotions. «C’est parfois difficile. Je m’arrête à chacun et je pense aux gens qui sont morts. Tellement sont morts...», disait-elle.

Ce don hautement sentimental lui tenait cependant très à coeur. «C’est de la transmission de connaissances. Ce que j’ai toujours aimé faire.»

France Arbour laisse dans le deuil ses soeurs Monique et Claudette. Les détails de ses funérailles seront dévoilés plus tard cette semaine.