Le centre désigné de dépistage de la COVID-19 à Granby connaît une demande de trois à quatre fois supérieure par rapport aux semaines précédentes.
Le centre désigné de dépistage de la COVID-19 à Granby connaît une demande de trois à quatre fois supérieure par rapport aux semaines précédentes.

Fort achalandage aux centres de dépistage de la COVID-19

Depuis lundi, les gens qui se rendent aux centres désignés de dépistage (CDD) de la COVID-19 du CIUSSS de l’Estrie doivent s’armer de patience. Beaucoup de patience. Une importante hausse d’affluence — de trois à quatre fois supérieure par rapport aux semaines précédentes — entraîne des délais d’attente de plusieurs heures, au grand dam de ceux qui se présentent aux portes des sites de Sherbrooke et de Granby.

«C’est assez ordinaire», a laissé tomber Linda Poulin, l’une des dizaines de personnes qui faisaient le pied de grue à l’extérieur sous un soleil de plomb, mercredi midi, lors du passage de La Voix de l’Est au centre de dépistage de Granby.

Fiévreuse depuis trois jours, la résidante de Farnham en était à sa deuxième tentative en autant de jours pour passer un test de dépistage. «Je suis arrivée à 10h30 hier (ndlr, le centre ouvre ses portes à 11h) et j’ai attendu jusqu’à 19h, pour me faire dire de revenir demain. Ce matin, je n’ai pas pris de chance, je me suis présentée à 9h30. Et j’ai apporté mon parasol!»

À en croire le nombre de personnes qui avaient apporté leurs chaises, Mme Poulin était loin d’être la seule à avoir patienté en vain, mardi. «Mon père a attendu 5 heures pour rien, à côté d’une dame qui toussait», affirme Catherine Papineau.

«Je suis arrivé à 13h30, et on m’a répété à plusieurs reprises que je passerais avant la fermeture des portes. Finalement, à 18h30, on nous a revirés de bord, donc il a fallu revenir ce matin. On est arrivé à 9h30. Et on attend encore», témoigne celui-ci.


« «On est très conscients que c’est très difficile pour la population, mais on a besoin de temps pour se réajuster. Notre visée, c’est que les gens attendent vraiment moins longtemps et qu’ils ne changent surtout pas leur bon comportement en décidant de ne pas aller se faire tester.» »
Marie-France Beauregard, gestionnaire des Centres désignés de dépistage de l’Estrie

Attente interminable

Jeune maman de 19 ans, Jade aussi en était à sa deuxième journée d’attente. Malgré un bébé d’un an et demi fiévreux présentant de gros antécédents pulmonaires et cardiaques. «On m’a dit d’aller à l’urgence, que ça irait plus vite, mais je ne voulais pas aller là», dit-elle. Découragée, elle changera pourtant d’avis quelques minutes plus tard.

Comme elle, plusieurs personnes auraient d’ailleurs rebroussé chemin devant l’attente interminable ces derniers jours, selon une autre maman qui désire garder l’anonymat. «C’est un peu bête, puisque ça fait des mois qu’on fait des efforts et là, parce que ça fonctionne un peu tout croche, on prend des risques. C’est un peu enrageant», estime-t-elle.

«C’est mal rodé, s’insurge pour sa part Linda Poulin. On nous fait attendre dans le stationnement, debout, au soleil; il y a des personnes âgées, des gens malades, des enfants qui pleurent parce qu’ils ne se sentent pas bien ou sont juste tannés... il devrait y avoir moyen d’améliorer ça! Faire un triage à l’extérieur, je sais pas.»

«Il y a un manque de coordination incroyable. On n’en veut pas aux gens sur le terrain, ils font un travail incroyable, on n’a aucun reproche envers eux. Le problème vient de plus haut», affirme quant à lui Réjean Papineau.

Un virus semblable au rhume qui circule

Au CIUSSS de l’Estrie, on explique cette hausse soudaine des demandes de dépistage par la circulation d’un virus s’apparentant à un rhume. «Les symptômes de ce virus ressemblant à ceux de la COVID-19, cela pourrait expliquer que plus de familles se présentent, avec raison, aux CDD», indique la Dre Geneviève Baron, médecin-conseil à la Direction de la santé publique en Estrie.

«La majorité des gens qui se présentent ont des symptômes, comme de la toux, de la fièvre, des maux de gorge», confirme Marie-France Beauregard, gestionnaire des Centres désignés de dépistage de l’Estrie.

Selon elle, les CDD sont «capables de s’ajuster en fonction de la demande». «Mais le gros défi ici, c’est qu’il faut s’ajuster en temps réel. On est passé en quelques jours à une moyenne de 130 tests par semaine à 500, et ça semble être une tendance qui veut se maintenir depuis plusieurs jours.»

«On est très conscients que c’est très difficile pour la population, mais on a besoin de temps pour se réajuster. Notre visée, c’est que les gens attendent vraiment moins longtemps et qu’ils ne changent surtout pas leur bon comportement en décidant de ne pas aller se faire tester.»

Mme Beauregard assure que les équipes «travaillent fort pour mettre en place des façons de faire différentes pour optimiser les dépistages le plus rapidement possible».

«On a toute sorte de choses sur la planche à dessin, on regarde pour ajuster les effectifs, mais il est encore trop tôt pour annoncer quoi que ce soit.»