Isabelle Rondeau (en rouge), et d’autres étudiants du Centre de formation de transport routier voulaient organiser une manifestation en soutien à leurs professeurs, mais se sont ravisés après l’annonce d’une entente.
Isabelle Rondeau (en rouge), et d’autres étudiants du Centre de formation de transport routier voulaient organiser une manifestation en soutien à leurs professeurs, mais se sont ravisés après l’annonce d’une entente.

Formation en transport routier: l’année scolaire reprendra le 3 août

La fin de l’année a été mouvementée dans tous les milieux scolaires, et la formation professionnelle n’y a pas échappé. Si former les prochaines cohortes de camionneurs en transport routier à distance soulève son lot de défis, le faire sur un fond de conflit de travail l’est encore davantage.

Alors que le conflit de travail qui oppose le Centre de formation en transport routier (CFTR), qui relève du Centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord, et le syndicat des enseignants est en processus d’arbitrage, les deux parties ont convenu de relancer les activités d’enseignement le 3 août, au lieu d’attendre en septembre.

Au début de la crise, la direction du CFTR, qui est basé à Mirabel et ayant des points de service un peu partout au Québec, dont un à East Farnham en Montérégie, a suivi les exigences du ministère de l’Éducation et a favorisé les cours en ligne, lorsque cela était possible, pour réduire les effets de la contagion, soutient le directeur du centre, Patrick Blanchette.

Le 19 mai, le CFTR a ainsi résilié 80 des 170 contrats d’enseignants «pour répondre aux besoins de l’organisation», qui se traduisaient, selon la direction, par une baisse de la clientèle lors de la reprise partielle des activités d’enseignement. Au CRTR, les ratios sont d’un enseignant pour une classe allait jusqu’à 20 élèves pour les cours théoriques et d’un pour quatre lors des cours pratiques.

«Si je prends une classe qui était 20, j’ai cinq enseignants en pratique et j’ai un enseignant en théorie. Donc, lorsqu’on a repris le 19 mai, tous les cours étaient donnés en théorie. Il y a donc beaucoup d’enseignants qui n’avaient plus de cours à donner», indique M. Blanchette.

Dans les semaines qui ont suivi, le besoin d’offrir des cours pratiques a augmenté alors que les cours pour permettre aux cohortes actives de graduer avaient repris leur erre d’aller.

La direction a alors proposé aux enseignants contractuels licenciés de revenir travailler, mais à taux horaire plutôt que comme contractuel — ce qui signifiait une importante baisse salariale — en remboursant les frais de déplacement uniquement lorsqu’ils dépassaient 125 kilomètres. Cette offre a été refusée en bloc par les enseignants.

Manifestation annulée

Le conflit a donc occasionné des retards dans la formation de plusieurs étudiants, qui ont organisé une première manifestation en soutien à leurs enseignants le 19 juin.

Une deuxième, qui devait se tenir le 29 juin devant les bureaux du CDSSRDN, à Saint-Jérôme, a été annulée suite à l’annonce d’une entente entre le Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord (SERN) et le Centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord (CSSRDN) afin de permettre l’octroi de contrats d’enseignement à compter d’août, au lieu d’attendre à septembre, comme c’est la coutume, et de commencer à préparer le retour en classe.

Le litige sera donc réglé en accéléré en arbitrage de grief au courant de l’été. «Les décisions de l’arbitre vont venir statuer pour l’avenir. Si j’ai raison, la commission devra faire avec et si c’est la commission qui a raison, nous autres aussi on va faire avec. On va savoir vraiment c’est quoi la ligne de conduite avec la formation professionnelle», fait savoir le président du syndicat, Christian Aubin.

Une nouvelle bien accueillie

Le président du syndicat y voit une bonne nouvelle, même si «cela n’enlèvera pas ce que les enseignants ont perdu.» «Au moins, ils vont pouvoir recommencer à travailler rapidement», souligne-t-il.

Pour plusieurs étudiants, l’arrêt des cours a eu d’importantes conséquences financières et les a retardés dans leur cheminement. L’annonce de la reprise est donc accueillie positivement.

«On n’aura plus de cours en ligne et je crois que c’est la meilleure des nouvelles. C’était très difficile, parce qu’un cours de camion, ça ne se fait pas en ligne, c’est de la pratique», indique la porte-parole des étudiants du point de service d’East Farnham, Isabelle Rondeau.

Le directeur du CFTR comprend que les étudiants étaient «dans le néant» quant à la reprise des activités, mais explique que «des obligations administratives» ne permettaient pas encore de leur confirmer un retour en classe et occasionnaient certains délais.

« Je suis sûr que ça va bien aller, qu’on va réussir à retrouver notre vitesse de croisière et je n’ai aucun doute qu’on va passer à travers cet épisode-là», estime le directeur du Centre de formation de transport routier.