Avec ses nouveaux projets , la Fondation Gérard-Bossé donnera une nouvelle vie à des vélos et des articles qui auraient autrement pris le chemin du dépotoir, indique le directeur général Alain Massé.

Fondation Gérard-Bossé : nouvelle image, nouveaux services

Bien connue dans la région pour son atelier de réparation de vélos et sa boutique d’articles usagés, la Fondation Gérard-Bossé ajoute de nouvelles cordes à son arc et rajeunit son image. Sa mission de venir en aide à de jeunes adultes en leur permettant de réintégrer le marché du travail demeure toutefois inchangée.

L’organisme a officiellement inauguré mercredi sa nouvelle boutique, qui est déjà ouverte au public. « On aime le vélo, on a ça dans le sang », a expliqué Simon Robert, responsable de l’atelier de mécanique de la fondation.

Fondé en 2008, Écolovélo du coeur a permis de remettre plus de 3000 vélos sur la route. Ce nombre ne pourra qu’augmenter grâce au nouveau plateau de travail qui s’y greffe, ajoute-t-il.

« Écolovélo existe toujours, c’est notre volet de réparation et de vente de vélos usagés, indique M. Robert. Mais on a décidé de donner leur chance à des vélos défectueux, des retours de magasins ou des modèles qui ne sont pas prêts à être vendus par les fabricants, mais qui ont encore une certaine valeur. »

« C’est plus que de prendre des vélos, changer la chaîne et lui mettre un peu d’huile. C’est lui redonner toute sa valeur », renchérit Alain Massé, directeur général de l’organisme.

En plus de ces vélos, l’organisme vend aussi des vélos neufs électriques, de promenade, hybride ou de sport.

La marque maison « Adrénaline » permettra aux clients de choisir le modèle et la couleur de son choix pour une expérience encore plus personnalisée.

M. Massé indique que sur un budget annuel d’environ 360 000 $, la Fondation Gérard-Bossé ne touche que 120 000 $ en financement. Les deux tiers de ses revenus proviennent donc de la vente des vélos qui sont réparés.

Fondé en 2008, Écolovélo du coeur a permis de remettre plus de 3000 vélos sur la route. Ce nombre ne pourra qu’augmenter grâce au nouveau plateau de travail qui s’y greffe.

Vélos recherchés

L’organisme fait face à une demande en constante croissance pour ses vélos, a affirmé M. Robert en point de presse.

Cela s’explique entre autres par la popularité du remboursement offert par la Ville de Granby. Depuis l’an dernier, celle-ci redonne en effet un montant de 75 $ aux citoyens qui achètent un vélo usagé auprès d’un organisme à but non lucratif, et 50 $ pour l’achat d’un vélo neuf.

« Le remboursement offert par la Ville permet à des gens qui n’avaient pas les moyens de se payer un vélo », souligne M. Robert.

Comme il faut deux fois plus de vélos à réparer que le nombre de modèles mis en vente dans le magasin, les travailleurs de l’organisme sont toujours à la recherche constante de vélos usagés ou endommagés qu’ils pourraient revaloriser et récupérer.

Ainsi, pour pouvoir vendre 250 vélos en état de marche, il faut les pièces de 500 bicyclettes, indique M. Robert.

« On est un peu victimes de notre succès, parce qu’on manque de vélos », a lancé M. Massé.

Celui-ci invite la population à venir offrir les vélos qu’elle n’utilise plus à l’organisme pour en faire profiter d’autres.

Un reçu de charité équivalant à la valeur de revente du vélo une fois réparé pourrait être émis.

Une deuxième vie loin du dépotoir

Dans un autre ordre d’idées, la boutique de la fondation, qui occupe le premier étage de ses locaux de la rue Cowie, a été rebaptisée Liquidation FGB. Elle englobera une nouvelle section, Liquidation 727, où seront mis en vente des meubles et articles neufs, mais en surplus, défectueux ou invendus par des magasins pour diverses raisons.

Pour preuve, les chaises mises à la disposition des invités à la conférence de presse auraient pris le chemin d’un site d’enfouissement, n’eut été des habiles mains de l’organisme. « Ça faisait partie d’un lot de 400 chaises dont le mécanisme de roulement se défaisait quand on était assis, explique Marie-Danielle Voyer, coordonnatrice de la boutique. On les a toutes réparées, on les a remontées à neuf et on les a mises en vente. »

C’est donc faire d’une pierre deux coups, ajoute M. Massé. « On trouvait dommageable de voir les grandes surfaces jeter des items aux rebuts quand ils pouvaient encore servir », affirme-t-il.

Plus de polyvalence

Ces initiatives ne permettront pas, pour le moment, de soutenir un plus grand nombre de jeunes dans leur démarche d’insertion professionnelle, mais elle leur permettra à tout le moins de développer leur polyvalence en ayant de nouvelles tâches, souligne Alain Massé.

« Notre but n’est pas de vendre pour s’enrichir, il est de permettre à des jeunes sur l’aide sociale de réintégrer le marché du travail en gagnant une expérience », renchérit Benoit Houle, président du conseil d’administration de la fondation qu’il a fondée en 1988.

« Remettre un jeune en emploi, c’est une belle victoire, poursuit-il. Il n’existe pas de plus grande fierté que le travail. »