Danny Martineau revient de Nice, en France, où il a pris part au 12e Congrès international sur l’autisme.

Fondation de la neurodiversité: un concept «unique au monde»

Incorporée il y aura tout juste un an dans trois semaines, la Fondation de la neurodiversité attire déjà l’attention à travers le monde grâce à son caractère innovant.

Depuis sa création, l’organisme philanthropique visant à financer l’implantation de maisons adaptées pour les enfants autistes a fait des pas de géant. « Je me suis fait dire que ça avançait pas mal vite pour une fondation ! », lance avec entrain le Bromontois Danny Martineau, président fondateur.

Rappelons que la maison adaptée, selon son créateur, représenterait un environnement permettant l’éveil et l’épanouissement de l’enfant autiste en combinant les bienfaits de la zoothérapie, des soutiens spécialisés et des outils technologiques développés par la fondation. Elle aurait aussi une vocation de centre de répit.

À la mi-septembre, M. Martineau s’est envolé vers Nice, en France, où il a pris part au 12e Congrès international sur l’autisme, où étaient réunis plus de 2000 personnes originaires de quelque 80 pays. Il y a rencontré d’éminents chercheurs qui s’intéressent au trouble du spectre de l’autisme et il a pu parler de son projet à plusieurs partenaires éventuels.

« Les scientifiques sont unanimes : il faut arrêter d’investir des ressources pour déterminer les causes de l’autisme, parce que le facteur le plus déterminant est génétique. Il faut plutôt mettre l’accent sur l’environnement dans lequel les personnes autistes vont évoluer. Notre projet de maison vise à créer cet environnement et à valider son efficacité d’un point de vue scientifique. »

Une opportunité d’implanter une maison adaptée en Europe se serait déjà pointée ; un projet qui ne se concrétisera toutefois qu’une fois que la formule aura été éprouvée au Canada, tient à mentionner le fondateur, qui compte présenter officiellement son projet au prochain congrès prévu à Cracovie, en Pologne, en 2022.

Le Nao 2 est un petit robot qu’on retrouvera dans la Maison adaptée de la fondation.

« Actuellement, on est uniques dans le monde, c’est pour ça que notre projet suscite autant d’intérêt », souligne M. Martineau.

Celui-ci, qui a déjà ciblé un site à Bromont pour éventuellement y bâtir l’établissement, souhaite aussi que ce dernier desserve tant l’Estrie que la Montérégie, la région où le taux de prévalence de l’autisme chez les enfants est le plus élevé au Québec.

M. Martineau prévoit que la Fondation pourra lancer sa première collecte de fonds à la fin de l’année, voire au début de 2020. Un premier grand bal se déroulera le 24 avril au Château Bromont, annonce-t-il.

Deux chercheurs en appui

En septembre, la Fondation s’est aussi adjoint la collaboration de deux chercheurs en psychoéducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Annie Paquet et Danny Lussier-Desroches. La première se spécialise dans les interventions ciblées auprès des enfants autistes et leur famille alors que le second travaille sur des outils technologiques qui favorisent l’autonomie et le développement des personnes touchées par un TSA.

Il oeuvre d’ailleurs à bonifier le Nao 2, un petit robot qu’on retrouvera dans la Maison adaptée de la fondation et qui vise à interagir avec les enfants autistes, souligne M. Martineau. « C’est celui qui reçoit le plus d’avis favorables au niveau mondial, explique le Bromontois. Il peut danser, prendre des photos ou raconter des histoires. »

« Comme le robot n’a pas de signaux non verbaux, comme des expressions faciales, l’enfant n’a pas à décoder ces signaux-là. C’est une interaction plus prévisible, donc moins stressante », poursuit-il.

« Les technologies évoluent très rapidement, souvent plus vite même que nos processus de recherche, alors nos résultats arrivent parfois un peu trop tard, explique M. Lussier-Desroches. Avec ce projet, on va être plus en mesure d’intégrer la recherche dans chacune de ses étapes. »

Des protocoles de recherche seront déterminés, précise Mme Paquet. « Une partie de notre travail va s’effectuer à distance, mais cet accès direct à une ressource est très intéressant pour nous », note-t-elle.