Pour continuer à mettre toutes les chances de son côté, Danny Martineau multiplie les rencontres depuis quelques mois afin de récolter le plus d’appuis possible à son projet. Le Bromontois est d’ailleurs très optimiste quant aux réponses qu’il reçoit.

Fondation de la neurodiversité: le rêve d’aider les jeunes autistes

C’est dans l’optique de briser certains préjugés à l’égard du spectre de l’autisme, mais aussi d’outiller les familles de personnes vivant avec ce trouble que le Bromontois Danny Martineau a mis sur pied la Fondation de la neurodiversité.

La cause touche beaucoup le père de famille, dont deux des trois fils ont reçu un diagnostic d’autisme jumelé à de la douance. Une révélation pour le Bromontois qui se reconnaissait en eux.

« Olivier [ndlr : son second fils] faisait des choses qui inquiétaient sa mère, alors que pour moi, c’était normal. C’étaient des choses que je faisais moi aussi quand j’étais petit », raconte M. Martineau. Lui-même ainsi que son fils aîné frôlant l’âge adulte sont d’ailleurs en attente de leur propre diagnostic.

« L’autisme ne se guérit pas, c’est une condition neurobiologique, souligne-t-il. Il faut apprendre à s’adapter. »

Si M. Martineau avait en tête de lancer une fondation depuis une douzaine d’années, la chose s’est concrétisée en octobre dernier avec l’incorporation de la Fondation de la neurodiversité. « Je ne sentais pas que les mécanismes actuels répondaient à nos besoins comme parents et comme personnes autistes », explique-t-il, faisant valoir que l’inclusion sociale est particulièrement difficile chez les personnes avec un trouble du spectre de l’autisme.

« J’ai été longtemps intimidé, tant à l’école qu’en milieu de travail, raconte le président fondateur de la fondation. Parce que j’avais de la difficulté à interagir avec les autres, plusieurs personnes me percevaient comme quelqu’un d’hostile. Les personnes autistes, on est parfois comme de grands acteurs : on copie les comportements des gens neurotypiques pour s’intégrer. Par exemple, serrer la main de quelqu’un peut sembler facile pour le commun des mortels ; pour nous, ça demande un effort et beaucoup d’énergie. »

Heureusement, le gain de connaissances sur l’autisme améliore l’intégration des personnes autistes dans leur milieu, particulièrement à l’école. « Mon fils va à l’école de la Chantignole et la direction est très sensibilisée », se réjouit Danny Martineau.

Anges gardiens canins et boîte à outils

Le projet principal de la Fondation de la neurodiversité sera de financer le dressage de « chiens de vie », des anges gardiens à quatre pattes qui veilleront au bien-être d’enfants autistes.

« La problématique, c’est que les organismes qui éduquent des chiens actuellement ont fermé leurs listes d’attente », explique M. Martineau.

L’organisme a déjà pris entente avec un centre canin et des maîtres-chiens, a-t-il fait savoir, et le tout serait prêt à croître si la demande, et le financement surtout, sont à la hausse. Car dresser un chien peut coûter plusieurs milliers de dollars, un processus qui s’étire sur trois ans.

La fondation compte également offrir aux familles bénéficiaires des services de soutien spécialisés, l’accès à des ergothérapeutes, des psychologues et d’autres spécialistes, de même que des outils technologiques tels que l’intelligence artificielle, des robots et des écrans interactifs, pour ne nommer que ceux-là.

Une maison adaptée

La Fondation de la neurodiversité caresse aussi le rêve d’ouvrir ce que M. Martineau appelle « la Maison adaptée », qu’il rêve de voir bâtie à Bromont. Celle-ci, selon son créateur, représenterait un environnement permettant l’éveil et l’épanouissement de l’enfant autiste en combinant les bienfaits des chiens de vie, des soutiens spécialisés et des outils technologiques développés par la fondation. La Maison adaptée aurait aussi une vocation de centre de répit, permettant aux enfants d’y passer une nuit.

« Il y aura des pièces multifonctionnelles, des pièces de soutien, des activités avec des chiens, de la technologie, détaille l’homme d’affaires. Ça va bouillonner à l’intérieur. »

C’est le designer Denis Bourgeois qui donnera vie à ce projet. Celui qui s’est fait connaître du grand public notamment grâce à la série d’émissions Des idées de grandeur à la chaîne Canal Vie sera en charge de conceptualiser le design de la maison, qui se voudra un environnement qui puisse à la fois être apaisant et stimulant, allègue le fondateur de l’organisme.

Appuis

En plus d’un conseil d’administration formé de l’avocat Carl Dessaints, de la femme d’affaires Lissa Théberge et l’actuaire Mélissa Cyr, la Fondation pour la neurodiversité peut compter sur un premier ambassadeur d’envergure en la personne de Giovanni Lo Presti, un créateur de mode de renommée internationale.

Il s’agit aussi d’un ami personnel de M. Martineau, qui ne s’est pas fait prier pour accepter le mandat. « C’est quelqu’un que j’ai rencontré à Londres, qui parle sept langues et qui a une grandeur d’âme exceptionnelle. Il est très honoré et ça le touche beaucoup que l’on ait pensé à lui », indique le président.

Pour continuer à mettre toutes les chances de son côté, M. Martineau multiplie les rencontres depuis quelques mois afin de récolter le plus d’appuis possible à son projet. Le Bromontois est d’ailleurs très optimiste quant aux réponses qu’il reçoit.

Ce faisant, il promet de faire plusieurs annonces dans les semaines et les mois à venir. « On veut innover avec la Fondation, plaide-t-il. On a un concept unique, un modèle. Mais on a besoin de l’appui du gouvernement, de la communauté scientifique, des personnalités d’affaires et de la population pour que ça fonctionne. »

Il est possible d’en apprendre davantage au fndquebec.org