En plus d’avoir les capacités affaiblies par la drogue et l’alcool, M. Duchesne Dépôt roulait «bien au-delà» des limites de vitesse permises par la loi au moment où il a eu un accident.
En plus d’avoir les capacités affaiblies par la drogue et l’alcool, M. Duchesne Dépôt roulait «bien au-delà» des limites de vitesse permises par la loi au moment où il a eu un accident.

Folle virée pour la Saint-Jean-Baptiste: cinq mois de prison pour un Valériennois

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
La folle virée d’un Valériennois le soir de la Fête nationale l’aura mené tout droit en prison. Le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a récemment condamné Pier-Yan Duchesne Dépôt à trois sentences concurrentes de près de cinq mois derrière les barreaux. À sa sortie, il ne pourra pas conduire de véhicule moteur pendant trois ans.

À son audience, le 27 janvier dernier, l’accusé a plaidé coupable d’avoir conduit avec un taux d’alcoolémie supérieur à 0,08, un véhicule qu’il avait pris sans la permission de sa propriétaire, et ce, alors qu’il lui était interdit de conduire. Les faits reprochés se sont déroulés le soir de la dernière Saint-Jean-Baptiste à Saint-Valérien-de-Milton.

Ce soir du 24 juin 2019, M. Duchesne Dépôt participe à une fête chez une connaissance, Nancy Laplante. Il y consomme de l’alcool et de la cocaïne, rapporte le jugement.

À un certain moment de la soirée, Mme Laplante est endormie. À ce moment, l’accusé décide d’aller faire l’essai du véhicule de sa connaissance, une voiture Chevrolet Camaro, sans aviser cette dernière.

En plus d’avoir les capacités affaiblies par la drogue et l’alcool, M. Duchesne Dépôt roule « bien au-delà » des limites de vitesse permises par la loi au moment où il a eu un accident. Heureusement, il n’est pas blessé et aucun autre véhicule ou automobiliste n’est impliqué dans la collision.

Si rien du côté de la poursuite ne précise le montant des dommages, l’accusé lui-même estime que ceux-ci sont supérieurs à 10 000 $ et reconnaît devant la cour qu’il en est « complètement responsable ».

Le véhicule n’a toutefois pas encore été réparé à ce jour, mentionne le jugement.

Notons également que l’individu était sous le coup d’une interdiction de conduire après avoir été reconnu coupable d’une conduite avec les capacités affaiblies pour un événement survenu en mai 2018. En octobre 2017, il avait également refusé de fournir un échantillon d’haleine, était en possession de drogue et avait entravé le travail des policiers, ce qui lui avait valu des accusations et une condamnation supplémentaire.

Repentir

M. Duchesne Dépôt affirme « regretter profondément » ses gestes, ayant cessé de consommer de la drogue et de l’alcool depuis l’accident.

Devant le tribunal, « il ne cherche pas à repousser sa responsabilité et est conscient de ce qui risque fort de lui arriver », relate d’ailleurs le juge Champoux, qui a salué l’abstinence « impressionnante », bien que « fragile » de l’accusé depuis les événements.

Un rapport présententiel déposé devant la cour s’est avéré généralement positif envers ce père monoparental travaillant depuis trois ans et demi comme sableur auprès d’une entreprise spécialisée dans les équipements de déneigement à Saint-Valérien-de-Milton.

Il « décrit l’accusé comme une personne qui, jusque là, avait eu un fonctionnement social conformiste et adhérant aux valeurs généralement partagées par la population. Le choc des présentes accusations et des faits sous-jacents semble aussi lui avoir fait réaliser l’inadéquation de ses gestes », indique-t-on.

Prison, probation et réparation

Alors que la poursuite réclamait une peine d’emprisonnement de sept mois et la défense, de quatre mois, le juge Champoux a choisi d’imposer une sentence de cinq mois de prison pour chacun des chefs d’accusation auxquels l’accusé a plaidé coupable, moins les trois jours de détention préventive qu’il a purgés.

Une période de probation de trois ans a fait l’objet d’un consensus entre les parties, tout comme une interdiction de conduire de trois ans, contrairement aux 200 heures de travaux communautaires suggérés par la défense, qui n’ont pas été retenues par le magistrat.

Ce dernier a par ailleurs tenu à imposer un dédommagement à la victime dans cette affaire, bien que celle-ci n’a pas souhaité s’exprimer formellement devant la Cour. L’accusé devra donc rembourser 10 000 $ à Mme Laplante en deux versements étalés d’ici cinq ans.