À la tête de la ferme florale, Floramama, Chloé Roy s’applique à confectionner des bouquets de douceurs avec les fleurs de saison qu’elle cultive, tout au bout de la petite rue Melba, à Frelighsburg.

Floramama: l'art de cultiver la douceur

Chloé Roy songeait démarrer une ferme maraîchère, mais c’est dans les fleurs qu’elle a trouvé son bonheur. À la tête de la ferme florale, Floramama, elle s’applique à confectionner des bouquets de douceurs avec les fleurs de saison qu’elle cultive et qui connaissent une popularité grandissante.

Floramama a pris racine tout au bout de la petite rue Melba à Frelighsburg, il y a six ans. La micro entreprise a pratiquement fait figure de pionnière en proposant des abonnements à ses « bouquets naturels et doux », à l’instar des abonnements offerts par certains maraîchers pour leurs paniers de légumes.

Depuis, dit Chloé Roy, le nombre d’abonnés — actuellement de 180 — fait un bond chaque année et les fleurs sont désormais livrées à huit points de chute, dont quatre à Montréal et quatre dans la grande région.

Depuis trois ans, les bouquets de Chloé Roy et de sa petite équipe sont aussi disponibles dans l’ensemble des supermarchés santé Avril, en plus d’être offerts au Marché Tradition de Frelighsburg, au IGA de Cowansville et au marché fermier de la station de métro Laurier à Montréal. Les supermarchés Rachelle Béry offriront aussi ses bouquets de fleurs fraîches.

Les créations de Floramama ajoutent en outre une touche unique dans les mariages.

Investissements

Bref, la croissance est au rendez-vous. Floramama confectionne maintenant entre 300 et 400 bouquets chaque semaine. Mais des investissements sont devenus incontournables pour optimiser la production florale, qui se déploie sur un acre de terre, explique celle qui est née à Montréal, mais qui a toujours ressenti un irrésistible attrait pour la campagne.

Au cours des deux prochaines années, ce sont quelque 160 000 $ qui seront investis pour améliorer et agrandir la chambre froide de Floramama, automatiser le système d’irrigation et rénover la grange entre autres, explique Raphaëlle Noirjean.

Cette dernière, qui a réalisé en France une maîtrise en entrepreneuriat et en gestion des entreprises, est venue passer un été à Frelighsburg avec sa copine Chloé il y a trois ans. Mais elle y a aussi vu une opportunité d’affaires. « J’ai décidé de poser mes valises au Québec pour pousser au maximum le potentiel de Floramama », laisse-t-elle tomber dans un sourire.

L’une aux finances, l’autre les deux mains dans la terre ; les deux associées ont des compétences complémentaires, confirment les deux principales intéressées.

Les fonds qui seront investis dans l’entreprise proviennent d’investissements privés et de prêts du CLD Brome-Missisquoi et de l’organisme Femmessor, précise Raphaëlle Noirjean. Celle-ci dit aussi travailler avec la Financière agricole et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Échelle humaine

« L’idée n’est pas de devenir une méga ferme. On veut garder ça à échelle humaine, mais avec une production plus efficace », fait valoir Chloé Roy.

Floramama cultive une partie de ses fleurs en plein champ de manière écologique, mais elle compte aussi six serres, dont une est utilisée comme pépinière au printemps pour ses semis. Environ une cinquantaine de variétés (pavots, pieds d’alouette, monardes, zinnias, panicauts, etc.) y sont cultivées, dont la majorité sont des fleurs annuelles. « Elles arrivent vite à floraison, donc, on peut exploiter la superficie deux fois », souligne l’entrepreneure de 35 ans et mère de trois enfants.

Cela n’empêche pas Chloé Roy d’envisager agrandir son jardin de vivaces et d’aménager une nouvelle parcelle de terre pour permettre au sol de certains segments en culture « de se reposer » en y semant des engrais verts.

C’est alors qu’elle travaillait aux Jardins de la Grelinette à Saint-Armand avec Jean-Martin Fortier et Maude-Hélène Desroches que Chloé Roy a découvert la vocation de ce qui allait devenir le cœur de sa ferme.

Les légumes lui « manquent » parfois, mais le travail de la ferme qui lui plaît tant est pratiquement le même, fait-elle valoir. « Ce sont un peu les mêmes tâches, les mêmes horaires, la même dynamique », dit-elle.

Chloé Roy a entre autres étudié la culture florale auprès de la pionnière d’un mouvement de petites fermes florales sur la côte ouest des États-Unis, Erin Benzakein de Floret Flowers. Le Québec compterait désormais une quinzaine de petites fermes florales, selon la fondatrice de Floramama.