Les élus de Granby ont à nouveau adopté une résolution pour réclamer un traitement plus équitable et récurrent dans le financement des services policiers.
Les élus de Granby ont à nouveau adopté une résolution pour réclamer un traitement plus équitable et récurrent dans le financement des services policiers.

Financement des services policiers: Granby réclame plus d’équité

La Ville de Granby accentue la pression. Les élus ont, une fois de plus, adopté une résolution lundi soir afin de réclamer un traitement plus équitable et récurrent dans le financement des services policiers.

Granby n’est pas la seule à faire cette demande. Elle continue à faire front commun dans ce dossier avec les Villes de Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Jérôme.

Deux autres résolutions de ce type ont d’ailleurs été adoptées par les trois villes dans leurs conseils municipaux respectifs au cours des deux dernières années. Les maires ont également rencontré en février 2019 la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Mais sans résultat.

À l’origine de cette nouvelle initiative du trio, l’annonce de la ministre Guilbault, l’automne dernier, d’octroyer 75 millions de dollars en subventions aux municipalités qui ont recours aux services de la Sûreté du Québec.

Granby, Saint-Jérôme et Saint-Jean-sur-Richelieu clament qu’il est inéquitable qu’aucune subvention gouvernementale ne leur soit accordée pour couvrir les coûts de leur corps policier municipal de niveau un, contrairement aux municipalités de même taille qui reçoivent les services policiers de la Sûreté du Québec.

«Les contribuables de la Ville de Granby assument toujours, en 2019, 100% des coûts de leurs services de police à même leurs taxes municipales en plus de contribuer au financement du Fonds des services de police, à même leurs impôts versés au provincial», est-il relevé dans la résolution adoptée lors de la dernière séance du conseil municipal.

«La Ville de Granby considère qu’il est inéquitable que les villes ayant recours à la Sûreté du Québec soient financées à hauteur de 50% par le gouvernement du Québec alors que les autres qui offrent le service de niveau un n’obtiennent rien du tout», est-il également relevé dans le document dont les médias ont obtenu copie.

Pression

«Il devait y avoir des compensations. Mais on n’a rien vu encore», a déploré au terme de la séance du conseil le conseiller municipal, Alain Lacasse, qui agissait à titre de maire suppléant lundi soir.

«C’est certain qu’on ne lâchera pas le morceau. Il faut qu’il y ait des compensations ou quelque chose. On ne peut pas absorber la totalité des coûts du service policier quand on sait que les autres villes [avec la Sûreté du Québec] vont avoir à défrayer seulement 50% de la facture. Parce qu’on est indépendant [avec une sûreté municipale], on va prendre la facture au complet? C’est inacceptable. On va aller jusqu’au bout», lance Alain Lacasse.

Le conseiller municipal responsable des dossiers de sécurité publique, Jean-Luc Nappert, affirme pour sa part que plusieurs ministres, dont le député de Granby et ministre des Transports, François Bonnardel, sont interpellés dans ce dossier.

M. Nappert et ses homologues à la table du conseil souhaitent maintenant voir des résultats. «On est un peu impatients de ne pas avoir de nouvelles», dit-il.

Les travaux qui encadreront le livre vert sur la police, déposé en décembre dernier, pourraient-ils permettre de revoir la question du financement? C’est ce que souhaite Jean-Luc Nappert.

Ce dernier fait valoir que le service de police à Granby est un «service de proximité, qu’on aime beaucoup». «Je pense qu’on offre un excellent service. On est très proche de différents milieux, dont le communautaire et les écoles. N’empêche qu’on finance tout à 100%. C’est ce qu’on trouve inéquitable. On réitère notre demande pour que la ministre et le gouvernement soient sensibles à ça», relève Jean-Luc Nappert.