«Ils ont l’air de vouloir nous dire que c’est blanc ou c’est noir. Mais le gris existe aussi. On va vérifier les intentions de la ministre», dit le maire de Granby, Pascal Bonin.

Financement des services policiers: Bonin demande l’heure juste

GRANBY — Le maire de Granby ne lâche pas le morceau. Il souhaite rencontrer la nouvelle ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, pour avoir l’heure juste sur la question du financement des services policiers.

Pascal Bonin fait front commun avec les maires de Saint-Jérôme et de Saint-Jean-sur-Richelieu pour réclamer un traitement plus équitable et récurrent dans le financement des services policiers.

Le dossier n’est pas nouveau. Les trois maires ont fait des sorties médiatiques à ce sujet l’année dernière. Pascal Bonin dit avoir commencé à en parler au caucus régional de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) dès son arrivée à la mairie il y a plus de cinq ans. « Ils se sont traîné les pieds », déplore-t-il.

Au cœur de cette iniquité : l’absence de subventions gouvernementales accordées à Granby, mais aussi à Saint-Jérôme et à Saint-Jean-sur-Richelieu, pour couvrir les coûts de leur corps policier municipal de niveau un. Les contribuables de la ville de Granby assument actuellement « 100 % des coûts de leur service de police à même leurs taxes municipales en plus de contribuer au financement du Fonds des services de police, à même leurs impôts versés au provincial », réitère la nouvelle résolution adoptée lors de la dernière séance du conseil municipal.

À contrario, « 1041 municipalités offrant des services de niveau un, dont la population est inférieure à 100 000 habitants, assument en moyenne seulement 53 % de la facture payable pour leurs services de police alors que le gouvernement subventionne 47 % de leurs coûts via le Fonds des services de police (FSP) », est-il aussi relevé.

Options

Si, face à la situation, la Ville de Saint-Jérôme a décidé d’imposer une « taxe police » controversée de 95 $ qui s’ajoute au compte de taxes de ses citoyens, la Ville de Granby n’a pas choisi cette voie, dit le maire Bonin.

Il souhaite d’abord entendre ce que la ministre Guilbault aura à proposer aux trois maires. « Le dialogue est toujours mieux que la pression », dit Pascal Bonin.

Et il souhaite que l’option qui prévoit l’octroi par le gouvernement du Québec d’une partie du financement pour le service de police municipal soit ajoutée aux deux scénarios déjà évoqués, soit de conserver la sûreté municipale ou d’opter pour la Sûreté du Québec. « Ils ont l’air de vouloir nous dire que c’est blanc ou c’est noir. Mais le gris existe aussi. On va vérifier les intentions de la ministre », dit le maire.

Ultimement, le conseil municipal aura aussi à se prononcer sur les suites à donner à ce dossier, dit-il.

Chose certaine, Pascal Bonin n’a toujours pas digéré l’entente survenue en décembre dernier entre l’UMQ et Québec sur l’aide financière accordée aux municipalités pour couvrir la hausse des coûts des services de la SQ. « Ça a été très difficile à avaler que le président de l’UMQ [Alexandre Cusson, maire de Drummondville] dise que tout le monde est content et que c’est équitable, alors qu’il sait très bien que ce n’est pas le cas », laisse-t-il tomber.