L’APOD, dont fait partie le centre L’Envolée, à Shefford, réclame depuis plusieurs années une bonification de l’aide financière gouvernementale offerte à ses membres, qui sont assujettis aux mêmes normes et conditions que leurs homologues du secteur public.
L’APOD, dont fait partie le centre L’Envolée, à Shefford, réclame depuis plusieurs années une bonification de l’aide financière gouvernementale offerte à ses membres, qui sont assujettis aux mêmes normes et conditions que leurs homologues du secteur public.

Financement des centres privés de thérapie: l’APOD accentue la pression sur Québec

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Toujours sans signe de vie du bureau du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant, le président de l’Association professionnelle des organismes en dépendance (APOD), Paul Boissonneault, accentue la pression pour mettre un terme à ce qu’il considère être une iniquité entre ses membres et les centres de traitement des dépendances admissibles au financement des organismes communautaires.

Dans une vidéo diffusée sur Facebook lundi, M. Boissonneault fait appel aux anciens toxicomanes ou alcooliques ainsi qu’à leurs proches pour mettre de la pression auprès du ministre afin que celui-ci consente enfin à le rencontrer pour discuter du financement des centres de thérapie privés.

«Vous êtes au courant que la dépendance touche beaucoup de personnes, mais aussi leur entourage et des impacts que ça peut avoir», plaide le président, qui souhaiterait ne passer que quelques heures avec l’équipe du ministre pour lui faire part des besoins de ses membres, qui comptent ensemble quelque 1250 lits répartis à travers la province.

«Ces hommes et ces femmes ne sont pas du bétail, dit-il à propos de la clientèle alcoolique et toxicomane. Ce sont des êtres humains malades. Ce sont des pères, des mères de famille, des employeurs...»

Tout autant de personnes qui, grâce aux services des membres de l’APOD, ont pu reprendre leur vie en main, poursuit le président de l’association. «Ces gens-là paient désormais des taxes, ils se sont trouvé du travail, énumère-t-il. Ils sont redevenus de bons papas, de bonnes mamans.»

Dans une vidéo diffusée sur Facebook lundi, le président de l’APOD, Paul Boissonneault, fait appel aux anciens toxicomanes ou alcooliques ainsi qu’à leurs proches pour mettre de la pression auprès du ministre Lionel Carmant afin que celui-ci consente enfin à le rencontrer pour discuter du financement des centres de thérapie privés.

Cela fait suite à un cri du coeur lancé il y a quelques semaines et pour lequel il n’a pas obtenu de réponse.

«Je pense que notre cause est importante», mentionne Paul Boissonneault, qui rappelle que les organismes et leurs employés sont «à bout de souffle» et «débordés depuis plusieurs mois».

L’APOD, dont fait partie le centre L’Envolée, à Shefford, réclame depuis plusieurs années une bonification de l’aide financière gouvernementale offerte à ses membres, qui sont assujettis aux mêmes normes et conditions que leurs homologues du secteur public. Actuellement, ces centres de thérapie privés touchent un per diem d’environ 63 $ par jour de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux, mais uniquement pour les pensionnaires bénéficiant de l’aide sociale ou du chômage, de même que ceux qui étaient hospitalisés ou détenus au moment d’entamer leur cure de désintoxication.

Imbroglio?

Vérification faite auprès du bureau du ministre Carmant, le personnel politique responsable du dossier dit attendre que les demandes de l’APOD soient documentées pour faire cheminer ses demandes.

De son côté, M. Boissonneault affirme que le ministère ne lui a jamais demandé quelque documentation que ce soit. Il a pris contact avec les responsables du dossier pour éclaircir cet imbroglio.

D’ici à ce que la situation se régularise, le président compte publier de nouvelles vidéos.