La Ville de Granby a laissé tomber la présentation du discours du maire sur la situation financière de la Ville, car elle n’y est plus contrainte par la loi.

Fin d’une tradition municipale

Parce qu’elles n’y sont plus contraintes par la loi, certaines villes, dont Granby, ont laissé tomber une tradition municipale qui se répétait chaque mois de novembre depuis quelques décennies. Terminé le discours du maire sur la situation financière de la Ville, confirme le maire de Granby, Pascal Bonin.

L’article 474.1 de la Loi sur les cités et villes prévoyait que le maire fasse un rapport sur la situation financière de la ville, au moins quatre semaines avant l’adoption du budget par le conseil municipal. Mais cet article a été abrogé l’an dernier avec l’adoption du projet de loi 122. La mesure est entrée en vigueur en juin 2017, explique la directrice des Services juridiques à la Ville de Granby, Catherine Bouchard.

En novembre dernier, Pascal Bonin, fraîchement réélu, a ainsi rompu avec la tradition pour la première fois. Et il n’est pas mécontent de cette modification à la loi. «Ça venait un peu en contradiction avec ma philosophie de gestion. Avec ce discours-là, c’est comme si le maire dirigeait la ville. Moi, je pense plutôt que celui qui est boss de la ville, c’est le conseil municipal», fait-il valoir.

Selon lui, dans un monde idéal, chacun des conseillers aurait dû pouvoir s’exprimer dans le cadre de ce discours qui permettait entre autres de présenter les états financiers et les travaux d’immobilisations réalisés l’année précédente, de même que les orientations à venir pour le prochain budget à adopter.

«Avant, le discours du maire se faisait, les conseillers écoutaient, les citoyens aussi et ils disaient: Bonin dirige la ville. Je suis d’accord que ça ait été enlevé parce que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne en réalité», dit Pascal Bonin.

Reddition de comptes

La directrice des services juridiques de la Ville de Granby précise cependant que la levée de l’obligation pour les municipalités de présenter le discours du maire sur la situation financière de la Ville ne signifie pas qu’il n’y a plus de redditions de comptes pour les administrations municipales.

Deux nouveaux articles ont été ajoutés dans la Loi sur les cités et villes. L’un prévoit que le trésorier dépose deux états comparatifs et l’autre que le maire fasse état, lors d’une séance tenue au plus tard en juin, des faits saillants du rapport financier, du rapport du vérificateur général et celui du vérificateur externe.

La Ville de Granby avait déjà l’habitude depuis quelques années de faire, lors d’une séance du conseil en mai, une présentation détaillée du rapport financier annuel, notamment avec la diffusion d’une présentation PowerPoint.

Le maire Bonin souligne qu’il prend aussi plus le temps de vulgariser certains points, lors des séances du conseil, depuis qu’il n’est plus présent sur les réseaux sociaux. «Je pense que c’est pendant les séances que ça passe parce que l’auditoire est là», dit-il.

Les grandes orientations du conseil municipal sont par ailleurs déjà «connues et acceptées» de la population, estime le maire. «On n’a pas eu beaucoup de critiques à travers les cinq, six dernières années par rapport au budget et aux finances», dit-il.

Ailleurs

Dans la région, la Ville de Granby n’est pas la seule à avoir laissé de côté la présentation du discours du maire sur la situation financière de la ville. C’est aussi le cas notamment à Cowansville et à Bromont

Comme Granby, Bromont ne le fait plus depuis l’année dernière, a confirmé la directrice des communications à la Ville, Catherine Page.

En poste depuis l’an dernier, le maire de Farnham, Patrick Melchior, a cependant dit considérer la pertinence de poursuivre cette tradition. «Ça va se décider au prochain plénier, mais probablement que je vais en faire un. (...) Quand j’ai fait ma campagne électorale, j’ai mentionné que je voulais la transparence, le plus possible. Je trouve que ça fait partie de l’idée globale», souligne-t-il.