L’église Notre-Dame-de-Lourdes, construite en 1927, changera de vocation sous peu.

Fin d’une époque à Saint-Armand

La vie du petit village de Saint-Armand risque d’être chamboulée prochainement. Son église est en vente et risque de changer de vocation. Une page d’histoire se tourne...

L’agent immobilier Olivier Maurice a été bombardé de questions pendant tout l’après-midi dimanche. Inquiets, plusieurs citoyens de Saint-Armand et des environs voulaient savoir ce qu’il adviendra de l’église Notre-Dame-de-Lourdes, la seule du village. Ils étaient cependant en minorité. Beaucoup de visiteurs avaient fait le voyage de la région métropolitaine pour prendre part à la visite libre qui avait été organisée.

Condos, salle de spectacle, galerie d’art, musée, les projets fusaient de toute part. Reste à voir ce qu’en fera concrètement le futur propriétaire des lieux. Pour 25 000 $, il ou elle acquerra un immense bâtiment historique de plus de 560 m2 et un terrain tout aussi grand. Le tout est évalué par la municipalité à près de 360 000 $.

Malgré les problèmes financiers qui forcent la vente de l’église construite en 1927, le diocèse portera une très grande attention aux projets de transformation de l’acheteur. « Ça ne deviendra pas un bar de danseuses! » défend l’agent immobilier. Toutefois, l’église pourrait être démolie.

Rénovations importantes
« Le prix de la vente est vraiment accessoire dans ce projet-là », explique Olivier Maurice, qui compte déjà plusieurs ventes d’églises à son actif. En effet, le futur propriétaire devra entreprendre d’importants travaux pour réparer des coulées d’eau dans le toit, mais surtout pour enlever l’amiante qui isole les murs. « C’est ça qui m’inquiète », souligne Mathieu, un travailleur du domaine de la construction qui a préféré ne pas être davantage identifié. Globalement, il croit que le bâtiment est en bon état. « Moi, je ferai un autre étage en divisant le rez-de-chaussée et je mettrais un local commercial au premier étage », rêve-t-il.

« J’espère qu’ils vont garder un petit quelque chose de religieux », s’inquiète pour sa part Denyse Aita. La résidente de Saint-Jean-sur-Richelieu a fait le déplacement expressément pour s’imprégner des lieux. Elle n’était pas la seule dans cette situation. De nombreuses personnes mettaient les pieds pour la première fois dans l’église, mais ressentaient un certain déchirement quant à l’avenir du lieu sacré.

Problèmes financiers
Comme bien d’autres églises, la quasi-absence de fidèles est la cause principale de la vente. « On doit donner 1000 $ chaque mois au diocèse pour l’administration et pour avoir le curé », explique l’un des marguilliers de la fabrique, Roger Chalifoux. À ce montant s’ajoutent les dépenses astronomiques liées au chauffage — plus de 1000 $ chaque mois.

La fabrique avait entrepris des démarches pour amoindrir les dépenses, notamment en accueillant des spectacles musicaux quelques fois par année.

Il est encore possible de visiter l’église dans son état actuel. Le quatrième dimanche de chaque mois, un prêtre se déplace pour une messe et le ténor Marc Hervieux y fera raisonner sa voix le 19 mai prochain.