Selon la présidente de la FIQ-SPSCE, Sophie Séguin, la suppression du poste de secrétaire en gériatrie aura des « répercussions­ directes sur la clientèle ».

Fin d’un projet pilote pour aider le personnel au CHG

On le sait, les effectifs dans le réseau de la santé sont sous pression. Or, le personnel qui travaille au troisième étage à l’hôpital de Granby perdra bientôt une alliée. Le poste de secrétaire en gériatrie, lié à un projet pilote, sera supprimé à partir de la mi-avril, a appris La Voix de l’Est. Une décision que déplorent plusieurs membres de l’équipe de l’établissement.

« C’est à se demander si la direction pense aux conséquences avant de prendre des décisions, a confié une infirmière, qui préfère que l’on taise son identité. On travaille déjà avec des équipes réduites. Le personnel court dans tous les départements. C’est impossible que l’on puisse prendre plus de tâches. »

Une collègue abonde dans le même sens. « On avait un bon projet pilote qui nous permettait de souffler un peu. Mais, c’était trop beau pour être vrai. Toute la pression va revenir sur le personnel. C’est une décision qui aura des retombées négatives pour tous les quarts de travail. On arrive à peine à faire toutes nos tâches actuellement. Qu’est-ce que ce sera avec une infirmière en moins qui devra s’occuper des tâches d’administration et tout ce qui va avec ? »


«  La secrétaire est essentielle. On doit se mobiliser pour que la direction change d’avis.  »
Une infirmière du département de gériatrie/réadaptation

Les effectifs du département de gériatrie/réadaptation ont appris jeudi la « mauvaise » nouvelle, nous a-t-on confirmé. Une pétition dénonçant la situation a immédiatement été mise en circulation. « On a peu de temps pour agir avant que la secrétaire termine le 13 avril. Elle est essentielle. On doit se mobiliser pour que la direction change d’avis », a indiqué une des infirmières interviewées. Selon nos informations, le projet pilote avait été lancé il y a environ un an et demi.

Effets directs

De son côté, la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin, s’est dite « extrêmement déçue » de la décision du CIUSSS de l’Estrie d’abandonner ce poste. « Historiquement, il y avait une secrétaire pour le département de gériatrie. On l’a enlevée pour la remettre ensuite avec un projet pilote, a-t-elle mentionné. [...] C’est aberrant, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre où on essaie de trouver des solutions innovantes pour dégager nos professionnels en soins, de couper une ressource. »

La présidente syndicale a fait valoir que la suppression du poste de secrétaire aura des « répercussions directes sur la clientèle » du département de gériatrie qui, selon nos informations, dispose d’une douzaine de lits.

« Si le personnel ne peut pas se dégager pour faire marcher les patients, les lever, évaluer leur autonomie pour qu’ils puissent retourner à la maison ou à la résidence où ils étaient, ça fait en sorte qu’ils restent alités et qu’ils n’auront pas les soins auxquels ils ont droit », a-t-elle clamé.

Notons que les soins intensifs sont également au troisième étage de l’hôpital. Le personnel, tant médical qu’administratif, est toutefois distinct de celui de la gériatrie/réadaptation.

Le CIUSSS de l’Estrie n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue, vendredi, prétextant ne pas être « en mesure de valider les informations » obtenues par La Voix de l’Est.