Les panneaux « Cédez le passage » seront graduellement retirés du paysage granbyen au cours de la prochaine année pour être remplacés par des arrêts obligatoires­.

Fin des panneaux «Cédez le passage» à Granby

Les panneaux « Cédez le passage » se sont multipliés au cours des dernières années dans les nouveaux quartiers de Granby. Mais ils seront tous remplacés au cours de la prochaine année par des panneaux d’arrêts obligatoires.

Un avis de motion a été déposé lors de la dernière séance du conseil municipal pour modifier le règlement sur la circulation à 17 intersections situées dans le secteur des rues Gince, Godue et Dureault, ainsi qu’au nord de la rue Denison Est, entre les rues de l’Iris et Ostiguy.

Mais il ne s’agit là que d’une première phase. À terme, c’est l’ensemble des panneaux « Cédez le passage » qui disparaîtront du paysage granbyen, a souligné mardi le conseiller municipal et président du comité de circulation de la Ville, Robert Riel.

Cette décision affectera une soixantaine d’intersections — environ 140 panneaux — disséminées aux quatre coins du territoire, dont plusieurs se trouvent dans les quartiers plus récents. Les panneaux « Cédez le passage » sont par exemple nombreux dans les Boisés Martel, mais aussi dans le quartier des peintres, dans le secteur de la rue Cyprien St-Pierre.

« C’est prouvé qu’un cédez-le-passage est plus dangereux qu’un arrêt obligatoire. Et on a eu beaucoup de plaintes de citoyens à ce sujet-là. Ça a amené une réflexion. À ce que j’ai entendu dire, d’autres villes vont aussi emboîter le pas dans cette direction-là », affirme Robert Riel.

Visibilité

Selon l’ingénieur de projets au service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville, Martin Cloutier, des plaintes ont été déposées au cours des dernières années pour une cinquantaine de panneaux « Cédez le passage ». « Il y avait peut-être quelques intersections qui étaient plus problématiques, mais on a regardé de façon plus globale la question des cédez-le-passage », explique-t-il.

Selon lui, c’est principalement pour des raisons de visibilité que la Ville a décidé d’opter plutôt pour des arrêts obligatoires. « Il faut comprendre qu’on a besoin de voir les véhicules plus rapidement aux cédez-le-passage parce qu’on n’est pas à l’arrêt. On a regardé les obstacles visuels qu’il pouvait y avoir sur les terrains privés ou même des véhicules stationnés en bordure de rue. Pour une question de sécurité et de visibilité, on a décidé, après étude, de revenir aux arrêts dans la ville », explique Martin Cloutier.

Il en coûtera, selon lui, environ une centaine de dollars par panneau pour l’opération de remplacement, qui se déroulera secteur par secteur. Les premiers quartiers visés sont ceux d’où le plus de plaintes sont issues, notamment dans le voisinage du CHSLD de la rue Godue.

Quelques étapes accompagnent cependant cet exercice. Outre les procédures pour modifier la réglementation, un affichage doit aussi être réalisé au moins un mois à l’avance pour aviser les automobilistes du changement de signalisation à venir. Le remplacement des panneaux, qui doivent être commandés au préalable, doit en outre être inscrit à l’agenda du service des travaux publics, énumère Robert Riel.

L’ensemble des élus s’est montré favorable à cette révision de la signalisation, dit-il.

Robert Riel, conseiller municipal et président du comité de circulation de la Ville de Granby

Deux visions

À une époque, Granby avait la réputation d’être « la ville des stops », rappelle Robert Riel. « Il y en avait partout. Plusieurs stops ont été enlevés par la suite. Puis, on a commencé à mettre des cédez-le-passage », dit-il.

À l’usage, cette signalisation ne s’est toutefois pas révélée populaire, dit-il. Des arrêts obligatoires seront « plus sécuritaires », estime-t-il.

Le président du comité de circulation souligne par ailleurs que des représentants de la Ville de Granby s’étaient rendus à Beaconsfield il y a quelques années pour « prendre le pouls » de cette ville, où environ 25 % des arrêts obligatoires ont été remplacés par des cédez-le-passage en 2011.

Mais visiblement, les conclusions des deux administrations municipales ne sont pas les mêmes. Beaconsfield n’envisage pas de faire marche arrière.

« À l’origine, lorsqu’on a démarré le projet, le fait d’enlever un arrêt pour le remplacer par un “cédez”, ça a suscité des craintes de la part des citoyens. Mais ça fait à peu près huit ans que c’est fait et les gens voient que c’est tout aussi efficace dans certaines circonstances. Il y a des intersections qui méritent l’arrêt, mais d’autres non parce que les volumes de circulation ne justifient pas un arrêt obligatoire en tout temps », affirme André Gervais, chef de section projets à la Ville de Beaconsfield et secrétaire du comité de circulation local.