Des peluches avaient été déposées devant la maison de Granby où la fillette est morte en avril 2019.
Des peluches avaient été déposées devant la maison de Granby où la fillette est morte en avril 2019.

Fillette tuée à Granby: les accusés vont directement à procès

Le père et la belle-mère de la fillette de sept ans tuée à Granby en avril 2019 renoncent à leur enquête préliminaire.

L’homme de 30 ans et sa conjointe de 36 ans, dont les identités ne peuvent être diffusées en vertu d’une ordonnance de non-­publication, en ont fait l’annonce par la voix de leurs avocats respectifs, lundi matin, au palais de justice de Granby.

Des procès séparés devant juge et jury ont aussi été demandés au juge Conrad Chapdelaine, de la Cour du Québec. Mais ceux-ci pourraient « difficilement » se tenir en 2020, a indiqué Me Claude Robitaille, du ministère public, compte tenu de la complexité des causes et des disponibilités des avocats, juges et salles d’audience.

« Il s’agit de deux procès complètement séparés, avec une gestion différente », a dit Me Robitaille.

Au moins six semaines seront réservées pour chaque cause, dont 30 jours uniquement pour présenter la preuve de la poursuite. Plus de 10 témoins sont attendus pour la Couronne, a dit Me Robitaille­ sans en préciser le nombre exact. Il s’agira « essentiellement » des mêmes témoins pour les deux procès.

Celui de la belle-mère de celle qu’on a appelée la fillette martyre de Granby pourrait être entendu en premier puisque, contrairement à son conjoint, elle n’a pas demandé ni obtenu de libération provisoire. « Parfois, les tribunaux favorisent les personnes qui sont détenues », mentionne le procureur.

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Délais

L’abandon de l’enquête préliminaire a permis d’« écourter les délais », a ajouté Me Robitaille.

Cette étape sert à présenter la preuve recueillie contre un accusé à un juge. Au terme de celle-ci, le magistrat doit décider si la preuve est suffisante pour tenir un procès. Il est rare qu’il conclue par la négative.

Pour ce qui est des accusés dans la présente affaire, « les deux parties reconnaissent que la preuve est suffisante pour tenir un procès », a dit Me Robitaille.

Le procureur ne s‘inquiète pas de la difficulté de trouver des jurés impartiaux pour les deux éventuels procès. 

« Il y a eu beaucoup d’autres dossiers extrêmement médiatisés et on n’a pas eu de difficulté à trouver des jurés », a-t-il mentionné.

Me Claude Robitaille représente la poursuite dans le dossier du père de la jeune victime, tandis que Me Laurence Bélanger et Me Émilie Baril-Côté feront de même pour la belle-mère. 

Les défenses sont assurées par Me Martin Latour et Me Marylie Côté pour le père, et Me Michel Marchand pour la belle-mère.

Discrétion

Discret et silencieux, le père de la jeune victime était présent dans la salle d’audience du palais de justice de Granby, lundi, et sa conjointe a comparu du box des accusés. Comme à son habitude, elle a caché son visage avec sa longue chevelure noire bouclée.

Elle fait face à des accusations de meurtre au deuxième degré, séquestration et voies de fait graves, tandis que le père est accusé de négligence criminelle, séquestration, abandon d’enfant et omission de lui avoir fourni les choses nécessaires à la vie.

Leurs dossiers ont été remis au 30 mars, mais pour la forme uniquement. Ils ne seront pas présents à la cour à cette date, mais les parties détermineront la suite des procédures judiciaires.

« C’est pas drôle tout ça », a commenté Liette Laroche, une amie de la mère de la victime, à sa sortie de la salle d’audience.

« J’ai vu toute l’histoire, toutes les photos, et je trouve déplorable que son nom [NDLR : celui de la victime] ne puisse pas être nommé. »

Depuis ce triste événement, la mère de la fillette tuée a obtenu la garde de ses deux autres filles, en plus d’avoir récemment accouché d’une quatrième, a dit Karine Darcy, de l’organisme Aide, conseils et assistance aux familles québécoises.

Le fils qu’elle a eu avec le père de la fillette martyre est pour sa part resté en famille d’accueil.