Une croix a été plantée près de la résidence de Granby où la fillette a trouvé la mort le 29 avril dernier.

Fillette tuée à Granby: le père remis en liberté

La Cour supérieure a accepté, jeudi, de remettre en liberté provisoire le père de la fillette de sept ans tuée des suites d’une possible maltraitance parentale à Granby en avril dernier.

« Le tribunal ne décide pas par sondage. Il ne doit pas rendre de décision populaire, mais juste », a déclaré le juge Gaétan Dumas, de la Cour supérieure, en livrant sa décision en fin de journée.

Il a ajouté que « la confiance du public peut aussi être minée quand un juge ordonne la détention d’un accusé si cette dernière est injustifiée ».

De nouveaux éléments déposés en preuve ont pesé dans la balance et fait en sorte que le juge Dumas a infirmé une décision contraire rendue par la Cour du Québec en juin.

En vertu d’une ordonnance de non-publication, les raisons évoquées par le juge ainsi que le détail des nouvelles preuves ne peuvent être précisées.

Un principe « fondamental »

La juge a également rappelé le principe « fondamental » de la présomption d’innocence au Canada et que garder un accusé en détention en attente de procès doit être l’exception et non la règle.

Le père de la fillette dont la mort avait ému tout le Québec devra cependant observer plusieurs conditions : respecter un couvre-feu, ne venir à Granby que pour le travail, déposer une caution de 500 $ et ne pas quitter la province.

Il lui est également interdit de communiquer avec la coaccusée dans ce dossier, soit la belle-mère de la fillette, et avec son autre enfant sauf sous supervision. Il devra aussi se rapporter au poste de police une fois par semaine et ne pas consommer d’alcool ni de drogue.

« On est déçus, mais on prend la décision du juge avec beaucoup de respect », a commenté Me Claude Robitaille, du bureau de la Couronne, à sa sortie de la salle d’audience.

De son côté, l’avocat de l’accusé, Me Martin Latour, s’est dit « satisfait que la présomption d’innocence ait primé et que la règle de la remise en liberté ait été respectée ».

« Quelqu’un a le droit d’être libéré lorsqu’il est présumé innocent », a-t-il dit. Me Latour a souligné que « la donne avait changé » avec les nouveaux éléments présentés.

Craint-il l’opinion publique ? « Ce n’est pas à moi à répondre à ça, a-t-il indiqué en entrevue. On vit dans un pays de droits et de libertés. J’espère, peut-être naïvement, que les gens vont comprendre le principe de la présomption d’innocence. »

Il a ajouté ne pas craindre pour la sécurité de son client.

« On est déçus, mais on prend la décision du juge avec beaucoup de respect », a commenté Me Claude Robitaille, du bureau de la Couronne.

Plaidoyers

Plus tôt dans la journée, les parties ont plaidé quant au bien-fondé de la requête en révision de détention présentée par la défense.

Me Latour a notamment fait savoir qu’il y aura « une défense pour chaque accusation » portée contre son client.

Pour sa part, Me Robitaille a indiqué que selon la preuve il y avait effectivement eu des comportements « inadéquats et criminels ».

Le père de la fillette est accusé de négligence criminelle, séquestration, abandon d’enfant et omission de fournir les choses nécessaires à sa vie. Quant à la belle-mère, une femme âgée de 35 ans, elle fait face à des accusations de meurtre au 2e degré, de séquestration et de voies de fait graves. Elle n’a pas demandé d’être remise en liberté.

Une seconde ordonnance de non-publication empêche les médias et les citoyens de diffuser le nom de la victime, des accusés et des éventuels témoins, dans le souci de protéger les autres enfants du couple.

Le dossier des deux accusés doit revenir devant la cour le 28 octobre, pour la forme.

L’avocat de l’accusé, Me Martin Latour, s’est dit « satisfait que la présomption d’innocence ait primé et que la règle de la remise en liberté ait été respectée ».