À la défense, Me Rachel Bernatchez a indiqué qu’au moins une journée supplémentaire sera nécessaire afin que sa cliente puisse fournir les garanties nécessaires à son éventuelle remise en liberté.

Fillette tuée à Granby: la belle-mère réclame aussi sa liberté

La belle-mère de la fillette morte en avril à la suite d’une possible maltraitance, à Granby, demande elle aussi d’être remise en liberté pour la suite des procédures judiciaires.

Son dossier est revenu devant le tribunal, lundi, mais en l’absence de l’accusée de 35 ans. 

Pour la défense, Me Rachel Bernatchez­ a demandé que sa cliente subisse son enquête sur remise en liberté en même temps que son conjoint et coaccusé, soit le père de la fillette, âgé de 30 ans.

Cette audience doit se tenir jeudi devant la juge Danielle Côté, de la Cour du Québec, au palais de justice de Granby.

Me Bernatchez a précisé qu’au moins une journée supplémentaire sera nécessaire pour sa cliente puisqu’elle ne peut, pour l’instant, fournir les garanties nécessaires à une éventuelle remise en liberté.

Un montant déposé en caution et l’assurance qu’un accusé respectera ses conditions de remise en liberté sont fréquemment exigés lors d’une telle étape. 

La preuve présentée jeudi sera versée dans les deux dossiers, a indiqué Me Laurence Bélanger du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui s’objecte à ce que le couple recouvre sa liberté.

Mais puisque tout accusé bénéficie de la présomption d’innocence, une remise en liberté provisoire en attendant un procès est la norme, et non l’exception, en droit canadien.

Pas de nouvelles accusations

Aucune nouvelle accusation n’a encore été déposée et le couple fait toujours face à une accusation de séquestration et, dans le cas de la belle-mère, à une accusation supplémentaire de voies de fait graves.

La poursuite attend toujours des rapports d’expertise, notamment d’autopsie. « La SQ fait le maximum pour que ça soit rapidement produit », a dit Me Bélanger. 

La juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, a averti les agents carcéraux de prévoir des effectifs suffisants, jeudi, afin que les accusés puissent comparaître en même temps du box des détenus, mais sans se parler. Une ordonnance du tribunal leur interdit en effet de communiquer ensemble ou avec leurs autres enfants.

C’est d’ailleurs pour protéger l’identité de ceux-ci qu’une autre ordonnance, cette fois-ci de non-­publication, empêche les médias de diffuser les noms des accusés ou de la jeune victime.

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Onde de choc

La mort de la fillette de sept ans avait causé une onde de choc à travers le Québec et braqué les projecteurs sur l’efficacité de la Direction de la protection de la jeunesse. Bien qu’elle était suivie par cet organisme, la jeune victime aurait subi de nombreux sévices avant de trouver la mort.

Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles de l’enfant, tenues le 9 mai à l’église Saint-Eugène de Granby.

Plusieurs enquêtes ont ensuite été ordonnées sur le traitement du dossier de cette enfant, notamment une enquête du coroner et une Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse qui sera présidée par l’ex-syndicaliste Régine Laurent.