Me Claude Robitaille, procureur au dossier du père de la victime et responsable du bureau de la Couronne à Granby, n'a pas caché sa déception.
Me Claude Robitaille, procureur au dossier du père de la victime et responsable du bureau de la Couronne à Granby, n'a pas caché sa déception.

Fillette de Granby : les procès des accusés auront lieu à Trois-Rivières

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Les procès des accusés dans la mort de celle qu’on appelle la fillette de Granby, survenue en avril 2019, auront lieu au palais de justice de Trois-Rivières.

Ainsi en a décidé le juge Charles Ouellet, de la Cour supérieure, lors d’une brève audience tenue jeudi au palais de justice de Granby.

Le magistrat accueille ainsi une requête des avocats des accusés, soit le père et la belle-mère de la victime, qui demandaient à ce que les procès aient lieu ailleurs que dans la ville où les gestes qui leur sont reprochés auraient été commis.

Me Martin Latour et Me Marylie Côté représentent le père, tandis que Me Michel Marchand est l’avocat de la belle-mère.

Les audiences concernant cette requête, ainsi que la requête elle-même, ont fait l’objet d’une ordonnance de non-publication.

Le juge Ouellet n’a pas expliqué les motifs de sa décision, jeudi, précisant que son jugement, hormis sa conclusion, était toujours visé par un interdit de publication. 

Les dossiers ont été renvoyés au 2 novembre devant le juge coordonnateur du district judiciaire de Trois-Rivières, Raymond W. Pronovost, pour déterminer la suite des procédures.

Déception

Interrogé à sa sortie de la salle d’audience, Me Claude Robitaille, procureur au dossier du père de la victime et responsable du bureau de la Couronne à Granby, n’a pas caché sa déception.

La Couronne avait plaidé pour le rejet de la requête de la défense, appelée «changement de venue» dans le jargon juridique.

«J’accueille la décision du juge avec une certaine déception, a-t-il indiqué. Cela va occasionner certains problèmes de déplacement, entre autres pour les témoins. Mais on va s’ajuster.»

Les avocats de la défense ont assisté à l’audience par visioconférence, tout comme l’accusée, toujours détenue. Son conjoint, qui a recouvré sa liberté sous conditions il y a un an, était absent. Ils subiront des procès séparés.

Leur identité, tout comme celle de la jeune victime, est aussi couverte par une ordonnance de non-publication afin de ne pas identifier les autres enfants du couple.

Joint par La Voix de l’Est, Me Michel Marchand n’a pas souhaité commenter la décision du juge «compte tenu de la nature du dossier», a-t-il indiqué. Même réponse du côté de Me Latour et de Me Côté.

Accusations

Au moins six semaines seront réservées pour chaque cause, dont 30 jours pour présenter la preuve de la poursuite. C’est Me Laurence Bélanger et Me Émilie Baril-Côté qui représentent la Couronne dans le dossier de la belle-mère de la victime.

Compte tenu de l’encombrement des palais de justice, il y a peu de chances que les procès se tiennent en 2020, a indiqué Me Robitaille.

Âgé de 31 ans, le père fait face à des accusations de négligence criminelle, de séquestration et d’abandon d’enfant avec omission de lui avoir fourni les choses nécessaires à la vie, tandis que sa conjointe, âgée de 36 ans, doit répondre de meurtre au deuxième degré, de séquestration et de voies de fait graves.

La fillette de sept ans, dont la mort, le 30 avril 2019, avait ému tout le Québec, avait été retrouvée ligotée et bâillonnée. Elle était pourtant suivie par la Direction de la protection de la jeunesse.

Québec a ensuite instauré une commission d’enquête sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse et dont le rapport doit être déposé d’ici décembre.