De gauche à droite, Mariève Pelletier, MAJ Fortier, la directrice Suzanne Morin, Joanne Lapointe et Martin Gendron.

Fil conducteur et diversité au Musée Bruck

La nouvelle programmation 2019 du musée Bruck de Cowansville relève le défi de joindre diversité et traditions au travers de différents médiums allant de la photographie à la sculpture en passant bien sûr par l’art textile, le créneau du musée. Du 31 janvier au 21 décembre 2019, six artistes évoluant dans presque tous les médiums possibles proposeront le fruit de leur processus de création.

Le musée Bruck continue d’explorer la riche histoire de l’industrie textile avec une année sous le thème du « filon ». La thématique fait ainsi suite à celle du « fil » de l’an dernier.

« C’est une façon de continuer à explorer ce créneau et le patrimoine du musée, explique Suzanne Morin en rappelant que le bâtiment a jadis abrité une usine à filer. On essaie de choisir les projets en gardant cela en tête tout en voulant avoir une certaine diversité. C’est une thématique qui nous guide au moment du processus, mais on ne se limite aucunement sur les médiums utilisés. »

Au passage, la directrice du musée se réjouit de la qualité des candidatures reçues qui permettront de continuer à faire rayonner le musée à travers la province.

Expositions

L’artiste peintre et sculpteur MAJ Fortier (Marc-André Fortier) ouvrira le bal artistique avec Être ou ne pas être, une série d’estampes numériques qui sera présentée du 31 janvier au 14 mars. Même si ses créations se veulent résolument modernes et tournées vers l’art numérique, le créateur s’est tout de même inspiré de vêtements de la vie courante pour réaliser certaines de ses œuvres. En plus de ses estampes, il présentera une série de coulages de bronze dont certains ont été réalisés en Chine et inspirés de la pression sociale exercée sur ses citoyens.

Le printemps mettra le textile à l’honneur avec Les saisons du lin de Mylène Boisvert. Du 21 mars au 4 mai, l’artiste dévoilera une collection d’œuvres de papier textiles, dont plusieurs réalisés avec du fil de papier de lin Saint-Armand fabriqué selon la technique japonais Kami-to. Mylène Boisvert s’inspire d’objets anciens provenant du Québec et du Vieux Continent et intègre la peinture à son processus de création.

Le musée Bruck accueillera du 16 mai au 6 juillet les créations de l’artiste multidisciplinaire Mariève Pelletier. La Cowansvilloise de naissance, qui mène une fructueuse carrière en France, pose un regard philosophique sur la photographie. « En utilisant des techniques de transfert d’images datant du 19e siècle, je me questionne à savoir si la photographie doit nécessairement être quelque chose de figé. Certaines de mes œuvres sont au contraire plutôt évolutives », explique-t-elle. Elle utilise par exemple un certain type de tissu pour y transférer devant le public la pigmentation de fleurs. Sans tomber dans la botanique, ses œuvres ont, comme elle, un petit quelque chose de kitsch et de glamour, avoue la jeune femme.

Mouton noir de la programmation, Martin Gendron présentera un travail tout à fait éloigné de l’univers textile. Architecte de formation, il propose plutôt de poser un regard sur la cohabitation entre les humains et les bâtiments patrimoniaux de Venise et de Rome. Avec ses photographies monochromes, il se dit « à la quête de l’esprit du lieu ». Ses photographies seront exposées du 11 juillet au 7 septembre.

La période du 12 septembre au 2 novembre sera réservée à l’exposition collective Tel un filon d’or qui regroupera plusieurs artistes sous cette thématique rattachée aux racines industrielles du développement de Cowansville.

L’année au musée se terminera avec la double exposition de Carole Pilon, sculptrice de verre et de Joanne Lapointe, artiste multidisciplinaire. Mme Pilon s’inspire autant des formes humaines que végétales et s’intéresse au « phénomène d’adaptation des corps et de l’équilibre dans le chaos ».

En parallèle, le musée Bruck propose toujours sa collection axée sur l’histoire du bâtiment au second étage.