Propriétaire du Domaine de Dunham, Claude Girard est, à sa connaissance, le seul producteur commercial de pêches au Québec. « On ne vise pas la rentabilité quand on se lance dans une aventure semblable, précise M. Girard. On veut plutôt offrir, à un prix normal, un produit local différent et dont on peut être fiers. »
Propriétaire du Domaine de Dunham, Claude Girard est, à sa connaissance, le seul producteur commercial de pêches au Québec. « On ne vise pas la rentabilité quand on se lance dans une aventure semblable, précise M. Girard. On veut plutôt offrir, à un prix normal, un produit local différent et dont on peut être fiers. »

Fier producteur de pêches au Québec

Jonathan Gagnon
Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est
Les amateurs de pommes affluent massivement dans les vergers de la province depuis quelques semaines. Ils sont toutefois moins nombreux à savoir que des pêches poussent également dans la région.

« À ma connaissance, il n’y a aucun autre producteur commercial de pêches au Québec », souligne Claude Girard, propriétaire du Domaine de Dunham.

« On est situés au cœur d’un microclimat et on bénéficie des courants d’air du lac Champlain. Il fait plus chaud dans le haut de notre verger, ça nous permet de prendre davantage de risques. Les arbres ont une meilleure chance de survie ici », ajoute-t-il.

L’autocueillette s’est achevée au début du mois, avec la variété « Blazing star », sur le vaste terrain du chemin Godbout.

« On ne vise pas la rentabilité quand on se lance dans une aventure semblable, précise M. Girard. On veut plutôt offrir, à un prix normal, un produit local différent et dont on peut être fiers. »

Ce dernier estime que les consommateurs québécois ont tout intérêt à acheter localement.

« Une pêche cueillie sur l’arbre, ça a une bonne odeur, de la couleur et du goût. Si le fruit doit voyager, par exemple à partir du Mexique, il mûrira en chemin et sa qualité gustative sera assurément affectée. »

Le Domaine de Dunham a néanmoins pu offrir une dizaine de variétés à sa clientèle à partir de la mi-août.

Besoin d’eau

Claude Girard a amorcé ses expériences avec près de 1000 pêchers il y a une douzaine d’années, pour finalement en conserver 160. Le grand patron du Domaine de Dunham indique que la plus récente saison a été « trois fois moins bonne » qu’en 2019, alors que 16 000 livres de pêches avaient été récoltées.

« Cette année, on a vécu une période de sécheresse rarement vue au Québec. Durant deux mois ici, on a eu seulement deux averses, avec des températures qui oscillaient entre 30 et 34°C presque tout le temps », raconte-t-il.

« Les pêchers sont très fragiles et ils ont besoin d’eau. Leur système racinaire n’est pas très profond comparativement à d’autres arbres fruitiers. On a tenté de les arroser manuellement, mais plusieurs pêches n’ont pas atteint une taille suffisante pour la commercialisation. »

« Un trésor entre les mains »

Le Domaine de Dunham a néanmoins pu offrir une dizaine de variétés à sa clientèle à partir de la mi-août.

Malgré les embûches rencontrées, M. Girard n’abandonnera pas cette branche de sitôt. Il compte même planter de nouveaux pêchers et leur donner « encore plus de soin ».

« L’intérêt de la clientèle est très grand. Huit personnes sur dix nous appellent pour savoir quand les pêches seront prêtes. Quand ils repartent avec leurs paniers, c’est comme s’ils avaient un trésor entre les mains. »