Le président et directeur des opérations de Cannara Biotech, Zohar Krivorot, et le maire Patrick Melchior peu après l’acquisition de l’ancienne usine de tapis Beaulieu Canada par l’entreprise spécialisée dans le cannabis, en juin 2018.
Le président et directeur des opérations de Cannara Biotech, Zohar Krivorot, et le maire Patrick Melchior peu après l’acquisition de l’ancienne usine de tapis Beaulieu Canada par l’entreprise spécialisée dans le cannabis, en juin 2018.

Feu vert pour l'usine de cannabis à Farnham

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
Le maire de Farnham voit d’un bon œil le début des opérations de l’usine de cannabis Cannara Biotech, qui vient d’obtenir son permis de Santé Canada pour transformer et vendre du cannabis à des fins médicales. La majorité des Farnhamiens partage aussi son point de vue, avance-t-il.

La visite il y a deux semaines des nouvelles installations de Cannara Biotech dans l’ancienne usine de tapis Beaulieu Canada, qui a fermé ses portes en 2015, laissait croire à Patrick Melchior que le début des activités se ferait dans un avenir rapproché.

En plus de créer des emplois, le démarrage des activités de ce qui devrait être la plus grosse usine du genre au Québec aura des retombées économiques directes et indirectes pour la municipalité, croit le maire.

Cannara Biotech n’en est qu’à la phase 1 du développement des activités, mais l’ouverture devrait déjà permettre l’embauche d’une centaine de personnes à Farnham au cours des prochaines semaines.

À terme, les investissements de plus de 100 millions de dollars devraient permettre de créer au total 300 emplois.

Dès les premières rencontres entre les responsables de Cannara Biotech et la municipalité, les échanges ont été très constructifs. « Ils se sont montrés très réceptifs à faire partie de la belle famille de Farnham et ce sont de très bons citoyens corporatifs, ils s’impliquent à tous les niveaux lorsqu’on a des demandes », assure le maire qui est convaincu que cette collaboration sera un gage de succès.

Changement de mentalité

«Toute notre planification vise à produire pour le marché récréatif. Notre première intention, c’est de commencer à négocier avec la Société québécoise du cannabis (SQDC) parce que c’est le premier client avec qui l’ont veut faire affaire», a déclaré à La Presse canadienne le chef des opérations au Canada de Cannara Biotech, Barry Laxer, qui espère déposer sa demande de permis pour le marché récréatif d’ici quatre à cinq mois.

Le président et directeur des opérations de Cannara Biotech, Zohar Krivorot, et le maire Patrick Melchior peu après l’acquisition de l’ancienne usine de tapis Beaulieu Canada par l’entreprise spécialisée dans le cannabis, en juin 2018.

Avant d’être maire, Patrick Melchior a travaillé durant plus de deux décennies comme intervenant psychosocial et en toxicomanie. Au départ, l’idée qu’une usine de cannabis vienne s’installer dans sa municipalité ne l’enchantait guère.

« Ceci étant dit, je crois qu’il faut faire la part des choses : c’est rendu légal. On sait qu’ils vont commencer avec la production de cannabis pharmaceutique, mais on est conscient qu’ils vont aller vers le récréatif. Je préfère qu’il y ait quelque chose d’encadré avec la SQDC plutôt que quelque chose d’illégal qui favorise la vente sur le marché noir », explique le maire, qui se réjouit aujourd’hui de cette nouvelle.

Les échos qu’il a reçus de sa population vont dans la même direction. « Une très grande partie de la population voit l’arrivée de Cannara d’un très bon œil. Les gens sont vraiment contents et ils croient que ce sera bon pour l’économie farnhamienne », assure le maire, rappelant que la fermeture de la grande usine de tapis Beaulieu Canada, s’étalant sur 625 000 pieds carrés, avait été un « dur coup pour Farnham ».

« Vers un beau renouveau »

« Nous sommes dans une belle position depuis quelques années : notre indice de vitalité économique s’est amélioré pour nous faire passer du 382e rang (en 2002) au 330e rang des municipalités québécoises. Cannara, ça s’inscrit dans cette mouvance-là pour Farnham », affirme le maire.

Pour poursuivre sur cette lancée, la municipalité compte créer un poste de commissaire au développement économique. Le maire espère que le poste sera pourvu d’ici la fin du mois de février.

Il reconnaît que le centre-ville est aux prises avec des problèmes commerciaux. Le premier mandat du commissaire sera de « remplir les locaux, avec une vision du développement de Farnham qui se veut bucolique », affirme le maire.

« On avance vers un beau renouveau », assure Patrick Melchior.

— Avec Marie-Ève Martel et La Presse canadienne