«Le point majeur, c’est qu’on cherche à densifier», dit le maire Pascal Bonin.
«Le point majeur, c’est qu’on cherche à densifier», dit le maire Pascal Bonin.

Feu vert à un important projet d’expansion du Faubourg Champêtre

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le Faubourg Champêtre à Granby pourra aller de l’avant avec un important projet d’expansion qui vise la construction d’un nouvel immeuble pour aînés pouvant accueillir jusqu’à 199 logements et 100 chambres. Privilégiant la densification, les élus ont donné leur aval. Mais des résidants du secteur sont inquiets.

«On appelle ça une dérogation mineure, mais ça ne m’apparaît pas mineur du tout», a laissé tomber le Granbyen et ex-conseiller municipal Jean-Claude Duchesneau, à l’occasion d’une séance extraordinaire du conseil tenue lundi soir.

C’est également la conclusion à laquelle est arrivé le comité consultatif d’urbanisme (CCU), qui a émis une recommandation défavorable au projet, alors que le dossier a été traité dans le cadre d’une demande de dérogation mineure.

«La dérogation n’est pas jugée mineure» et «l’application de la réglementation ne cause pas de préjudice sérieux au requérant, car il peut tout de même ajouter plusieurs logements sur la propriété», ont fait valoir les membres du CCU de façon unanime.

Sans dérogation mineure, les promoteurs du Faubourg Champêtre, parmi lesquels figure l’architecte Denis Favreau, auraient pu construire 72 logements. Leur demande visait à augmenter ce nombre à 199. «La différence est énorme», a repris M. Duchesneau, qui habite à proximité sur la rue MacDonald.

«Le point majeur, c’est qu’on cherche à densifier. (...) C’est la philosophie du conseil de maximiser quand on peut maximiser», a fait valoir le maire, Pascal Bonin, tout en soulignant que le conseil n’est pas tenu de suivre les recommandations du CCU.

«On appelle ça une dérogation mineure, mais ça ne m’apparaît pas mineur du tout», a laissé tomber le Granbyen et ex-conseiller municipal, Jean-Claude Duchesneau.

Densifier

Le Faubourg Champêtre compte déjà deux immeubles qui totalisent 82 logements. Avec le troisième immeuble envisagé, également de quatre étages, le site accueillerait ainsi 281 logements.

«Il est à noter que le projet de 281 logements présenté est conforme à la réglementation en matière d’implantation, d’occupation du sol et d’aménagement de cases de stationnement. Seul le ratio logement par terrain est dérogatoire», est-il précisé dans le sommaire décisionnel remis aux élus, dont les médias ont obtenu copie.

«Il ( le promoteur) avait le droit à quatre étages et il avait le droit de construire. La seule différence dans ce dossier-là, c’est la densification intérieure, le nombre de chambres permises», précise le maire Bonin.

«Dans le grand balancier de la décision, les impacts positifs sont plus pesants que les impacts négatifs. Je ne nie pas qu’il y a des impacts négatifs. Mais ils sont moins importants que les bénéfices qu’on peut en retirer comme communauté», croit-il.

Selon le maire, la rue Denison Ouest est une artère majeure de la Ville et elle peut accueillir ce type de projet.

Certains citoyens du secteur ont cependant exprimé des craintes face à l’augmentation de la circulation que ces nouveaux logements ne manqueront pas de susciter.

L’exemple du Réseau Sélection, construit il y a quelques années dans le secteur de la rue Saint-Charles, est néanmoins pertinent, estime Pascal Bonin, car il n’a pas occasionné de problème de circulation.

Le Faubourg Champêtre à Granby pourra aller de l’avant avec un important projet d’expansion qui vise la construction d’un nouvel immeuble pour aînés pouvant accueillir jusqu’à 199 logements et 100 chambres.

Pas tout de suite

La construction ne démarrera pas à court terme, précise le maire. Les plans finaux n’ont pas encore été approuvés.

L’investissement n’est pas dévoilé, mais il sera important. Le projet en est un d’envergure en cette période de pandémie, calcule Pascal Bonin.

Un résidant de la rue Denison, qui habite en face du Faubourg Champêtre, a toutefois dit croire «plus ou moins à la densification». Il s’est aussi désolé que la décision ait été prise par les élus avant que le voisinage puisse s’exprimer sur la question. «Comme citoyen, je me sens mis de côté», a-t-il déploré.

Le maire a cependant fait valoir que le dossier a été étudié en profondeur par les élus et qu’il s’inscrit dans la foulée de la planification stratégique de la Ville, qui souhaite protéger les espaces naturels en contrant l’étalement urbain.