Actuellement, de 7000 à 8000 pieds carrés des entrepôts sont remplis de différents articles — vêtements, livres, vaisselle, articles de sports, etc.

Fermeture temporaire du centre de réception de SOS Dépannage

La générosité des Granbyens n’est plus à prouver ; SOS Dépannage peut en témoigner. Mais cette générosité a des effets insoupçonnés : l’organisme croule sous une montagne d’articles, souvent en mauvais état, à traiter. Si bien qu’il doit se résoudre à fermer durant un mois son centre de réception de matériel. Une première.

« Le magasin général reste ouvert, mais on va fermer la réception de matériel du 13 juillet au 11 août inclusivement. Les gens ne pourront plus apporter leurs biens chez SOS. On demande aussi aux gens de ne rien déposer dans la cour. On ne peut rien recevoir durant cette période-là », a annoncé lundi le président du conseil d’administration de l’organisme, Sylvain Larivière.

« Il faut qu’on essaie de reprendre le dessus », a ajouté du même souffle le fondateur et directeur général de SOS Dépannage Moisson Granby, Norman Dunn.

Actuellement, de 7000 à 8000 pieds carrés des entrepôts sont remplis de différents articles — vêtements, livres, vaisselle, articles de sports, etc. — susceptibles de profiter d’une deuxième vie en étant mis en vente au magasin général de l’organisme, dont les profits sont réinvestis dans la banque alimentaire et les services offerts par SOS Dépannage.

Mais comme chacun des articles doit être examiné et trié, la tâche est devenue trop imposante pour l’équipe et les bénévoles de l’organisme. La quantité de biens offerts à traiter n’a cessé de s’accumuler au cours des deux dernières années. Et elle explose littéralement aux lendemains des ventes de garage mensuelles permises à Granby, alors que les articles invendus déposés au centre de réception de l’organisme se multiplient.

Éric Vachon, Sylvain Larivière et Norman Dunn posent à l’avant des nombreuses boîtes de vêtements offerts à trier. Seul le tiers de ceux-ci est d’assez bonne qualité pour être vendu au magasin général de l’organisme.

Solution ultime

C’est ainsi par manque d’espace et de personnel que SOS Dépannage a dû se résoudre à fermer durant un mois son centre de réception de matériel, fait valoir Norman Dunn. Juste avant les ventes de garage de ce week-end.

« On a essayé différentes choses avant de se rendre là. [...] Mais on est obligé de faire ça parce que ça a aussi un impact sur notre équipe, sur nos employés. On a eu des démissions, des gens qui ne voulaient plus travailler dans ces départements-là. Ça les a découragés de voir que les gestes qu’ils posaient dans une journée ne paraissaient pas. On a aussi perdu des bénévoles. Il y a eu des accidents, des burn-out. Et avec le plein emploi, c’est encore plus difficile de trouver des manutentionnaires. Il y a plusieurs postes d’ouverts », souligne M. Dunn, qui espère que la population sera compréhensive dans les circonstances.

Cela a même des répercussions sur les espaces dédiés à la banque alimentaire, alors que des boîtes de marchandises à trier y sont aussi entreposées.

Tout serait plus simple, relève le porte-parole de l’organisme, Éric Vachon, si un meilleur tri était effectué par les citoyens avant de déposer leurs articles. D’autant plus que SOS Dépannage n’effectue pas de réparations. « On s’est rendu là grâce aux citoyens, mais la meilleure façon de nous aider, c’est de faire un meilleur tri », dit-il.

Impossibles à vendre

Le président du conseil d’administration, Sylvain Larivière, affirme que 70 % de la marchandise dans les entrepôts ne peut être vendue et sera vraisemblablement rejetée, envoyée au recyclage ou à l’écocentre. Cette manutention entraîne des coûts annuels de plus de 200 000 $, dit-il.

Les vêtements, en particulier, représentent une quantité très importante de dons. Mais seuls un peu plus de 30 % de ceux-ci prennent le chemin du magasin général pour y être mis en vente. Le reste est acheminé à un acheteur de fibres d’Anjou. Mais les revenus engendrés ne couvrent pratiquement pas les coûts de manutention, affirme M. Larivière.

Selon lui, une remorque de 53 pieds de fibres et vêtements (tachés ou endommagés) de toutes sortes est remplie à chaque 10 jours environ.

Les citoyens sont ainsi invités à se poser quelques questions avant de déposer du matériel à l’organisme. Est-ce que les vêtements ou la literie sont tachés ou déchirés ? Manque-t-il un bouton ? La fermeture éclair est-elle défectueuse ?

Les divans ou matelas sont-ils tachés, déchirés, usés ou défoncés ? Les meubles de mélamine sont-ils jaunis ou défraîchis ? Ont-ils besoin de réparations ? Les articles de sport sont-ils rouillés, désuets ou défectueux ? Les jeux sont-ils incomplets ? Les toutous sont-ils tachés ou sales ?

« Si vous répondez oui à une de ces questions, nous ne serons pas en mesure de le vendre [l’objet] et votre bonne action exigera une dépense supplémentaire en argent et en effort », fait valoir SOS Dépannage dans une publication préparée pour expliquer les raisons de la fermeture momentanée du centre de réception de matériel.

La situation n’est pas unique à Granby. Aussi aux prises avec une problématique de qualité des objets offerts, l’organisme Estrie Aide à Sherbrooke a dû se résoudre à fermer ses portes quelques jours durant la période des déménagements.

Le préfet de la MRC de La Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, a affirmé lundi que les écocentres de Granby et Waterloo seront prêts à « prendre la relève » durant la période où il sera impossible de laisser du matériel chez SOS Dépannage. Il affirme d’ailleurs que les écocentres devraient être une solution qui s’impose d’emblée aux citoyens afin qu’ils disposent de certains meubles, vêtements ou autres articles.