Un bilan de l'état de l'aréna Guy-Nadeau réalisé par un ingénieur conclut que des travaux d'allègement de la structure, qui consisteraient à supprimer des murs de maçonnerie au premier étage du bâtiment, doivent être faits préalablement à la réouverture de l'aréna.

Fermeture définitive de l'aréna de Saint-Césaire

La fermeture temporaire de l'aréna Guy-Nadeau de Saint-Césaire devient définitive. Sa démolition est même envisagée. Compte tenu de l'état désuet du bâtiment, la municipalité n'investira plus dans le bâtiment, mais se concentrera sur la construction d'une nouvelle infrastructure.
Rappelons que le 13 juillet dernier, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) avait ordonné la fermeture jusqu'à nouvel ordre du bâtiment à la suite d'une inspection. Construit en 1973, il atteignait sa fin de vie utile.
Un bilan de l'état de l'édifice réalisé ensuite par un ingénieur a conclu que des travaux d'allègement de la structure, qui consisteraient à supprimer des murs de maçonnerie au premier étage du bâtiment, devraient être faits pour permettre la réouverture de l'aréna. 
Face à cette dépense imprévue et estimée à un montant se situant entre 100 000 $ et 150 000 $, mais aussi à la longue liste de travaux nécessaires pour assurer la pérennité du bâtiment - notamment le pieutage de la fondation et le remplacement du système de réfrigération -, le conseil municipal a choisi jeudi de ne pas aller de l'avant.
« La situation exigeait trop de travaux pour une réouverture, a indiqué le maire de Saint-Césaire, Guy Benjamin, lors d'un entretien téléphonique avec La Voix de l'Est. Un moment donné, il faut que ça arrête. On préfère investir nos énergies pour la construction d'un nouvel aréna. »
Manque de temps 
La démolition du bâtiment est même dans les cartons. « On garderait le garage municipal et le gym, mais c'est quelque chose sur quoi le conseil va se pencher. On va aller en appel d'offres éventuellement pour savoir combien ça nous coûterait et on va voir, peut-être cet hiver, selon notre budget. »
La situation désole d'autant plus le maire que des travaux de rénovation avaient cours à l'aréna. « On était en train de faire les travaux dans la chambre des joueurs, on avait décontaminé, on avait fait des travaux de peinture et remplacé­ les toilettes », énumère-t-il. 
« On est déçus, on est attristés de tout ça, renchérit M. Benjamin. On n'avait pas d'autre choix, car ça faisait trop longtemps que l'aréna était sur le respirateur artificiel. On espérait avoir une réponse à nos demandes de subvention avant de se rendre jusque-là. »
Saison d'automne compromise
Les activités prévues à l'aréna pour la session d'automne sont donc compromises, à l'exception de celles du Gym Énergie Plus, qui ne seront pas interrompues. L'entreprise opère en effet dans une partie plus récente du bâtiment ayant été construite sur une fondation­ avec pieux.
Actuellement, près de 1000 personnes utilisent régulièrement l'aréna à travers diverses associations sportives, dont le Club de patinage artistique de Saint-Césaire, l'Association de hockey­ mineur de la Montérégie et plusieurs ligues de hockey pour adultes. À cela s'ajoutent quelque 500 autres usagers profitant d'ententes­ intermunicipales.
Ces regroupements d'usagers ont été rencontrés afin de les informer de la situation et de répondre à leurs interrogations. La priorité de Saint-Césaire est de les aider à trouver du temps de glace dans les municipalités limitrophes pour qu'ils soient moins pénalisés par la fermeture, souligne le maire. « Il y a des pourparlers en cours avec les municipalités autour pour qu'elles acceptent nos gens chez eux. On a une belle collaboration », indique M. Benjamin.
Un aréna neuf si...
Malgré sa décision de ne plus investir dans l'infrastructure, Saint-Césaire ne met pas la hache dans son intention de conserver un aréna. En janvier, la Ville avait retenu les services de Groupe Leclerc pour réaliser une étude de vétusté. Elle espérait voir son projet de rénovation de l'infrastructure évalué à 8,3 millions $ financé par Québec via le programme Fonds Chantiers Canada-­Québec, volet Fonds des petites collectivités (FPC).
Or, évoquant un manque de subsides, Québec n'avait pas retenu la proposition déposée ce printemps par Saint-Césaire, qui compte revenir à la charge avec une nouvelle demande, cette fois-ci pour un aréna neuf.
« C'est évident que le projet est (conditionnel) à une subvention, sinon ce sera impossible pour nous d'assumer les coûts de construction », nuance le maire Benjamin, qui tentera d'aller chercher l'appui des autres maires de la MRC de Rouville. 
« On va s'asseoir avec eux pour voir jusqu'où on peut aller. On va aussi redoubler d'ardeur pour trouver des commanditaires qui pourraient­ contribuer à la relance. »
« Peut-être que ce qui arrive va permettre enfin au dossier d'avancer­ », ajoute-t-il.
Le préfet de la MRC de Rouville et maire de Richelieu Jacques Ladouceur
«Une infrastructure qui rayonne dans la région»
Le préfet de la MRC de Rouville, Jacques Ladouceur, n'est pas surpris par la tournure des événements entourant l'aréna Guy-Nadeau. 
« Je m'y attendais, a-t-il confié à La Voix de l'Est. Au lieu d'investir et d'investir pour maintenir une structure (en fin de vie), c'était une décision qu'il fallait prendre. »
M. Ladouceur compte rencontrer le maire Benjamin afin de déterminer les différentes possibilités pour assurer l'avenir d'une infrastructure sportive intermunicipale à Saint-Césaire. « Est-ce d'un aréna dont on a réellement besoin, ou bien ce pourrait être un autre type d'installation qui deviendrait complémentaire­ à l'offre existante ? »
Le maire de Richelieu abonde toutefois dans le sens de son homologue césairois, en ce sens où le bâtiment doit être perçu comme un bien régional et non comme la propriété voire la responsabilité, d'une seule municipalité. 
« Pour moi, l'aréna est une infrastructure qui rayonne dans la région et les villes voisines, affirme M. Ladouceur. Il faudra que le conseil des maires discute ensemble des solutions. »
« Souvent, et malheureusement, c'est quand ils perdent une infrastructure que les gens se rendent compte de son importance. Il faut prendre le temps de se demander quelles seraient les conséquences si la région n'avait plus d'aréna Guy-Nadeau », ajoute le préfet.
Il admet que la discussion, qui pourrait avoir lieu en août ou en septembre, sera corsée. Obtenir l'appui des maires dans le financement d'une nouvelle infrastructure ne sera pas chose facile.
Déjà, à l'automne 2015, Rougemont­, Ange-Gardien et Saint-Paul-d'Abbotsford, dont les citoyens utilisent l'aréna Guy-Nadeau grâce à des ententes intermunicipales, avaient refusé de s'engager financièrement dans un projet de construire un nouvel aréna de 7,2 millions $, amorti sur 25 ans et financé à 50 % par le gouvernement­ provincial.
Ce projet était le fruit d'une étude sur la construction et l'exploitation d'une nouvelle infrastructure régionale commandée par les quatre municipalités, que celles-ci avaient financée au prorata de leur population l'hiver précédent. Selon la proposition, Saint-Césaire aurait eu à assumer 74 % des coûts liés aux immobilisations et à l'exploitation, soit 294 853 $ annuellement, pendant 10 ans. Les quotes-parts annuelles estimées pour Rougemont, Ange-Gardien et Saint-Paul-d'Abbotsford pour la même période auraient été respectivement de 32 349 $, 34 955 $ et 36 293 $.