Président du complexe Interplus, Pierre Forand a dû suspendre les activités sportives et d’entraînement à compter de 16 h dimanche.
Président du complexe Interplus, Pierre Forand a dû suspendre les activités sportives et d’entraînement à compter de 16 h dimanche.

Fermeture de lieux publics: des commerçants déçus, mais compréhensifs

La fermeture de nombreux lieux publics ordonnée par le gouvernement Legault a pris plusieurs commerçants de court dimanche après-midi. Si plusieurs craignent les impacts économiques qu’elle pourrait occasionner, les propriétaires sondés par La Voix de l’Est reconnaissent néanmoins la pertinence de cette nouvelle mesure.

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Afin de réduire les risques de transmission du coronavirus, les bars, les cinémas, les centres d’entraînement et les stations de ski devront fermer leurs portes jusqu’au 30 mars prochain, au plus tôt.

Copropriétaire du Dooly’s de Granby, Christian Roy a longuement discuté avec des dirigeants de la chaîne dans les heures qui ont suivi l’annonce gouvernementale.

« La situation est complexe de notre côté puisque nous sommes à la fois un restaurant, un bar et un centre de divertissement. Mais dans le doute, on va suivre les consignes du premier ministre, jouer de prudence et fermer nous aussi », a-t-il expliqué. M. Roy estime que les contrecoups seront à la fois économiques et humains.

« Je viens de rencontrer certains employés. Le moral est bas, mais on va soutenir notre équipe dans cette épreuve », a-t-il assuré.

Plusieurs bars de Granby servaient toujours leurs clients en milieu d’après-midi. Le serveur en fonction à la microbrasserie Le Grimoire, qui propose aussi de la nourriture, attendait des directives claires de ses supérieurs.

Les dirigeants du Cinéma Princess n’ont quant à eux pas tardé à réagir. Aux alentours de 14 h, un message était déjà publié sur le site web du commerce cowansvillois, annonçant la fermeture « jusqu’à nouvel ordre ».

« Ce sont des directives gouvernementales, de la santé publique. On acquiesce sans résistance. [...] La difficulté, c’est que la situation change très rapidement », a commenté le propriétaire du Cinéma Princess, Yvan Fournier.

M. Fournier s’attend aussi à des impacts considérables, mais il assure que la survie de son commerce n’est pas menacée.

Les locaux du Dooly’s de Granby demeureront vides pour une durée indéterminée.

« Un mal nécessaire »

Président du complexe Interplus, Pierre Forand avait prévu une série de mesures autres que la fermeture. Dimanche, il a toutefois dû s’y résoudre. Les activités sportives et d’entraînement du centre de la rue Dufferin, à Granby, ont été suspendues à compter de 16 h.

« Nous sommes un bon citoyen corporatif, on comprend l’objectif d’aplanir la courbe [de transmission du coronavirus] », a affirmé M. Forand.

Ce dernier estime toutefois que les risques n’étaient pas excessifs au sein d’un établissement comme l’Interplus.

« Il n’y a rien de drôle dans cette situation. À cette période-ci, ce n’est pas tout le monde qui sort bouger à l’extérieur. C’est dommage de fermer, mais c’est un mal nécessaire. »

Les stations de ski sont aussi visées par les directives gouvernementales.

« C’est décevant pour nos clients, puisque la saison se termine peut-être plus rapidement que prévu. D’un autre côté, en tant qu’entreprise, on estime que c’est la bonne décision dans les circonstances », a fait valoir Marc-André Meunier, directeur marketing et communications chez Bromont, montagne d’expériences.

Les dirigeants de la station espèrent relancer les activités le mois prochain, si les conditions météo et la main-d’œuvre le permettent. Même son de cloche du côté de Mont Sutton.

En vertu de l’annonce effectuée par le premier ministre François Legault, les restaurants peuvent rester ouverts, mais doivent réduire leur capacité d’accueil de moitié.

Certains propriétaires n’ont d’autres choix que de s’adapter. Ceux des restaurants C’est Belge ont temporairement fermé la succursale de la rue Robinson.

« On veut rassembler notre clientèle au même endroit. Forcément, il y a moins d’achalandage. Pour nous, garder deux restaurants ouverts, ce n’était pas vraiment viable », a expliqué Joffré Bousquet.