Andrew Steve Marchionni a plaidé coupable à neuf accusations de fraude, lundi.

Faux médecin: «C'était un beau parleur»

«C'est plate, ça avait l'air d'un bon gars. Mais on s'est fait avoir.»
Comme la dizaine de victimes d'Andrew Steve Marchionni qui se sont exprimées en cour, lundi, Jean-François Martin a fait état de l'habileté avec laquelle l'accusé les a arnaqués. Tous avaient un problème de santé et c'est en leur promettant de faire avancer leur dossier médical que l'homme de 62 ans de Bromont leur a soutiré plusieurs milliers de dollars en 2014 et 2015.
Sans être médecin, M. Marchionni était «un beau parleur» qui paraissait bien et utilisait toutes sortes d'astuces pour établir des liens de confiance. «Il pouvait arriver chez nous avec une petite sauce à spaghetti..., a dit M. Martin. Il était comme mon père, mais c'était de la manipulation. Il sait passer par le bon chemin.»
Coupable
L'accusé demandait fréquemment 2500 $ pour l'ouverture d'un dossier, puis d'autres montants pour des expertises qui n'avaient pas lieu. En tout, il aurait volé près de 60 000 $ à ses victimes; le montant exact est contesté. M. Marchionni a néanmoins plaidé coupable à neuf accusations de fraude, lundi, au palais de justice de Granby. Il est détenu depuis son arrestation il y a 11 mois.
Du box des accusés, il a offert de présenter ses excuses à chaque plaignant après leurs témoignages, mais la plupart ont refusé. «En toute sincérité, je m'excuse de tous les inconvénients que je t'ai causés, a-t-il déclaré à Johanne Demers. Je veux te rembourser.»
Mme Demers n'a pas semblé émue par ce repentir. Quelques minutes plus tôt, elle a expliqué comment l'homme qu'elle appelait «docteur Andrew» lui avait volé 4500 $ alors qu'elle souffrait d'une hernie cervicale. «J'étais maganée et il en a profité pour me dire qu'il pouvait m'aider. Il se disait neurologue et qu'il fallait qu'il paie des gens à Québec pour que mon dossier aille au-dessus de la pile.»
«Il me parlait de gens que je connaissais, je lui faisais confiance, a-t-elle ajouté. C'est un voleur professionnel et il va faire ça toute sa vie. Il s'en prend à des bonnes personnes qui ont besoin d'aide.»
Dettes
René Brodeur, qui souffre d'une incapacité à la main droite, s'est aussi fait dire que ses réclamations pouvaient être accélérées. Puis, il s'est mis à avoir des doutes. Après vérification, il a réalisé qu'aucun dossier n'avait été ouvert à son nom, bien qu'il ait déjà donné 2500 $ à M. Marchionni.
À bout de ressources, il a dû vendre certains de ses terrains pour vivre. «Avant, je ne m'endettais pas, a dit M. Brodeur. Là, mes paiements ont monté.» Il ne comprend pas comment il a pu se faire embobiner. «D'habitude, je suis plus vigilant. C'était un beau parleur.»
Jules Dépôt, de son côté, a dû fermer son entreprise. L'accusé se serait aussi approprié une invention de son cru en la faisant breveter à son nom. Il demandait aussi des acomptes sur des voitures usagées qu'il ne fournissait pas et omettait de payer son loyer. 
«C'est quand même bête, a dit M. Dépôt. On ne souhaite ça à personne.»
Par le passé, Andrew Steve Marchionni- a purgé trois peines de prison, dont une à domicile, pour des crimes similaires. Il s'expose à une peine d'emprisonnement maximale de 14 ans et devra revenir devant la cour pour le prononcé de sa sentence.