La directrice générale de l’AGDIA, Diane Dumont, travaille de longue date sur le projet du nouveau programme de formations et d’ateliers.
La directrice générale de l’AGDIA, Diane Dumont, travaille de longue date sur le projet du nouveau programme de formations et d’ateliers.

Faire tomber les barrières à l’emploi

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Les défis sont nombreux pour les jeunes chercheurs d’emploi vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. Un tout nouveau programme de formations et d’ateliers préparatoires vient d’être lancé pour aider cette clientèle à surmonter les multiples obstacles qui jalonnent leur parcours.

Pour l’Association Granby pour la déficience intellectuelle et l’autisme (AGDIA), c’est l’aboutissement de plusieurs années d’efforts pour mieux encadrer les jeunes vivant avec une déficience intellectuelle légère et un trouble du spectre de l’autisme.

«Souvent, les jeunes finissent l’école et tentent de se trouver un emploi, mais ils n’ont pas tous les outils nécessaires. Dans certains cas, ils manquent de maturité. Cela fait en sorte qu’ils vivent des échecs. Ils reviennent à la maison, perdent leurs acquis et restent finalement sur l’aide sociale toute leur vie. On a enfin la chance d’avoir un programme pour faire le pont entre la fin des études et le marché du travail», a indiqué en entrevue la directrice générale de l’AGDIA, Diane Dumont.

Le programme s’adresse aux jeunes de 15 à 30 ans ayant des contraintes sévères à l’emploi. Dix personnes peuvent intégrer les formations en ce moment. La capacité d’accueil sera bonifiée de six individus dès janvier prochain. L’objectif est de permettre à «au moins 10 jeunes» de se trouver un emploi d’ici la fin de 2020.

Outre les aptitudes des participants à devenir plus tolérants et organisés, l’initiative a également pour but leur mise en forme. Parmi les cours proposés, notons le karaté, le yoga, la danse (style Zumba) et la marche. La diminution de l’anxiété, répandue chez les autistes, est aussi un point fort du programme, a mentionné Mme Dumont.

«Ces jeunes ne saisissent pas toujours l’importance d’être assidu au travail, de se présenter avec un lunch, habillés convenablement. C’est important de leur donner des trucs, non seulement pour avoir un emploi, mais aussi pour le maintenir.»

Ian Savage et Sabrina Tchadej ont récemment intégré le programme.

«Passionnés par notre réussite»

Ian Savage a récemment intégré le nouveau programme de l’AGDIA. Ses appréhensions ont vite fait place à l’enthousiasme. «J’aime beaucoup l’énergie que les animateurs apportent, a confié le jeune homme de 19 ans. Ils sont vraiment là pour nous aider. Ils sont passionnés par notre réussite.»

Il est conscient que plusieurs défis l’attendent. «Je veux travailler sur mon organisation et mon autonomie. Ça s’applique à plusieurs domaines», a-t-il dit. En fait, Ian hésite entre un retour aux études ou se trouver rapidement un emploi. Chose certaine, il dit avoir un «grand intérêt pour aider les autres.»

Outre les nombreuses connaissances acquises au cours des derniers jours, le programme lui a «apporté des liens d’amitié puissants.»

Une de ses amies, Sabrina Tchadej, a déjà une bonne idée du type de boulot qu’elle désire. «Je veux découvrir un vrai travail, a fait valoir la jeune femme de 22 ans. J’aimerais faire du service aux tables dans une résidence pour personnes âgées ou le service à la clientèle dans les épiceries.»

Ce qui l’interpelle par-dessus tout, c’est le «contact avec les autres». «J’aime vraiment ce que j’apprends ici. Je sens que ça va m’aider pour l’avenir.»

Aide de Québec et d’Ottawa

L’initiative granbyenne est issue d’un appel de projets dans le cadre du programme Jeunes en mouvement vers l’emploi. Des subventions totalisant 624 935$ ont été accordées par Québec, via le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et du fédéral, par le biais du ministère de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et de l’Inclusion des personnes handicapées. Le projet est assorti d’une entente renouvelable de deux ans.

Trois partenaires veilleront au volet de l’intégration en emploi : le Carrefour Jeunesse Emploi des Cantons de l’Est, le Service d’aide à l’emploi et de placement de la Montérégie (SDEM SEMO) et le bureau de Services Québec de Granby.

Le programme offrira «un lieu intermédiaire stimulant et propice au développement de compétences et d’aptitudes pour occuper un emploi dans les secteurs manufacturier et agroalimentaire, dans le service à la clientèle, en agriculture et dans l’entretien.» Les participants touchent une allocation (salaire minimum) pour un maximum hebdomadaire de 35 heures.