Une épidémie de toux de chenil s'en prend aux chiens de la région. La forte contagion est due aux nombreux contacts entre chiens lors de cette saison estivale, notamment en pension et dans les parcs canins.

Explosion du nombre de cas de toux du chenil

Une épidémie de toux du chenil fait actuellement rage à Granby. Nombreux sont les chiens qui se présentent toussotant, la queue entre les jambes, aux différentes cliniques vétérinaires de la Ville. Certaines vétérinaires parlent de trois fois plus de cas que d'ordinaire, d'autres de beaucoup plus. Et si votre compagnon à quatre pattes est vacciné, cela ne le met pas complètement à l'abri : la souche du virus est encore inconnue.
« Depuis environ deux mois, on voit beaucoup plus de cas », débute Dre Julie Lavigne, vétérinaire à la Clinique vétérinaire de Granby. « Habituellement, on en voit un ou deux par mois. Ces temps-ci, on parle d'un ou deux par jour ».
De son côté, Dre Valérie Dessureault confirme aussi qu'il y a plus de cas qu'à l'habitude. « Ça a facilement triplé », mentionne-t-elle. 
Les propriétaires remarquent que leurs chiens ne vont pas bien. Qu'ils toussent et parfois, qu'ils vomissent. Ils viennent alors consulter en clinique. « Ce qui est drôle, c'est que les gens croient souvent que leur chien a quelque chose de pris dans la gorge », fait savoir Dre Dessureault. 
Or, il s'agit d'une toux sèche, symptôme de la toux de chenil. Sa souche étant encore inconnue, les chiens vaccinés peuvent aussi contracter le virus ou la bactérie qui circule dans la région. « C'est une souche qui n'existe pas dans nos vaccins actuels », souligne Dre Lavigne. « Donc vacciné ou pas, le risque est là, surtout si on envoie notre animal dans les parcs ou en pension ces temps-ci ».
Dre Louise Dubois, de l'Hôpital Vétérinaire Dufferin, souligne toutefois que les chiens étant vaccinés combattent plus facilement la toux de chenil, même si la souche est différente. « Ils vont être capables de s'en débarrasser sans médication », dit-elle. « Ils ont une meilleure immunité. Ils ont déjà une production d'anticorps ».
La faute aux vacances
« Ces temps-ci, il y a beaucoup de gens qui partent en vacances », explique Dre Lavigne. Plusieurs n'emmènent pas leur chien, le faisant plutôt garder, la plupart du temps par des gens qui s'occupent de plusieurs chiens en même temps. Un endroit propice pour la contamination. « On a vraiment vu que quand les vacances ont commencé, c'est là que l'épidémie a commencé ».
Cet avis est partagé par Dre Dessureault. « C'est sûr que les pensions sont plus utilisées l'été. Les gens vont chercher leur chien à la pension, alors qu'il ne manifeste pas encore les symptômes, et sans le savoir ils se rendent au parc à chiens avec un animal contagieux ».
Dre Dubois dénonce d'ailleurs le fait qu'il n'y a aucune surveillance dans les parcs à chiens de Granby, laissant des chiens non vaccinés entrer sans entrave. Elle souligne également qu'il y a eu de nombreux cas de parvovirus, autre maladie contagieuse, cette année à Granby.
Dre Lavigne croit d'ailleurs que les cas vont diminuer au terme de la période des vacances.
Une augmentation des cas avait également eu lieu en décembre et janvier dernier, selon elle. « Dans le temps des Fêtes, justement, beaucoup de chiens se retrouvaient en pension », ajoute-t-elle, affirmant que les risques sont plus grands lors des périodes où les chiens sont beaucoup en contact avec d'autres chiens, qui peuvent porter le virus ou la bactérie sans démontrer de symptômes.
Rien d'alarmant
« De façon générale, une toux de chenil, c'est bénin », juge cependant Dre Dessureault. Elle explique d'ailleurs que les symptômes peuvent être si faibles que les chiens continuent de pratiquer normalement leurs activités - par exemple aller au parc à chiens -, ce qui explique en partie la contagion de nombreux autres fidèles compagnons. « La plupart ne sont pas vraiment malades. Ils ne sont pas beaucoup affectés », dit-elle. « Le chien tousse, mais le propriétaire va quand même l'amener au parc, au toilettage, et autres. C'est comme ça que ça se propage ».
Heureusement, ce n'est, la majeure partie du temps, que passager, et rien de bien grave. « Quand il s'agit d'un virus, ça se résume à un sirop contre la toux, mentionne Dre Dessureault. C'est comme le rhume pour nous ». 
Le traitement diffère s'il s'agit d'une bactérie. Il faut alors recourir aux antibiotiques. « Avec médication, les chiens reviennent la forte majorité du temps en parfaite santé », corrobore Dre Lavigne. Habituellement, on parle de symptômes qui durent de quatre à dix jours.
Rien d'alarmant donc, mais les vétérinaires encouragent néanmoins les propriétaires sceptiques à venir les consulter si leur compagnon canin tousse, ou semble avoir quelque chose de pris dans la gorge.
Dre Julie Lavigne, de la Clinique vétérinaire de Granby, invite les gens à faire garder leur chien dans des maisons privées, où il n'y a pas d'autres chiens, s'ils partent en vacances, pour réduire les chances que leur animal ne contracte la toux de chenil.
Qu'est-ce que la toux de chenil
La toux de chenil porte ce nom puisqu'elle est extrêmement contagieuse et peut donc affecter rapidement un chenil, ou d'autres regroupements canins.
Elle porte aussi les noms de trachéobronchite infectieuse canine ou trachéobronchite contagieuse canine, et s'attrape principalement par contact direct avec un chien contaminé ou par voie aérienne.
Il s'agit d'inflammation des voies respiratoires de l'animal, faisant tousser le chien, parfois jusqu'à le faire vomir. L'animal affecté semblera gêné et fatigué. Dans de très rares cas, la toux de chenil peut mener à une pneumonie, qui peut s'avérer dangereuse pour la vie du chien, pouvant causer la mort. Cela est toutefois extrêmement rare.
Les chiots sont plus à risque que les chiens matures, et les humains immunosupprimés sont aussi susceptibles de contracter l'infection.
Problème cyclique
Selon Dre Louise Dubois, vétérinaire depuis 27 ans, le problème, non seulement pour la toux de chenil, mais aussi pour de nombreuses infections canines, réside dans le fait que les propriétaires ne font vacciner leurs chiens que lorsque l'infection connaît une recrudescence.
« On a des périodes qu'on vaccine beaucoup, parce que plusieurs animaux sont contaminés. Comme on vaccine plus, la maladie s'estompe, et puisque la maladie ne court plus les rues, les gens ne font plus vacciner leurs chiens, donc le cycle recommence », dénonce-t-elle.
La solution : ne pas négliger l'importance du vaccin, que la contamination soit populaire ou non.
Fermeture du parc canin de Cowansville
Depuis le mercredi 16 août et ce jusqu'au 6 septembre, le parc canin de Cowansville ferme ses portes pour aider à résorber l'épidémie de toux du chenil.
Le comité du parc canin de Cowansville invite les propriétaires à vérifier si la vaccination de leur chien est à jour.