«Si on est capable d’amener les meilleurs idées, pratiques et façons de faire, je pense que ça en vaut la peine, dit le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin. Il faut avoir les moyens de nos ambitions.»

Explosion de la facture des Lab-Écoles: un mauvais calcul dès le départ, dit Sarrazin

Québec a mal calculé ce que coûterait l’implantation de sept Lab-Écoles dans la province, estime le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin.

« Si ça avait été bien évalué au départ, on n’aurait pas ce débat-là », indique le président de Val-des-Cerfs à propos de la facture totale désormais estimée à 105,9 M$ au lieu des 55,6 M$ prévus.

« C’est sûr que ça ne fait pas bien paraître personne », ajoute-t-il.

À Shefford, qui doit accueillir une école flambant neuve en 2022, le coût projeté a bondi de 46 %, passant de 13,2 M$ à 19,4 M$, souligne le président.

Le budget initial était trop conservateur, dit-il. « Je ne sais pas comment l’évaluation a été faite, mais on s’est demandé comment on allait rentrer là-dedans. »

L’explosion de la facture n’est donc pas une surprise pour lui: il y avait, et existe toujours, plusieurs éléments imprévisibles comme les délais de préparation et les aléas de la construction.

De plus, le projet de Shefford a été agrandi en cours de route afin de respecter certaines normes visant à permettre à la population d’utiliser certains locaux comme le gymnase et la bibliothèque. Rappelons qu’un centre communautaire défrayé par la municipalité sera construit à proximité.

Québec a aussi exigé que Val-des-Cerfs intègre deux classes de maternelles quatre ans supplémentaires au coût de 2,6 M$.

« L’innovation a un coût »

Toujours enthousiaste face au Lab-École, Paul Sarrazin souligne toutefois que « l’innovation a un coût » et que comme le nom l’indique, il s’agit d’un laboratoire dont les contours ne sont pas encore entièrement dessinés.

« Si on est capable d’amener les meilleures idées, pratiques et façons de faire, je pense que ça en vaut la peine. Il faut avoir les moyens de nos ambitions. »

Mais il se questionne, comme l’a déjà mentionné La Voix de l’Est, sur la pertinence d’engloutir 2,6 M$ pour deux classes de maternelles quatre ans qui n’accueilleront qu’un maximum de 26 élèves. D’autant plus que comme ailleurs au Québec, Val-des-Cerfs a de la difficulté à combler les places déjà existantes dans d’autres écoles.

« Est-ce qu’on pourrait mieux investir ailleurs? Poser la question, c’est y répondre », dit le président de Val-des-Cerfs.

Les Lab-Écoles visent à repenser l’école de demain en créant des établissements mieux adaptés à l’apprentissage et où la promotion de l’activité physique et d’une saine alimentation est accentuée. Les innovations qu’elles amèneront pourront ensuite être reprises ailleurs.

Pour l’heure, le projet de 350 places de Shefford en est à sélectionner un architecte. Quatre firmes ont été retenues sur la soixantaine de propositions reçues. Et la facture pourrait encore augmenter, estime Paul Sarrazin.

« Il reste encore beaucoup d’étapes avant d’en arriver aux pelles. Le vrai prix final, on le saura quand ce sera fini. »

L'APPLICATION DE LA LOI 40 REPORTÉE: UNE SAGE DÉCISION, ESTIME SARRAZIN

Le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin, se réjouit que l’application de la loi 40, qui vise notamment à abolir les commissaires scolaires soit finalement reportée. 

«C’est sage qu’il [le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge] prenne du recul, souligne-t-il. Quand tu précipites les choses, ce n’est jamais winner.» 

L’adoption du projet de loi 40 a été remise à l’an prochain, a-t-on récemment annoncé. Les conseils d’administration devant remplacer les commissaires scolaires ne seront donc pas mis en place avant novembre 2020, et non en avril prochain tel que prévu, dit M. Sarrazin.