Le porte-parole de la campagne Goldboro, parlons-en!, Alexandre Ouellet.

Expansion d'un gazoduc en Estrie: appel à la mobilisation dans la région

Après s’être arrêté récemment à Sherbrooke, le groupe derrière la campagne Goldboro, parlons-en ! sera de passage au centre culturel de Bromont le 22 février. Ce sera l’occasion pour la population de se familiariser avec les nombreuses inquiétudes que suscite le projet d’expansion du gazoduc chez plusieurs groupes environnementaux.

« On ne peut pas rester les bras croisés. On doit agir pour éviter que le projet Goldboro soit lancé, avec toutes les répercussions que cela représente ici en Estrie. On croit que c’est par l’éducation et la mobilisation que l’on pourra démontrer la non-acceptabilité sociale du projet. Et on espère que les citoyens seront présents en grand nombre à Bromont », a indiqué en entrevue le porte-parole de la campagne Goldboro, parlons-en !, Alexandre Ouellet.

Selon le groupe, l’entreprise Pieridae Energy veut extraire du gaz naturel en Alberta « pour l’exporter à partir d’un terminal de liquéfaction situé à Goldboro, en Nouvelle-Écosse, à raison de 10 millions de tonnes par année », peut-on lire dans le document de présentation de la campagne de sensibilisation.

Toujours selon le groupe de pression, la compagnie albertaine aurait recours au réseau de pipelines qui traverse le pays pour acheminer le gaz jusqu’à East Hereford, tout près de la frontière américaine. Le tracé actuel passe par plusieurs municipalités de la région, notamment à Granby et Bromont. Il est aussi implanté à Magog puis à Sherbrooke.

Saturation

Selon Alexandre Ouellet, le réseau de gazoduc est déjà saturé. Les indicateurs pointent donc vers la construction d’un pipeline parallèle pour répondre aux gargantuesques besoins des clients européens, entre autres l’Allemagne, où serait envoyée la quasi-entièreté du gaz extrait dans l’Ouest.

« Le Trans-Québec & Maritimes (TQM), dans sa portion entre Montréal et East Hereford fonctionne déjà à sa pleine capacité de 200 millions de pieds cubes par jour, alors que l’approvisionnement du terminal en demandera près 1,4 milliard, explique-t-on dans le document de présentation de la campagne d’information aux citoyens. De plus, la seule station de compression à East Hereford fonctionne déjà à 50 % au-dessus de sa capacité en période de pointe. Il sera donc impossible de faire transiter tout le gaz nécessaire au projet Goldboro sans installer un deuxième tuyau de plus grande capacité parallèlement au gazoduc existant. »

Répercussions

Les impacts du projet Goldboro, tant pour l’environnement que pour les communautés que le gazoduc traverserait, seraient « majeurs », a mentionné Alexandre Ouellet.

« Selon nos calculs, pour fournir les 10 millions de tonnes par année de gaz naturel, la compagnie devra forer 125 nouveaux puits par année. Chaque puits nécessite en eau douce l’équivalent de sept piscines olympiques, mentionne le résumé du groupe. Donc, pour l’ensemble des forages, c’est l’équivalent de 75 % de la consommation annuelle en eau des gens du Québec qui serait souillé, soit 1,8 milliard de litres. Il en est ainsi, car pour extraire le gaz par fracturation, soit 73 % des futurs puits du projet, Pieridae injectera sous pression [une] énorme quantité d’eau mélangée à de nombreux produits toxiques pouvant contaminer les nappes phréatiques. »

De plus, côté environnemental, le gaz naturel est constitué de près de 90 % de méthane. « Quand on parle d’un projet de gazoduc, on met souvent de côté le fait que le méthane est un gaz à effet de serre très dommageable », a fait valoir le porte-parole.

Les répercussions pourraient également s’avérer irréversibles pour certains propriétaires de terrains aux abords de l’éventuel pipeline, a-t-il renchéri.

« Avec la loi 106 au Québec, des propriétaires peuvent être expropriés s’ils s’opposent au passage d’un gazoduc. Pieridae aurait donc les coudées franches, a-t-il imagé. [...] Il y aurait aussi des conséquences très importantes sur les milieux naturels et les animaux dans le secteur du pipeline. »

La séance d’information commencera dès 13 h 30 au centre culturel St-John de Bromont.